GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS ET THOMAS BECKET
(( Dans ce démêlé célèbre où les intérêts de l’Eglise ont « engagé saint Thomas contre un grand monarque (1) » Guillaume aux Blanches-Mains joua un rôle très actif parmi les membres du clergé français qui prirent en main la cause de Thomas Becket. Son rôle, pour religieux qu’il ait été, ne laissât pas toutefois que d’être teinté d’esprit politique. Louis VII avait fait sienne la cause de l’archevêque de Cantorbéry, pour susciter des embarras politiques à son ennemi Henri IL Aussi bien, parmi les nombreuses lettres qui nous sont restées de l’archevêque de Sens sur la question, beaucoup furent écrites au nom de Louis VU pour appuyer auprès de la Papauté les justes demandes du roi de France. Il s’était formé à cet égard un véritable parti en France contre le roi et l’Eglise d’Angleterre. (( Ce n"est pas seulement le métropolitain de Sens, « ce sont encore les sufîragants de Ne vers et de Paris, « de Chartres, de Troyes, de Meaux, d’Auxerre qui ont « laissé des documents écrits de leur dévouement à Beç- :( ket. Toutefois le rôle et Uinfluence de chacun d’eux ne « furent pas d'une égale importance. Deux surtout, Far- « chevêque de Sens, Guillaume de Champagne et l’é- « vêque de Nevers se signalèrent par leur fréquente in- « ter vention auprès du Pape (2) ».
C’est ce rôle de Guillaume aux Blanches-Mains que
(1) Bossuet, Panégyrique de S* Thomas Becket, 2® point.
(2) Victor Mortet, Maurice de Sully, p. 128 et suiV,
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nous voudrions essayer de dégager, ce que nul des historiens de Thomas Becket n’a fait jusqu'ici, occupés qu’ils ont été du point de vue religieux ou philosophique de la question (1).
Vers l’année 1166, le pape Alexandre III était au plus fort de sa lutte avec l’empereur d’Allemagne. Il voulait éviter les complications avec Henri II qui ne l’avait reconnu en 1162 que dans un but intéressé. Il voulait éviter que le roi d’Angleterre s’associât avec Frédéric pour reconnaître le pape Pascal III (2). Aussi bien, mena-t-il les débuts de l’affaire assez mollement, et en temporisant. Ce fut la cause d’une des premières démarches de Guillaume aux Blanches-Mains. Celui-ci adressa au Pape une lettre (3) très vive, pleine de remontrances, dans laquelle il s’exprimait ainsi : « Le siège de Cantorbéry est la tête de l’Eglise d’Angleterre. Cette église doit être respectée par toutes les autres. Le roi d’Angleterre s’efforce de la bouleverser de façon à être maître dans son royaume et de façon à n’avoir plus à compter avec le pouvoir du Pape. Cela est d’un mauvais exemple pour les rois et les autres puissances de la Terre.
(( Le roi d’Angleterre a exilé chez nous un homme en faveur de qui témoignent tous les hommes sages et qui, pour le respect qui lui est dû, est agréable au roi, à l’Eglise et à toutes les puissances de France... l’archevêque de Cantorbéry s’est opposé à cette iniquité, il s’est élevé contre elle, a gardé sa foi à la Papauté. Sa cause est donc la vôtre. Cette injure aussi présomptueuse que coupable rejaillit sur vous. Vaincre une semblable tyrannie est une gloire réservée à votre apostolat. Si le roi d’Angleterre réussit dans son entreprise, l’Eglise anglaise et celle de France peuvent courir des dangers. Le roi de
(1) Miss Kate Norgale : England under the angevin Kings. Darboy,
Thomas Becket, 1859. Morris, Life and martyrdom of T. B. 1886*
(2) Funk. Trad. Hemmer, Histoire de V Eglise, t. i®*'.
(3) Juin 1166, Materials for thé history of S'- T. B. t. v, p. 373-374-375,
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Franco, l’Eglise et les grands du royaume attendent de vous au nom de Injustice un secours contre le tyran en faveur de l’exilé et de ses compagnons...
