‹ Pièces de théâtreChapitre 746 sur 1069 · SCE^^E IV · texte numérisé non relu

SCE^^E IV

HENRI , ouvrant la porte. Il est très-pâle.

L'infâme!.. (7/ va à la porte du fond, lu ferme et met la clef dans sa poche. Il s'approche de la table, écrit quelques lignes sur un morceau de papier, puis revient s'asseoir sur une chaise.) A nous deux , maintenant.

ALFRED , se précipitant dans la chambre, va à la porte , la secoue violemment , se retour ne et aperçoit Henri. Ah!... {Les deux hommes se regardent avec une expression de colère croissante, puis Alfred marche à Henri et lui dit froidement :) Monsieur, quelles sont vos armes ?

HE\Ri. Ah! vous devinez donc pourquoi je suis ici?

ALFRED , avec une violence concentrée.

Oui, je le devine, et je vous en rends grâce. Voilà donc un homme enfin... J'étais fatigué d'avoir affaiie à des femmes, et j'aime mieux que ce soit vous qu'un autre qui vienne ainsi; car je suis aussi las de vous que vous pouvez l'être de moi ; et peut-être suis-je aussi las de l'existence que je le suis de vous : ainsi tuez-moi , ou

que je vous tue... peu m'importe car,

sijenesuis pas débarassé de vous du

moins je le serai de la vie Mais dépêchons , monsieur, dépêchons , je vous en prie.

iiENRi. Oh! ce n'est pas moi qui vous ferai attendre.

ALFRED . Alors , quelles sont vos armes ? vite , vite ! quant à moi , tout ce vous voudi'ez. L'épée vous convient-elle?

HENRI. Ah ! vous le voyez , monsieur... je suis si faible , qu'à peine si mon bras

pourrait la porter du premier coup ,

vous me désarmeriez... et alors je serais à

votre merci alors vous feriez de la

magnanimité, vous me feriez grâce.

.\LFRED. Oh! non, soyez tranquille...

HENRI. Alors vous m'assassincriez !

ALFRED. Eh bien, monsieur', le pistolet... A quinze pas, dix balles à tirer, jusqu'à ce que l'un de nous deux tombe...

HENRI. Vous auriez trop d'avantages encore , monsieur, car ma vue est faible et ma main tremble. Je ne veux pas me placer en face de vous comme ime victime , mais comme un ennemi.

ALFRED. Eh bien! monsieur, faites vos conditions ; égalisez le combat , si la chose est possible , et tout ce que vous proposerez , je l'accepterai. Oui , tout , tout . tout;

âî

LE MAGASIN ttlËATRAL.

pourvu quê ce soit à l'instant même...

' liENUl. Eli bicnl monsieur, à bout portant, uu seul pistolet chargé sur deux... Feu en même tems, et alors c'est le moyen

que Tmi des deux tombe Alors, les

avantages de l'adresse et de la force disparaissent ; c'est le jugement de Dieu... monsieur.,, et prenez {;arde , Dieu est juste!

ALFRED , avec impatience. C'est bien

c'est bien... Mais où trouverons-nous des témoins qui permettent ce duel ?

IIElvni. P^ous nous en passerons.

ALFRED. Et l'accusatiou d'assassinat ?..

HENUI , tirant Je sa poche le papier qu'il a écrit. Voilà qui fera preuve contre elle.

ALFRED. « Fatigué de la vie , je me suis tué moi-même... Qu'on n'accuse personne de ma mort. »

HENRI. Si je succombe, monsieur, ou trouvera ce papier sur moi.

ALFRED , prend une plume , écrit lu mêmeplinise, et met Vécrit iluns sa poche. C'est bien ! Maintenant au bois de lîoulogiie.

ilEXRl. Ce n'est point la peine... Nous avons là un jardin.

ALFRED. Acceptez-vous mes pistolets?

HENRI. Oli I parfaitement.

ALFRED. Je vais les cherclier.

HENRI, l'arrêtant. Un instant, monsieuri cet appartement n'a-t-il pas deux sorties.'

ALFRED , le rr^ardant, et avec colère. Eiitilles cent portes de Tbèbes , monsieur, je vous donne ma parole d'honneur que je ne sortirai que par celle-ci.

HENRI. Je vous y attendrai.

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