‹ Pièces de théâtreChapitre 905 sur 1069 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

CHARLOTTE, M'-'e GIBRALTAR **\

CHARLOTTE

Ce pauvre Antoine! j'en étais sûre, le voilà reniercié à cette heure! une si belle position! un si bon bourgeois !

* Mme Gibraltar, Antoine, Cliarlolte, le Re'gisseur. ** M'"« Gibraltar, Charlotte, Antoine, le Re'gisseur. *'• M"" Gibraltar, Charîotlc.

LES COULISSES

M"^ GIBRALTAR , qui relit la lellre.

Oui, c'est bien son écriture, son même gribouillage d'autrefois! Ce cher Canichet! aux secondes de face! Rassure-toi, Charlotte; tout n'est peutêtre pas perdu: mais point de sensiblerie superflue, mon enfant; il s'agit, quant à présent, que lu figures avec avantage.

Ici M"i'^Saint-F(Mix, venant du foyor, entre avec le lyian du niéloilramo ; ils causent ensemble au fond, en attendant leur re'pliffue.

CHARLOTTE

Figurer! mais, encore une fois, ma marraine, je ne pourrai jamais.

Bah! seulement une petite leçon, et tu seras au fait. Quand on a été première figurante danseuse au grand théâtre de Bordeaux, on est susceptible d'enseigner avec quelque agrément... Dieu merci, on n'est pas encore impotente. Attention donc, mon enfant.

LE TYRAS , sur le deuxiènte plan.

« Ton heure est arrivée, suis- moi ! »

11 entraine M"'^ Saint-Félix.

M"« SAINT-FÉLIX

« Laissez-moi : je ne veux pas mourir. »

Ils entrent en scène.

CHARLOTTE, effrayée.

Ah I mon Dieu, qu'est-ce que c'est que ça?

M"e GIBRALTAR.

Ne fais pas attention, c'est le tyran qui entraîne sa victime. Avant tout, il est nécessaire que tu soyes au fait du jujet et de la marche du ballet ousque tu dois figurer. Voilà l'histoire en deux mots.

CnARLOTTE.

J'écoute.

Flamella, la nymphe de l'enfer, qui est agréable et bien faite de sa personne, a été jetée sur le globe dans le but de séduire un jeune berger excessivement froid de caractère, et d'une ignorance complète sur les choses de l'amour. Il s'agit de perdre l'aine du jeune homme : c'est un caprice du dieu de l'enfer. Pour entortiller notre berger, riamella se livre à un las de manèges et de grimaces de femmes, tels que, attitudes vaporeuses, poses du corps et pirouettes redoublées, propres à faire perdre ^ tète au cœur du pâtre insensible. Tu saisis?..

CHARLOTTE

Parfaitement, ma marraine.

M'-''e CIRRALTAR.

Après un feu roulant de séductions, elle lui dit avec ses bras (musirjite à l'orchestre chaque fois qu'elle mime et qiCelle simule les pas) comme cela : « Toi pauvre, moi riche! toilaisser là tes brebis, loi » me suivre, moi t'aimer, moi le le dire. » Malgré cet aveu, mon gaillard tient bon, et lui répond toujours avec les bras: «Non, moi n'aime que » cabane, moi n'aime que petits moulons, le reste, » moi m'en fiche. » La nymphe est très-vexée;

elle exprime sacontraiiété par de continuels changemens de jambes, et elle cache son humiliation sous une foule de petits pas en ayant l'air de dire: Je m'en moque pas mal! Mais comme au fond elle tient à réussir, elle appelle à son aide l'essaim folâtre de ses jeunes compagnes. Flamella fait psi à gauche, pst à droite {elle mime en disant cela), c'est ta réplique d'entrée... {Prenant son cabas.) Alors tu prends la corbeille, tu pars de la coulisse à la troisième position, en pas débourrée, comme ceci, en tenant ta corbeille en l'air, comme cela .. Arrivée au milieu, tu la déposes aux pieds du jeune pâtre, très-froid de caractère, en lui adressant ce geste : « Ces fleurs, pour vous, nous » venir de les cueillir. »

CHARLOTTE, imitant.

« Ces fleurs, pour vous, nous venir de les cueil- » lir. »

Pas mal, pas mal, continuons.

.^IR de la nojn>ellc Cdiliitclia (de M. Hormille}.

M"»» GIERALTAn.

Oui, maintenant, lu comprends Lien, ma clière : Qu'un doux sourire élincelle en tes yeux, Sois comme moi, gracieuse.el légère.

Et, j'en reponds, tout ira pour le mieux.

CHARLOTTE

Oui, maintenant, je pais vous salisfaire Un doux sourir' brillera dans mes yeux. Ainsi que vous, gracieuse et le'gère.

Oui, j'en reponds, je ferai pour le mieux.

l'avtrtisseur, entrant par le foyer.

3Iadamc Gibraltar, on vous attend !

Il sort.

REPRISE DE L-ENSEMIÎLF. PRKCKDEîsT.

M"'» GinRALTAR.

Oui, maintenant lu comprends Lien, ma clière, etc.

CUAllt.OTTE.

Oui, maintenant , je puis vous satisfaire, etc.

il/"" Gibraltdr sort par le fi'j'er, toujours en dansant et en prenant dfs atliiitdes,

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