‹ Pièces de théâtreChapitre 719 sur 1069 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MADAME ANGÉLIQUE, ANGÈLE et

kLFiVEYy prenant le thé ; HENRI debout et adossé à la cheminée,

HENRI. Vous me permettrez d'assister à votre déjeuner, mesdames ?

MADAME ANGÉLIQUE. Bien plus , IlOUS vous prions de le partager.

HENRI. Je vous rends grâces ; je ne prends le matin qu'une tasse de lait.

ALFRED, /e ntadame Angèliipie. Eh bien , madame, la nuit s'est passée sans accident.

MADAME ANGÉLIQUE. J'ai eu un instant bien peur... j'ai cru entendre du bruit dans la chambre d'Angèle... mais je rêvais probablement. Je t'ai appelée , petite ; mais tu nem'aispas répondu... m'as-tu entendue ?

.ANGÈLE, /tfjfy^Mo; baissés. Non, matante.

MADAME ANGÉLIQUE. A ton âge On dort si bien.

HENRI. Cependant , mademoiselle est pâle ce matin, et paraît souffrante.

ANGÈLE. Moi... VOUS trouvez , monsieur Henri ?.. mais non, vous vous trompez...

MADAME ANGÉLIQUE. C'est vrai , au moins; n'est-ce pas, monsieur Alfred .■*

ALFRED. Je ne trouve pas... mademoiselle est connue de coutume, fraîche et jolie.

.MADAME ANGÉLIQUE. Docteur , faites attention que vous me répondez d'elle.

ANGÈLE ^ bas à Alfred. Je suis au supplice , parlez d'autre chose.

ALFRED. Quelle heure avez-vous, monsieur Henri?

HENRI. Dix heures.

ALFRED. Madame de Gaston taide bien ù arriver , mademoiselle...

ANGÈLE. Poiu'vu qu'aucun accident...

HENRI. Que voulez-vous qu'il y ait à craindre.

MULLER père , entrant. Ces dames me permettront-elles de leur présenter mes hommages ?

MADAME AN GÉLiQUE. Mais certainement, monsieur Mul 1er ; soyez le bien-venu.

MULLER. Comment ces dames se sontelles trouvées de leur nouveau logement?

MADAME ANGÉLIQUE. Parfaitement,monsieur Muller. Asseyez-vous , je vous prie.

MULLER , s' asseyant près de son fils qui est debout. Je pensais te rencontrer ici- Coniinent te trouves-tu F^. .

HENRI , //// donnant la main. Bien , moni père , bien.

MULLER. Ta main est bien brûlante?

HENRI. Ce n'est rien , mon père.

ALFRED , vi{;ement. Monsieur IMull^iysans être indiscret, puis-je vous deman<ikv si le tableau que je vous ai vu porter ee matin dans cette chambre est de mon asui Jules Ravniond?

MULLER. Non, uionsieur, c'est ut:» f'^rfralt de mon fds.

ALFRED. Peint par?

MULLER. Lui-même.

MADAME ANGÉLIQUE. Comment !.. vous êtes peintie , monsieur Henri ?

HENRI. Oui, madame ; j'avais d'abord eu l'intention de me livrer aux arts.

MULLER. Mais les médecins lui ont défendu de continuer , l'odeur des couleurs lui faisait mal à la poitrine. J'ai interposé mon autorité paternelle , et j'ai tant fait que l'artiste est devenu docteur.

UENRI. Et le docteur vous a désobéi , mon père , en redevenant artiste.

MULLER. Je n'ai pais le courage de te gronder de cette faute , mon ami , lorsque je pense que dans quelques mois tu vas me quitter !...

MADAME ANGÉLIQUE. Pour voyager?

HENRI. Dans le midi de la France d'abord, puis de là peut-être irai-je à Paris, L'air trop vif de ces montagnes m'est contraire , et mon père me tourmente pour les quitter... J'ai voulu en partant lui laisser un souvenir de moi... Lorsqu'on se sépare , Dieu seul sait combien de tems doit durer l'absence.

MULLER. El pendant ce tems , au moins , en voyant ton portrait si ressemblant , je croirai te voir toi-même ; et si tu ne peux pas me répondre, je pourrai au moins te narler.

HENRI, lui prenant la main . Pauvre père I

MADAME ANGÉLIQUE. Monsieur Muller , voulez-vous nous faire voir ce portrait?

MULLER. Bien volontiers, mesdames, Henri , offre ton bras à mademoiselle...

ALFRED , bas. Restez , Angèle.

ANGÈLE. Pardon, monsieur Henri; mais j'attends ma mère de moment en moDient , et je ne voudrais pas quitter cet appartement , dont les fenêtres donnent sur la route.

HENRI. Avez-vous besoin de moi , mon père ?

MVDAME ANGÉLIQUE , prenant son hras.

Oui, certes, pourrecevoirnos complimens.

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