« Nous vous supplions donc que vous ouvriez les oreilles aux prières et aux vœux du peuple, que vous jetiez un regard sur les nécessités de l’Eglise de Cantorbery, celles de Farchevêque, et que vous écoutiez les prières dignes de pitié de ceux qui s’exilèrent avec lui pour l’honneur de Dieu et les libertés de l’Eglise. »
Le Pape Alexandre III restait sourd à ces avertissements. Thomas Becket errait de monastère en monastère (1). Cette année même, à la Saint-Martin il dut quitter Pontigny. Alexandre III temporisait. L’année suivante Louis VII et la cour de France avaient été émus par les paroles de Jean d’Oxford (2) qui s’était prévalu à son retour de Rome d’avoir obtenu du Pape de nombreux privilèges et notamment la confirmation du mariage du fils de Henri II avec la fille du comte de Bretagne, sa parente au troisième degré. Le roi de France avait même voulu envoyer des messagers pour interdire sur son domaine l’entrée des légats apostoliques.
Alexandre III était pressé par l’Eglise de France de mettre fin aux dissensions de l’Eglise anglaise et de Thomas Becket. Le roi, le sénéchal Thibault écrivaient lettres sur lettres au chef de l’Eglise. En 1168, Guillaume aux Blanches-Mains écrivit à nouveau et dans le même sens que la première fois (3).
« Il n’y a pas, disait-il, d'Eglise plus fidèle que l’Eglise « de France, et sur qui le Pape puisse compter d’une (( façon plus formelle.
« L’Eglise, le Roi, le royaume tout entier vous supplient
(1) Heleft Pontigny on SÇ Martin’s day 1166 and took up his above as the guest of Louis in the abbey of SL Columba at Sens. M. Kate Norgate, II. 68.
(2) Lettre de Lombard à Alexandre III, Migne, Patrol, CC. Col. 1445.
(3) Materials^ t. vi, p. 478.
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« d’agir en faveur du prélat de Cantorbéry qui lutte et est « exilé depuis quatre ans pour la liberté de l’Eglise et la « dignité de Votre Majesté.
« Le roi d’Angleterre agit contre vous... son iniquité « est pourtant reconnue. Dans une réunion où le comte U de Flandre avait amené le prélat de Cantorbéry pour (( supplier le roi d’Angleterre de mettre un terme aux « discordes de l’Eglise, il a fait lire des lettres aposto- (( liques dans lesquelles il était dit que le prélat ne pour- « rait sévir contre lui ni contre le royaume tant qu’il ne « serait pas rentré en grâce auprès du roi. »
Guillaume condamnait dans cette lettre la conduite politique du Pape. Le roi de France, disait-il, se plaint de ce que les menaces et les injures de l’Angleterre font plus d’effet sur votre esprit que sa fidélité; et faisant allusion aux événements passés, il craignait qu’un scandale nouveau n’éclatât dans le genre de celui qu’avait causé Jean d’Oxford lors de son retour à Rome (1).
L^année 1 169 devait marquer la période la plus aiguë de la lutte. Maintes tentatives de réconciliation furent faites. Guillaume aux Blanches-Mains devait déployer pour la cause de l’archevêque une grande activité. Depuis l’année précédente, Alexandre III l’avait élevé à la dignité de légat en France, et l’avait chargé de conduire à bien cette affaire. Il n’avait plus de ménagements à avoir pour Henri II qui avait en 1168 adhéré aux statuts de la diète de Wurtzbourg.
Le 6 janvier 1169, Guillaume aux Blanches-Mains assista à la conférence de Montmirail (2), qui ne devait aboutir à aucun résultat.
Nous possédons une lettre de lui (3) dans laquelle il rend compte au Pape de ce qui se passa durant cette entrevue. « Le roi d’Angleterre assura qu’il n’avait pas
(1) Cette lettre est de 1168.
(2) Materials^ t. iii, p. 96.
(3) Migne, CG. Col. 1426.
