‹ Pièces détachées (volume 2)Chapitre 31 sur 38 · SUFFRAGANTS · texte numérisé non relu

SUFFRAGANTS

Tous les évêques du XIT siècle n’ont malheureusement pas laissé une correspondance aussi détaillée qu’Etienne de Tournai, ni des séries d’actes aussi complètes que l’évêque de Paris, Maurice de Sully. Nous ne sommes que très peu renseignés sur certains évêchés, quelques actes épars, assez peu intéressants par là-même, sont parvenus jusqu’à nous. Ils permettraient fort difficilement de se rendre compte de l’action directe du métropolitain sur les sufîragants si nous en étions toujours réduits à cés seuls textes.

Toutefois, on peut affirmer qu’au XI 1® siècle le pouvoir du métropolitain de Reims était encore fort grand. Il jugeait en appel de nombreuses affaires, accordait des dispenses, tranchait les difficultés, confirmait les actes de ses suffragants, et ceux-ci en grand nombre, ce qui prouve qu’il était encore assez puissant pour que son sceau apposé au bas d’un acte rendît plus solennelle que le simple sceau de l’év^êque une charte d’échange ou de donation.

Le métropolitain centralisait dans sa cour et sa chancellerie toutes les affaires, comme à Rome le Pape centralisait celles de la chrétienté tout entière.

a.) Evêché de Tournai (1).

Avant d’être promu à la dignité épiscopale Etienne de Tournai avait maintes fois fait appel à Guillaume aux

(1) Les évêques de Tournai furent ; Evrard d’Avesnes, 1173-1190 ; Etienne de Tournai, 2 septembre 1191-1209.

Nous n’avons sur les relations de G. et d’Evrard d’Avesnes aucun renseignement.

pièces DETACHEES, III.

rso

Blanches-Mains, son ami, pour régler certaines affaires ecclésiastiques. A partir de l’année 1191, il semble que peu d’affaires importantes aient été traitées par lui sans le conseil ou l’assentiment du métropolitain de Reims.

De la lecture des lettres d’Etienne de Tournai il ressort cette impression que Guillaume aux Blanches-Mains était un administrateur sévère, ordonné, aimant à se rendre compte par lui-même des actes de son suffragant.

L'archevêque de Reims jouissait vis-à-vis du suffragant du droit de délégation. 11 se fit suppléer plusieurs fois par Etienne de Tournai.

En 1191, malgré les protestations de l’évêque de'Tournai, Guillaume le chargea de mettre ordre aux désordres de habhaye de Grandmont (1).

Un passage de la lettre d’Etienne de Tournai se plaignant de ce qufil ait été délégué par Guillaume, marque bien l’ascendant que ce dernier devait avoir sur ses inférieurs ecclésiastiques, a Je partirai, disait Etienne, car (( sur votre ordre, je suis prêt à marcher vers la prison (( ou vers la mort. »

L’évêque de Tournai faisait-il une tournée pastorale dans son diocèse, il adressait à l’archevêque de Reims une sorte de rapport (2). Ainsi agit-il lorsque , visitant le prieuré de Brecdecne, il le trouva en ruines. Il avait jeté l’interdit sur les moines et le monastère, il en avertissait le métropolitain.

Le désordre dans les abbayes dépendant du diocèse de Tournai était un mal assez général. A Saint-Amand, les moines de l’abbaye s’étaient révoltés contre leur abbé, Arnoul, en 1192. Nouvelle délégation d’Etienne sur l’ordre du métropolitain, pour se rendre compte de la révolte, y remédier (3), et aussi^ nouveau rapport de l’Evêque apprenant qufil a éloigné les fauteurs du désordre, les a pla-

(1) Ed. J. Desilve : Lettre CXCIX, page 248.

(2) Lettres d’E. de T. éd. Desilve ; n*" CCXXI, page 285

(3) Lettre CCXLT.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

cés dans un autre monastère, et leur a défendu d’en sortir sous peine d’excommunication.

