‹ Pièces de théâtreChapitre 865 sur 1069 · SCENE yi · texte numérisé non relu

SCENE yi

VAUDORÉ, seul.

En voilà une de rencontre fabuleuse ! Léonide professeur! si elle enseignait le chapeau de paille ou la Saint-Simonienne, je né dis pas, mais la grammaire!... elle qui parle français comme une génisse andalouse! elle va importer le cuir national dans le pays du cuir de Russie. Oh! sa présence est archi-vexante pour mon amour... ça dérange tous mes projets d'opulence. Eh quoi! je me rabaisserais au sentiment de cette Circassienne du café du Bosquet quand je puis m'élever à l'adoration de ma jeune boyarde ! Non, non, Vaudoré, non, tu seras boyard. Vite, un mot à la belle Milna pour avancer mes affaires. [Il écrit.) « Adorable Milna, je n'y résiste plus! je mets ma » fortune à vos jolis pieds: suivez-moi dans ma » patrie; les arts, le plaisir et mes nobles parens 1) vous attendent... je renonce à l'avenir brillant » qui m'est promis dans cette contrée : puisse mon » désintéressement vous prouver mon amour!... » Emportez vos diamans, ça ne peut pas nuire.

» Vaudoré, peintre en tous genres. »

Maintenant, si je pouvais me débarrasser de la passion de Léonide au moyen de quelque jeune kan de Tartarie... elle qui rêve un prince étranger depuis sa plus tendre enfance... si je pouvais lui trouver un imbécile numéro un... oh! il me faudrait pour cela le fils aîné d'une citrouille et d'un concombre... le roi des cornichons!

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