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chassé de son royaume l’archevêque de Cantorbéry. Il était libre d’y revenir en paix, d’3^ posséder les biens que ses prédécesseurs possédaient, et d’en jouir librement ainsi que de ceux qu’il lui avait promis... Mais les réponses du roi, dit Guillaume aux Blanches-Mains, se combattaient, n’étaient pas nettes, et les légats de Votre Sainteté avaient peine à saisir et à enchaîner le Protée qui se dérobait. Nous leur avons alors conseillé de prier le roi de répondre à Votre Sainteté par lettres patentes et d’y marquer ses intentions... On interrogea ensuite le roi, pour savoir s’il permettait aux innocents qu’il avait persécutés de rentrer dans leurs biens. Par aucune raison on ne put l’amener à donner à ceux-ci la moindre satisfaction et consolation.
De son côté Thomas disait qu’il ferait tout ce qui lui était possible pour recouvrer sa faveur, mais « en toutes choses l’honneur de Dieu et de son ordre étant saufs ».
Ces mots étaient' ceux qui avaient exaspéré le roi à Oxford et à Clarendon. Il se mit alors en fureur, et on en resta là (l).
D’après la lettre de Guillaume, Henri II envoya des messagers au Pape. « Le Roi, dit-il, vous a envoyé des messagers dont il attend le retour, si comme il est juste vous les renvoyez pleins de confusion, nous croyons que l’Eglise de Cantorbéry aura la paix et reconquerra sa grande renommée. Ce que nous disons contre le roi d’Angleterre ne part pas d’un sentiment de rancune, puisque nous venons de faire avec lui une paix véritable (2).
Trois mois après, le dimanche des Rameaux (3), du haut de l’autel de Clairvaux, Thomas excommuniait dix évêques et dignitaires de TEglise d’Angleterre qui lui faisaient opposition (4).
(1) Miss Kate Norgate, t. ii, p. 69.
(2) Celte lettre se trouve aussi dans Dom Bouquet, t. xvi, p. 337.
(3) Miss Kate Norgate^ t. n, p. 70.
(4) Le 13 avril 1169. Pâques le 20 avril 1169,
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Ce fut probablement vers cette époque que Guillaume écrivit à Alexandre III une lettre des plus sévères à l’égard de Gilbert Folliot, évêque de Londres, et dans laquelle il demandait sa déposition.
Il (1) est la cause de tous les maux de l’Eglise d'Angleterre. C'est par lui que l’unité de l’Eglise anglaise a été détruite. 11 se flatte qu’en n’obéissant plus au siège archiépiscopal de Cantorbéry, en le ruinant, grâee à l’appui du roi, il verra le siège de Londres élevé à la dignité
de siège archiépiscopal (3’est un antéchrist. Il s’efiTorce
de briser l'unité de l’Eglise anglaise. Il faut que l’Eglise soit une, sans quoi qui pourra empêcher les hérésies de pulluler, (2).
Le roi d’Angleterre n’en prit pas son parti. Il essaya de négocier avec les légats du Saint-Siège, les deux cardinaux Gratien et Vivien. Une réunion eut lieu à Bayeux le 31 août 1169 (3), dans laquelle il leur demanda d'absoudre ceux que Thomas avait excommuniés. Ce fut à ce moment que le roi d’Angleterre s’adressa à Guillaume pour obtenir c^u’il permît aux Cardinaux légats Vivien et Gratien d’absoudre ceux que l’archevêque de Cantorbéry avait excommuniés (4). Les légats, disait le Roi, veulent avoir
(1) Le roi de France avait écrit au Pape une lettre dans le même sens, et c’était pour appuyer sa demande que Guillaume demandait le maintien de l’excommunication prononcée par Thomas Becket contre l’évêque de Londres et l’évêque de Salisbury, Raoul de Broi.
(2) Migne, Patrol, latine CC.,Lî25.
(3) Diceto, éd. Stubbs. 1. 335
« Cum agitur tractatum de pace. [G. et V.] se conspectui regio praesentassent apud Baiocas in Normania post que tractatus immenses pax esse in januis crederetur ab omnibus, litteras illis direxit Senonensis archiepiscopus in quibus continebatur ne sine conscientia ipsius sicut in mandatis a domino papa susceperant, in reconciliatione facienda procéderont. Sic infecto negotio duo legati S. P. a regis curia recesserunt.