Ainsi, se centralisaient à Reims toutes les affaires de la province. De même, les ordres étaient expédiés de cette ville.

Un ordre émanait-il de Rome, aussitôt, par une sorte de lettre circulaire, il était expédié dans les évêchés. Il en fut ainsi, lorsque le Pape ordonna de faire rechercher les faussaires de bulles.

L’évêque faisait alors l’enquête dans son diocèse, il transmettait les résultats au métropolitain, et attendait de nouvelles instructions.

Etienne de Tournai, ayant découvert un faussaire de bulles, en référa aussitôt à Reims (1). k Nous avons promis l’impunité à ce faussaire qui étant prêtre devait être dégradé et enfermé dans un monastère (2), mais autaùt que cela était en notre pouvoir. »

Le suffragant commettait-il quelque irrégularité, le blâme ne se faisait pas attendre. Etienne de Tournai axant en 1196 établi, sans l'assentiment de Guillaume, quelques chanoines non résidants, ce dernier s’en plaignit, et l’évêque de Tournai s’en excusa (3).

Certaines dispenses d’âge pouvaient être accordées par l’archevêque. Ainsi, le Chapitre de Tournai, ayant élu comme doyen de l’église, Arnoul, qui n’était pas prêtre, chose interdite par les canons des conciles, Etienne de Tournai demanda à Guillaume d’accorder à Arnoul un délai pour recevoir la prêtrise (4). Guillaume accorda ce délai.

(1) Lettre CCLX1II, p. 327 « De maodato vestro falsarios qaosdam... induximus. »

(2) Décret de Gralien^ p dist. I. C. VIL

(3) CCXVl, pag'e 2()8. Ed. Desilve. « Preterea, pater sancte, si in instituendis in ecclesia nostra foraneis forisfeci, quia sine assensu vestro assensum prebui, supplex veniam peto .. etc.

(4) Lettres CCXIJX, CCi-1.

GUILI.AUME AUX B L ANCHES-MAINS

A côté de ces rapports officiels, des relations amicales existaient entre l’archevêque de Reims et Etienne de Tournai. Ce dernier devait à Guillaume son élection ; aussi bien s’ernpresssa-t-il en 1194 d accédera la demande du Cardinal qui le priait de donner une prébende dans son église à un clerc patronné par lui ; la prébende était promise, mais la recommandation de Guillaume fit passer outre à la promesse (1).

L’archevêque de Reims avait aussi des droits sur certaines abbayes dans les diocèses sufîragants. Dans celui de Tournai, l'abbaye de Lysoing relevait de lui. En 1190, Guillaume la prit sous sa protection, et confirma tous les biens qu’elle possédait (2).

b. ) Amiens^.

En 1180, Thibaut III, évêque d’Amiens, parent de l’archevêque de Reims, ayant donné à l’abbaye de Saint- Martin et aux moines de cette abbaye les revenus des prébendes vacantes dans son église, Guillaume aux Blanches-Mains confirma cette donation (3).

Les clercs de l’église d’Amiens devaient à la fin du XIT siècle mener une vie relâchée, car en 1190 le métropolitain de Reims leur fit défense de faire le trafic dans les foires, les marchés, d’établir des tavernes dans leurs maisons, s’ils voulaient jouir du privilège de cléricature (4).

c. ) Châlons.

Le 9 juin 1196, Guillaume aux Blanches-Mains consacra à Reims Rotrou du Perche, évêque de Châlons.

(1) Lettres CCXXXl, p.288.

(2) Buzelin, Galle Flandrie, p, 966.

(3) Gallia, t. X, col. 1177.

(4) Collection Moreau, vol. XCIV, fol" 57.

a) ; Evêque d’Amiens, Thibaud III, 1169-1204

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

Les Chapitres des évêchés de la province de Reims relevaient, sauf celui de Laon, directement du métropolitain (1) ; aussi bien les chanoines de la ville de Châlons, n’ayant pas voulu instituer un nouveau chapelain, mis à la tête de l’hôpital, l’archevêque de Reims leur enjoignit de cesser toute hostilité, et d’instituer le nouveau chapelain (2).

d.) Soissons.

