SCÈNE VI
Les Précédens , moins HENRL
ANGÈLE. Eh ! quoi ! vous repartez sitôt, ma mère?
LA COMTESSE. Oui , mon enfant , j'ai reçu à Madrid , avec la nouvelle de la révolution , une lettre du nouveau ministre de la guerre ; c'est , comme tu le sais , un ancien ami de ton père ; il m'écrit de presser mon retour , car il espère me faire obtenir , en qualité de veuve d'officier-général , la pension que l'autre gouvernement iri'a toujours refusée. Le vent de la faveur n'arrive que par bouffées et passe vite , il faut que je me hâte , pendant qu'il soufïle.
ANGÈLE. Et m'emmenez-vous, ma mère?
LA COMTESSE. Non , mon enfant.
ANGÈLE. Oh! vous avez raison... bien raison , car ma santé...
LA COMTESSE. Ne m'inquiète pas le moins du monde, car je te trouve trèsbien... Aussi n'est-ce point à cause d'elle que je te laisse ici ; mais , en arrivant à Paris , j'aurai des démarches à faire, je ne pourrais m'occupcr assez de toi ; je t'écrirai de venir me rejoindre aussitôt mes affaires terminées.
ANGÈLE . Quand vous le voudrez, ma mère.
LE MAGASIN ÏHEATKAL.
MADAME ANGÉLIQUE. Oui, mais il faudra qu'alors je la laisse partir, moi , et je compte l'emmener dans mon Dauphiné.
LA COMTESSE. Ma tante , vous savez que c'est votre fille et que je vous ai cédé tous mes droits sur elle ; ainsi vous en ferez ce que bon vous semblera.
MADAME AXGÉLIQL'E. En attendant, puisque tu pars , ma chère amie , voudras-tu le charger d'une lettre pour la supérieure du couvent où a été élevée Angèle ? tu sais que c'est mon amie...
LA COMTESSE. jMais certainement , ma tante...
MADAME ANGÉLIQUE. Eh bien! je vais me dépèclier de l'écrire.
ALFRED , à /Ingèle. Tâchez de trouver Mïï prétexte pour me laisser seul avec votre mère.
ANGÈLE. Ma tante , voulez-vous que je vous serve de secrétaire?
MADAME ANGÉLIQUE. Oui, ma petite , viens...
ANGELE. \ ous permettez , maman?
LA COMTESSE. Oui, va.