(4) Dom Bouq. XVI, 372. La lettre n’est pas datée du mois, mais d’après les événements auxquels elle fait allusion, les réponses de Guillaume au Roi et aux cardinaux, la mention de R. de Dicet, on ne peut que la rapporter, ainsi que les deux suivantes à cette affaire.
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votre avis, car vous êtes archevêque et légat, Henri II le flattait dans l’espérance d’un avis favorable. « J’ai confiance en celui que j’embrasse comme un très grand ami, car, vous avez montré dans cette affaire, comme dans toutes les autres négociations une grande ferveur, une vigilante diligence et une très ferme fidélité.
Mais la réponse ne fut pas conforme aux vœux de Henri IL
Je n’ai, répondit l’archevêque de Sens, aucun droit d’absoudre sans caution juratoire les excommuniés. Le souverain Pontife ne m’a pas donné ce droit, et nous n’oserions conseiller à personne de transgresser sur ce point les ordres du Pape (1).
Et en même temps il écrivait aux légats, Gratien et Vivien, une lettre (2), d’un ton plutôt ironique, dans laquelle il affirmait vouloir s’en tenir sur ce point aux ordres du Pape, à la tradition de l’Eglise, et déclarait qu’il ne laisserait pas absoudre ceux que le prélat de Cantorbéry avait excommuniés. A la fin de l’année, vers le milieu du mois de novembre, Guillaume se trouvait à Rome où il s’était rendu pour s’occuper avec Alexandre III de la cause de Thomas Becket pour laquelle il déployait une activité si grande, afin d’obtenir du Pape le droit de jeter l’anathème et l'interdit sur le roi d’Angleterre s’il se refusait à faire une paix définitive (3).
Le roi d’Angleterre intriguait de son côté pour que le Pape ne confiât point à l’archevêque de Sens cette mission (4). Thomas Becket l’en informa par lettre.
(1) Dom Bouq., XVI, p. 372.
(2) Dom Bouq., XVI, p. 372.
(3) Sed et Willelmus Senonensium veuerandus autistes qui Anglicanae ecclesiae miseratus sedem apostolicam adierat, presens et petens ut rex Anglorum anathemati.reg-num interdicto subjacerentur nisi Canthuaniensi pax ecclesie redderetur.
Ex Willelmo Cantuaniensi. Materials I.
(4) Lettre deThomas Becket à Guillaume. Dom Bouquet, t. xvi,p. 398- Cette lettre fut écrite après le 20 novembre. 11 y est fait mention des réunions de Montmartre et de Denys, du 18 et du 19 novembre 1169.
11 lui annonçait que Tentrevue de Montmartre avait eu lieu, mais que Henri II, au lieu de traiter directement avec lui, avait promis de s’en référer au jugement de la Cour du Roi, ou de l’Eglise de France, ou de TUniversité de Paris. Thomas joignait à cette lettre la pétition qu’il avait adressée au roi Henri II et dans laquelle il avait dressé le tableau des demandes qu’il faisait. Le roi du reste ne répondit pas à cette pétition, il partit pour Mantes.
En même temps, il annonçait à son défenseur que le roi avait envoyé à Rome Jean d’Oxford, l’évêque de Séez, Jean, pour empêcher le Pape de confier quelque mission à celui dont il craignait que le voyage à Rome ne lui fut néfaste. Thomas Becket suivait les instructions du Pape Alexandre III qui lui avait recommandé de se conformer en tous points aux conseils que Parchevêque de Sens lui donnerait ainsi qu’à ceux de l’archevêque de Rouen et de Févêque de Nevers (1).
L’année 1170 fut encore marquée par divers incidents auxquels Guillaume aux Blanches-Mains fut mêlé.
Au mois de février de cette année le Pape avait écrit à Thomas Becket pour le confirmer dans le droit qu’il avait de couronner le roi d’Angleterre (2).
Mais le 14 juin 1170 Henri H fit couronner son fils Henri, au mépris de cette confirmation. La cérémonie fut faite par l’archevêque d’York, assisté par l’évêque de Londres.
