‹ Pièces de théâtreChapitre 728 sur 1069 · ALFRED, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

ALFRED, LA COMTESSE

LA COMTESSE. Avcc qui cansiez-vous donc là ?

ALFRED. Ah! je vous fais mou compliment ; vous êtes merveilleusement belle avec cette toilette.

LA COMTESSE. Flatteur! je ne vous demande pas cela ; je vous demande quel est ce jeune liomme qui s'en va.

ALFRED. Un ami ù moi, qui a 1'I>'^m5-

neur d'être connu de vous, je crois ; Juifs Raymond, un peintre, un artiste.

LA COMTESSE. Oui, je le connais de nom ; mais pas autrement.

ALFRED. Eh bien! je vous le présenterai ce soir, vous permettez?

LA COMTESSE. Certainement.

ALFRED. Voici la liste des personnes que j'ai invitées en voti'e nom.

LA COMTESSE. Parlons d'abord de vos affaires... J'ai vu le ministre.

ALFRED. Ah !

LA COMTESSE. Votre nomination est signée.

ALFRED. Ma nomination de ministre plénipotentiaire.

LA COMTESSE. Oui.

ALFRED. Et VOUS consentirez à vous exiler avec moi ?

LA COMTESSE. J'irai au bout du monde avec mon mari.

ALFRED. Que vous êtcs bonne!

LA COMTESSE. IVou , je VOUS aime. {Alfred lui haîse la main.') D'ailleurs , je ferai revenir Angèle ; nous l'emmènerons avec nous ; et nous lui trouverons là-bas quelque joli petit baron allemand bien blond, bien mélancolique, bien rêveur...

ALFRED. Est-ce que vous avez le brevet.

LA COMTESSE. Non, il est entre les mains de madame de Varcy, qui, connue vous le savez , a enlevé d'assaut cette affaire : elle vient ce soir; je vous présenterai à elle , et c'est elle-même qui s'est chargée de vous remettre votre nomination.

ALFRED. Merci. Maintenant à notre liste.

LA COMTESSE , la repoussant douoement.

C'est bien ; vous avez invité vos amis , n'est-ce pas? Vos amis sont les miens, je serai donc heineuse de les recevoir. .. Ah ! démon côté, j'ai fait une invitation que j'ai oublié de vous dire.

ALFRED Laquelle?

LA COMTESSE. J'ai trouvé hier chez moi la carte de IM. Henri Muller.

ALFRED. Ah! il est à Paris.

LA COMTESSE. Il v arrive , je crois , venant du midi.

ALFRED. Et sa santé?

LA COMTESSE. Toujours plus mauvaise^ aussi je doute qu'il vienne.

ALFRED. Et moi , je suis sur qu'il viendra.

LA COMTESSE. J'en serai bien aise , c'est un bon jeune homme. Maintenant , monsieur, vous me permettrez de vous rappeler que vous êtes en retard.

ALFRED. C'est vrai; dix minutes pour ma toilette , et je suis à vous.

LA COMTESSE. M\qz. {Sonnant.) Fanny ?

FANNY. Madame la comtesse ?

LA COMTESSE. Ditcs-moi , est-ce que vous trouvez que cette robe me va bien ?

FANîVY. Parfaitement..

LA COMTESSE. Et ma coiffure ?

FAIMNY. A merveille.

LA COMTESSE. Allez me chercher mon bouquet.

faivny. Madame la comtesse...

LA COMTESSE. Eh bien?

FANIVY. Une dame qui descend de voiture désire parler à madame.

LA COMTESSE. Déjà une de nos danseuses !

LE DOMESTIQUE. Oh! non, madame, elle arrive en chaise de poste.

LA COMTESSE. Elle prend mal son tems.

N'importe, faites entrer. (A Fanny.) Mon bouquet n'est point dans l'antichambre , il est chez moi.Quelle peut être cette dame qui m'arrive à cette heure? quelque amie de pension , quelque

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