Guillaume aux Blanches-Mains avait consacré en 1176 l’évêque de Soissons, NiVelon (3). En l’année 1181 sur la demande de l’archevêque de Reims, Nivelon abandonna aux religieux de Saint-Germain-des-Prés la moitié des rétributions que les fidèles de Nogent-l’Artaud offraient dans l’église de cette ville (4). ^

Un différend entre le Chapitre de Soissons et la commune de cette ville fut réglé par le métropolitain en 1192. Le Chapitre relevait de l’archevêque de Reims, qui avait tout d’abord délégué, (« pris qu’il était par les dures occupations que nécessitaient la régence du royaume et un pélérinage à Saint-Jacques >;) pour juger ce procès au sujet du droit de justice contesté par le maire et la commune au Chapitre de Saint-Pierre-le-Vif (5) les deux abbés de Longpont et de Val Secret. L’affaire jugée par eux fut portée à Rome, elle revint devant Guillaume, lors d’un passage de celui-ci à Soissons. Une solution favorable fut donnée par lui aux chanoines qui furent maintenus dans leurs droits de justice.

Il nous est parvenu quelques actes de l’archevêque de Reims en faveur de l’abbaye Saint-Médard de Soissons.

(1) P. Daire, Histoire de la ville et du diocèse d'Amiens, 1757,

(2) Arch. de la Marne, G. 1130 (1180-1202). '

(3) Gallia Ch., t. ix, pag-e 95. Nivelon de Gherisy.

(4) Dotn Bouillard, Histoire de Saint-Germain-des-Prés.

(5) Collection Moreau. Bibl. Nat.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

Cette abbaye relevait directement da métropolitain. Guillaume aux Blanches-Mains lui ht donation des autels d'iges et de Toug en 1180 (l), régla point par point les droits ded'avoué de l’abbaye, Renaud et de l’abbé sur le village de Donchery (2), et restitua à l’abbaye le droit de gîte et de procuration que les moines de Saint-Méiiarvi lui devaient à Damery (3).

c.)' Senlis.

Le Chapitre de la cathédrale de Senlis prétendait avoir le droit de faire cesser les ofhces dans tout le diocèse, lorsque les ofhces étaient interrompus dans la cathédrale, ‘ par suite de torts causés à un chanoine ou à un serviteur du Chapitre; l’évêque Henri contestait ce droit (4). l-^e différend vint devant la cour de l’archevêque, qui le trancha dans le sens des prétentions du Chapitre, et ordonna à l’évêque, à l’archidiacre, en cas d’absence de l'évêque ou au doyen de la chrétienté à défaut d’archidiacre de prononcer la cessation de la célébration des ofhces dans les églises paroissiales de Senlis (1189).

Un nouvel abbé ayant été élu à Saint-Vincent de Senlis, l’évêque Geoffroy réclama le privilège de bénir l’abbé. L’abbaye de Saint-Vincent de Senlis était, malgré les exem[)tions des rois et des papes, soumise, disait-il. à l’évêque de la ville (5). L’affaire fut portée en cour de Rome.

Célestin III nomma deux arbitres, les évêques de Meaux et d’Auxerre, mais sous l’influence de l’archevêque de Reims, un compromis intervint, et l’évêque Geoffroi bé-

(1) Arch. de l’Aisne, H. 477. fds Saint-Médard. Registre f" 11.

(2) Id. H. 477. Collection Moreau, vol. 92, f“ 157.

(3) Collection Moreau, vol. lOl, fol. 61.

(4) Gall. Ch. t, X, page 439. lnst“.

(5) En 1189. Robert successeur d’Hugues mort le 15 février 1189. Lettres d’Etienne de Tournai, 1189, n° CXCVIl, éd. Desilve.

