‹ Pièces de théâtreChapitre 898 sur 1069 · SCENE y · texte numérisé non relu

SCENE y

M"e GIDRALTAR , FLORIGXY, suivi de plusieurs comparses, LE RÉGISSEUR.

Ils cnirent en riant aux éclats.

LE RÉGISSEUR, près de la coulisse.

Chut! taisez-vous donc.

M™^ GIBRALTAR, se disposant à sortir.

Qu'est-ce qu'ils ont donc à ricaner comme ça, en me regardant?

FLOBiGNY, avec une onction comique retenant la portière par ta main*.

Arrêtez, mère infortunée ! ne courez pas au-davant de ce déplorable tableau. [Riant.) Ah! que c'est nature ; ah ! ab 1 ah I

Ici le tvran sort de scène, et se dirige vers la toilette a gaucbe. Le costumier lui fait sou travestissement sur le 2"" plan à gauche.

* Floriunv, M"»"^ Gibraltar, les autres personnages sur le 2™' plan.

le

MAGASIN THEATRAL

Blonsieur Florigny, quelle est la signification de £Ctte plaisanterie, s'il vous plaît?

FLORIGNY, reprenant son sérieux.

Hélas ! comment vous apprendre, à vous, déesse Se Paphos ! car vous avez donné le jour à l'Amour ! «ar vous êtes Vénus enfin !

M™fi GIBRALTAR.

Mais on se flatte de l'avoir pas trop mal représentée! Où voulez-vous eu venir avec toutes vos renarrées?

FLORIGNY

Apprenez donc que l'Amour, Cupidon, ou Coco, a TOtre chois, qui est là dans le foyer... (Riant ayx éclats. ) Ah ! ab I ah ! pauvre Amour!

îl™e GIBRALTAR.

Bon Dieu du ciel ! je tremble de deviner la chose ! Coco aura commis quelque inconséquence !

FLORIGNY

Une inconséquence, oui, je vous en réponds... nu point que tout le monde eu a pris la fuite !

Le malheureux! il aura compromis son costume! (Ici le tyran, dont le travestissement est terminé, se dirige vers la coulisse.) C'est les prunes, je Taurais gagé... c'est les prunes!

Air : Cest dit^ pour le phnre (La Eufans du Dclire).

Ali! ma'lieurcui" mère !

Hélas, comment faire ?

Qucir vexation,

Queir tacli' sur mon nom!

C't' enfanl-là, je le parie.

Par sa conduite plein' d'iiorreur, Me fra mourir d'apoplexie.

Aussi vrai quej'ai d' l'honneur.

Peut-on faire d' pareill' choses !

Dir' qu'il doit dans un moment Sortir d'une corheill' de roses !

y vous d'niand' si c'est conséquent!

Le chœur rit.

lE TYRAN DU MÉLODRAME, sortant de la coul'sse. Taisez-vous donc , vous m'empêchez d'entendre 3ia réplique.

11 rentre en scène.

ENSEMBLE

LE CHOEUR, reprend à demi-voLv.

Ali ! malheureus" mère !

Hélas! comment faire?

Queir vexation !

Qucir tach' sur [ ^°° \ nom !

^ ^ mon J

3/ine Gibraltar sort vifement.

FLORIGNY

J^en rirai long-temps! Maintenant, voyons où en est mon rival. {Il regarde dans la coulisse.) B*n, bon! gesticule, mon g.irçon , fais le moulin ù vent, égosille-toi ; tu peux débuter à présent dans tous mes rôles, si cela te fait plaisir! je ne £»is plus inquiel!' (// revient à gauche.) Ah! aion cher directeur, vous me tenez la dragée

haute... je vous rendrai la pareille. Il me faudra maintenant dix francs de feux, deux mois de congé et une représentation à bénéfice.

LE RÉGISSEUR, paraissant et s''adressant aux comparses.

A vous, messieurs... Les cris du peuple! Attention à la réplique 1 chut.

Il e'coute.

M°>' SAINT-FÉLIX, sur le théâtre.

« Grâce, grâce, monseigneur, je suis innocente ! »

LE RÉGISSEUR , uu cliœur .

Allez! y II crie en piétinant.) «Ouh! ouh ! ouhl ouh ! »

LES COMPARSES, groupés , même jeu.

<v Ouh ! ouh : ouh 1 ouh ! »

lis s'arrêtent à un geste du Régisseur.

ANTOINE, du théâtre, très-fort.

« Vous l'entendez! le peuple est pour moi... il fait retentir l'air de ses cris ! »

LE RÉGISSEUR, à dcmi-voix.

Encore... une bonne explosion.

TOUS, plus fort.

« Ouh ! ouh ! ouh ! ouh 1 »

ANTOINE, ouvrant tout-à-coup la fenêtre de droite

et regardant dans la coulisse en bas, comme

s'il était à un premier étage.

« 11 m'appelle... J'aperçois la fleur de nos valeureux guerriers ; je cours me jeter dans leurs rangs. {Il disparaît de la fenêtre, et on l'entend encore.) Elmora, je te sauverai! ou je périrai, avec toi I »

ApplaudisscmcDS dans la salle.Lcs acteurs entrent dans la coulisse, M""' Saint-Félix, donne le Lras au pèrc-nohle et cause avec lui en entrant au foyer ; dès l'entrée d'Antoine, plusieurs acteurs sortent de scène et se promènent sur le théâtre au fond.

vwvxwwwwwwwwwv^wvwwwvvxvwwwwwwwwvxwvw

Page 1