‹ Pièces de théâtreChapitre 790 sur 1069 · SCENE Xî · texte numérisé non relu

SCENE Xî

Les Mêmes , 3I-= PICHARD.

M"'" IMCHARD. Victoire I... victoire!...

LE COLOIMEL. Comment?

]j|me PICHARD, à iun oreille. C'est le jeune homme de l'Opéra ..

LE COLONEL, ir.mb'ant. C'est lui qu'elle aime?... vous croyez?... et sur quelles preuves ?

M'"'^ PICHARD. Quand je suis entrée, elle était assise près de la table, et contemplait un petit portrait.. .

LE COlONEi. et MARTIAL. Un portrait?..

^jme pjcHVRD. Une miniature qu'elle a faite probablement...

LE COLOXEi., a part. Quelle bêtise... de leur faire appreucire à peindre!...

M'"e PICHARD. J'ai voulu regarder...

mais au bruit de jnes pas, elle l'a caché, si vivement, que je n'ai pu distinguer que deux nionsiach'^s...

LE COLONEL, ncec colère. Eh bien!...

eh bien !...des mo'Staches. . qu'est-ce que ça prouve?

MARTIAL. Quo ce n'était pas un portrait de femme... voilà tout.

jjme PICHARD. Attendez donc !.. .comme j'insistais pour voir ce chef-d'œuvre... une pierre lancée du dehors... brise un carreau et manque de m'éburgner.

MARTIAL. Ca aurait fait du joli, par exemple I...

SUZANNE

LE COLOXEL. Une pierre...

MARTIAL. Des moutards qui s'amusaient !. ..

jume picnABD. Du tout!... cUe était enveloppée dans un papier!...

LE COLOXEL. Une lettre!... (à pari) celle que le misérable avait préparée...

jjme picHAUD. Et j'ai aperçu un jeune homme qui disparaissait sous les arbres...

LE COLONEL, à part. C'était lui ! {Haut.) Et cette lettre?..

j|me picHARD. J'ai voulu la saisir ; mais Suzanne l'avait déjà parcourue et venait de la déchirer en mille morceaux... Vous voyez que les intelligences sont établies.

LE COLONEL, à part. Ail I c'en est trop!., oser lui écrire!., et Suzanne... Je cours le chercher... je trouverai bien un prétexte I (Bflj à Martial.) Martial, tu m'es dévoué?

MARTIAL , bus. Oh ! oui...

LECOi.O\EL,^/<?mé>nc. Tu as du courage?

MARTLAL, de même. Oh I non!.,

LE COLOXEL, de même. Si fait!

MAUTl \L, (lemême. C'est vous-même qui nre l'avez dit, colonel... je suis incapable de vous démentir.

LE COLOXEL, lui serrant la main. C'est égal, viens avec moi....*, et sur ta tête, pas un mot.

MARTIAL, tremblant. Ah I mon Dieul qu'est-ce qu"i,l veut faire?.. Je sens un frisson qui me casse bras et jambes.

ENSEMBLE

Air : f^ous voulez de son inconstance du Régent) .

(Page

tE COLONEL, à part.

Oni, je veux d'une telle offense Alinstant même avoir vengeance; Et je suis certain que mon bras Ici ne me trahira pas !

Marchons, suis-nioi... son insolence A mes coups n'échappera pas !

MARTIAL, a part.

Vent-il donc d'une telle offense A l'instant même avoir vengeance !

Mais je suis certain que mon bras Ici ne le servira pas !

Tâchons du moins que ma prudence En ces iieux enchaîne ses pas !

m"* pichard, à part.

Oui, malgré cet air d'innocence, Son cœur avait parlé d'avance!...

Et le cousin n'y pensait pas...

Je vois <|n"il enrage tout bas...

Mais je saurai par ma prudence Fixer son amour et ses pas.

Le colonel entraîne Martial, ils sortent par Ir fond. Suzann- entre sur la fin du morceau, et du ref^ard demande à M^* Pichard ce que cela signifie.

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