Guillaume profita de l’occasion pour se plaindre au Pa}>e (3) de ce que l’évêque de Londres se fut permis de participer à cette « consécration ou plutôt à cette exécration » au mépris des droits de l’archevêque de Cantorbéry et du roi de France dont le fils du roi d’Angleterre avait refusé la fille. « Punissez, Saint-Père, ces
(1) Migne, CC. 649. Cette lettre n’est pas datée. Il faut la reporter sans doute à la fin de l’année 1169 ou au début de l’année 1170.
(2) Materials VI.
(3) Migne Patrol. latine, CC. 1428.
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malfaiteurs^ effrayez-les si vous voulez racheter votre réputation et rassurer votre conscience ».
Le Pape lui répondit (1) pour se disculper, et le priait de faire observer sur les terres du roi qui relevaient de sa juridiction l’interdit prononcé : il annonçait en même temps qu^il avait refusé de consentir, malgré Tentremise des consuls de Lombardie, que s’était attachés Henri II et de l’empereur de Constantinople, à allonger les délais, qu’il avait fixés au roi d’Angleterre pour sa réconciliation définitive avec l’archevêque de Cantorbéry.
Le 22 juillet, de la même année Guillaume et hévêque de Nevers se rencontrèrent une autre fois avec le roi d’Angleterre à Freteval (2) pour prendre une décision. Un rapprochement eut lieu; le roi d’Angleterre promit à l’archevêque de Cantorbéry de faire la paix.
Le roi ne se pressait pas d’exécuter ses promessës. Aussi le Pape écrivit-il à Guillaume et à Rotrou, archevêque de Rouen, le 22 octobre 1170, d’aller trouver le roi pour le forcer à faire la paix qu71 a promise. « Que le roi rende à l’archevêque ce qu’il lui a pris, qu’il répare les dommages causés. Si au bout de trente jours le roi n’a pas exécuté ses promesses, vous interdirez la célébration des offices, sauf le baptême pour les petits enfants, et la pénitence aux mourants (3). » Mais la paix faite à Fréteval était peu sincère. Thomas Becket fut assassine le 29 décembre 1170.
Aussitôt Guillaume aux Blanches-Mains écrivit au Pape (4) pour lui raconter l’assassinat de son protégé. Sa lettre présente le fait sous le jour le plus odieux pour le
(1) Migne, Patrol. latine. CC., p.683.
(2) Stubbs : Itinéraire 20, 22 juillet 1178. Dicet : éd. Stubbs : Item apud Fractem Vallem rex Francorum, Willelmus Senonensis venerunt. Cum autum rex et archiepiscopus secessissent in partem bisque descendissent et bis ascendissent bis stapham rex teneret archiepiscopo.
(3) Patrol. lat. Migne, CC. 708, 22 octobre 1170.
(4) Migne, CC. 1429 Patrol. latine.
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clergé anglais, il fait appel aux images de la Bible pour peindre ce forfait odieux. « Venge, venge, Seigneur, le sang de ton serviteur et de l’archevêque de Cantorbéry qui a été tué, bien plus, crucifié pour la liberté de TEglise. »
Il avertit ensuite le Pape qu’il a jeté l’interdit sur le royaume d’Angleterre, suivant les ordres qu’il lui avait donnés ainsi qu’à l’archevêque de Rouen, et qu’il a enjoint aux évêques et aux archevêques d’observer l’interdit (1). Enfin il priait le Pape de ratifier ce qu’il avait fait.
Dans toute cette affaire , la conduite de Guillaume aux Blanches-Mains avait été si ferme, si véritablement indépendante à l’égard du roi d’Angleterre et même de la Papauté, que les contemporains eux mêmes ne purent s’empêcher de lui adresser des félicitations et des marques d’estime les plus ffatteuses et les plus honorables.
Jean de Salibury dans la lettre qu’il adressait à Beaudoin d’Essonnes témoignait pour la conduite du prélat une grande admiration.
Enfin, en 1179, le Pape Alexandre III lui écrivait pour lui annoncer la canonisation de Thomas, archevêque de Cantorbéry (2).
(1) Migne, CC. 14.30 Patrol. latine.
(2) 1179. IV Nones d'avril.
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