GUILLAUME AUX BLANCHES MAINS

nit le nouvel abbé, les droits de chacun étant réservés (1)

Certaines prébendes de la cathédrale de Senlis étaient composées de deux demi prébendes, dont chaque moitié était l'une à la collation de l’évêque, l’autre à la collation du Chapitre (2). Des difficultés naissaient de cet ordre de choses Guillaume aux Hlanches-Mains décida qu’au dtcès du chanoine Eudes de Pont, possesseur d’une prébende ainsi composée de deux demies, la moitié qui était à la collation de l’évêque serait mise en distribution pour les matines et offices du jour. L’évêque serait alors déchargé du paiement de éent sous qu’il faisait pour cet objet. Quant à l’autre demi-prébende, elle devait être réservée pour ceux qui avaient obtenu des expectatives de la part de l’évêque.

Ainsi, parvenaient à la cour de l’archevêque mille difficultés journalières qu’il s’appliquait à trancher, soit en offrant sa médiation, soit en prévenant par des sortes d’arrêtés les procès à naître et les conflits qui irritaient les Chapitres et l’évêque d’une ville.

Les Chapitres accordaient aux archevêques, aux évêques, le droit honorifique d’avoir, attachés à leurs personnes, des chanoines jouissant du revenu de leurs prébendes, bien que ne résidant pas. C’était en même temps qu’un honneur un premier pas fait dans la voie de la non-résidence. Guillaume aux Blanches-Mains résigna ce droit que le Chapitre, de Senlis avait accordé à l’archevêque Fleuri de France et lui avait renouvelé en 1176 (3).

f.) Laon.

Nous possédons deux actes de Guillaume relatifs à l’abbaye de Saint-Vincent de Laon, qui constatent et confirment la donation faite par Jean d’Erej de la dîme de

(1) GaLl. Ch. t. X, col. 1497.

(2) Collection Moreau. Bibl. Nation., vol. XCIV, fohl05 (année 1192).

(o) Collection Moreau, Bib. Nat., vol. XCIX, folio 130.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

Mdureguy^, en 1178, et la même année l’abandon fait par Bliard, chanoine de Reims et son fils de l’église de Maureguy, moyennant une rente annuelle de soixante sous de monnaie de Laon (1).

g.) Cambrai.

En 1179 Guillaume consacra, à Rome, dans l’église de Sainte-Sabine, Roger de Wavrin, évêque élu de Cambrai (2). L’abbaye de Saint-Bertin en 1197 fit confirmer une donation par l’archevêque de Reims; quelques années auparavant. En 1189 Guillaume avait ratifié des conventions passées entre l’abbaye d’Hautmont, le monastère de Saint-Sépulcre de Cambrai et ceux de Saint-Ghislain et de Saint- Vast (3).

h.) Noyon Arras.

Nous ne possédons aucun renseignement sur ces deux diocèses.

i.) Térouanne,

Lambert, évêque de Térouanne avait excommunié Renaud, comte de Boulogne, à propos des dommages causés par lui aux églises. Sur l’ordre de Guillaume aux Blanches-Mains cet interdit fut levé (4).

(1) Archives de PAisne : H. 529, dîme de Maureguy et possessions de Fussigny (b) et de Courtricy (c) .

(2) Chronique de Balderic.

(3) De Villers, Cart. de Hainaut, t. iii, p. 174.

(4) Gallia Christ, XII, col. 1551.

a) Maureguy (Aisne), canton de Sissonne. h] Fussigny (Aisne) : canton de Fassigny et Courtricy. c) Courtricy, canton de Sissonne.

137 GUILLAUME AUX BLANCUES-M AInS 321

Rapports de Guillaume aux Blanches-Mains AVEC les abbayes DE SON DIOCESE.

1® Ahbaye de Saint-Bemy de Reims.

Les moines de l’abbaye de Saint-Remy de Reims furent les privilégiés de Guillaume aux Blanches-Mains, ainsi que ceux de Saint-Thierry.

