‹ Pièces de théâtreChapitre 721 sur 1069 · HENRI, ALFRED · texte numérisé non relu

HENRI, ALFRED

HENRI. Monsieur d'Alvimar, deux mots, s'il vous plaît.

ALFRED. A vos Ordres , monsieur.

HENRI. Je voudrais avoir l'honneur de vous parler de mademoiselle Angèle de Gaston.

ALFRED. Je vous écoutc.

HEXRi. Puis-je exiger de vous la promesse que cette conversation restera à jamais entre nous deux ?

ALFRED. Je vous la donne.

HENRI. Sur l'honneur?

ALFRED. Sur l'honneur.

HENRI. Vous aimez Angèle ?

ALFRED. La question est franche.

HENRI. Que la réponse soit de même.

ALFRED. Il faudrait que je susse d'abord dans quel intérêt vous la faites?

HENRI. J'aime mademoiselle de Gaston, monsieur.

ALFRED. Alors nous sommes rivaux.

HENRI. Seulement , moi , monsieur , je l'aime d'un amour discret , triste et profond ; d'un amour qu'elle ne connaîtra jamais , que personne ne connaîtra jamais.car j'ai votre parole que cet entretien n'aU' ra point d'écho.

ALFRED. Permettez-moi de vous dire, monsieur, que je ne comprends pas trop le but de cette confiance que vous me lejidrez la justice d'avouer que je ne réclamais pas.

HENRI. Je veux vous l'expliquer : je ne dirai jamais à Angèle : je vous ainie ; car je ne peux pas être son époux; mais vous comprendrez que celui auquel je céderai la place, et qui lui dira : je vous aime ; doit le devenir.

ALFRED. Tout en reconnaissant en bonne morale la vérité de cet axiome , vous conviendrez que je pourrais , vis-à-vis de vous, me soustraire à son application. Cependant, monsieur, comme mes intentions sont pures et honorables, je n'hésiterai pointa vous répondre. Ma position sociale , et je dis cela sans craindre quu personne m'accuse de présomption , me permet d'aspirer à la main de mademoiselle de Gaston , et je conqite, aujourd'hui même , la demander à sa mère.

IIENRI. Et sans doute , voas vous sentez dans le cœur tout ce qu'il faut d'anioui' poui- lendi'e cette enfant heureuse.

ALFRED. Ici, monsieur, cesse, je le crois, votre droit d'interrogation , ou du moins ma volonté de répondre : mademoiselle de Gaston me par:»îtdevoir être la seule appréciatrice de mes sentimens à son égard , et je ne répondiai qu'un mot à votre question : elle m'aime, monsieur.

HEXRi. Elle vous aime ?

ALFRED. J'en suis sûr.

HENRI. Tout est dit alors ; faites le bonheur d'Angèle.

ALFRED. Aviez-vous autre chose à me dire?

HENRI. Non , monsieur.

ALFRED. Alors VOUS permettez...

IIEXRI. Il y a des hommes heureux !... Dieu a versé à pleines mains dans leur berceau tous les biens de cette vie I ... Il y a des nommes lieureux I . . .

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