Nombreuses sont les chartes de donations qui nous sont parvenues.

L’abbaye de Saint-Remi relevait directement de l’archevêque de Reims (1), et était soumise à sa juridiction.

Dès l’année 1178 l’archevêque avait confirmé à Pierre, abbé de Saint-Remy, les patronages des églises que les archevêques Samson et Henri de France avaient en 1153 et 1167 donnés à l’abbaye (2), à savoir ceux de Crugny, Sacy, Dillers, Alleran, Rilly, Beine, Saulx, Saint-Remi de Juniville, Pauvre Herpy.

Les moines pouvaient présenter deux prêtres par église, les prêtres ne relevaient de l’archevêque que pour les questions spirituelles (3).

La même année (1178), Guillaume avait reconnu que les bourgeois du ban et de la justice de Saint-Remi étaient exempts de sa juridiction. Ils ne pouvaient être pris, ni arrêtés par ses officiers, mais devaient être renvoyés devant les officiers de justice de l’abba\^e (4). Au spirituel l’abbaye jouissait d’un privilège fort important, les moines pouvaient en cas de cessation des offices continuer la célébration des leurs. Ce droit qui leur fut reconnu par

(1) Varin. Arch. aû?m.,t. p 381. (Bulle d’Alex. III).

(2) Fonds de Saint-Remy. Arch. de la Marne (liasse 36).

(3) Bulle de Lucius III, Varin I, p. 395.

[\) T. I®'', papiers de Bidet, Biblioth. de Reims.

PIÈCES détachées, Tir.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

deux fois (1) par le pape Lucius III, fut expressément stipulé en leur faveur, en 1197 (2), lorsque l’archevêque de Reims accorda au Chapitre de Notre-Dame de Reims le droit de faire cesser les offices.

En 1182 l’archevêque de Reims prit sous sa protection l’abbaye de Saint-Remi, et confirma toutes ses possessions.

Guillaume aux Blanches-Mains intervint souvent dans les affaires de l’abbaye, pour faire respecter ses droits, et sauvegarder ses biens, ratifier des donations ou approuver des échanges. Le comte de Rethel, Manassés III (3), prétendait à certains droits de pacage, de coupes sur les bois de Saint-Remi, il dut renoncer à ces prétentions en 1196(4), déjà en 1183 il avait dû reconnaître qu’il n’avait aucun droit sur les bois d’Aoucheron ; Guillaume força Alix de Coucy (5) à payer à l’abbaye le cens récognitif pour le château de Coucy, qu’elle détenait comme fondatrice de l’abbaye, en 1195. Du reste, poussé dans ses décisions par l’esprit de justice, l’archevêque restitua des droits de pêche dans la rivière de Sollepaine, qu’il avait détenus au détriment de l’abbaye j usqu'en 1196 (6).

Des questions litigieuses se présentèrent en 1189, au sujet du ban du châtelain, qui avait été retenu par un moine et cédé par lui au trésorier de l’église de Tours, Rotrou.

L’archevêque fit rentrer cette possession aux mains de l’abbé, et Rotrou, neveu de Guillaume, dut résigner cette propriété et les droits qu’il pouvait avoir sur elle (7). La même année Guillaume intervint dans un

(1) Bulles du 10 mai, du 26 septembre Varin I, p. 398.

(2) CartuL A. du Chapitre de N.-D. (1197) fol. 15, r®, Bidet par erreur donne la date de 1187.

('3) Manassés III. comte de Rethel. 1158-Î200.

(4) Arch. de la Marne. Ghâlons. Inv. des Titres de Saini-DeniSy fonds de Saint-Remi liasse 231.

(5) Arch. de la Marne, liasse 177, fonds Saint-Remi.

(6) Cart. A. de Saint-Remi, folio 245, 446.

(7) Varin 1, p. 413.

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procès entre l’église d’Orléans et l’abbaye, au sujet d’une maison, laissée en héritage par Nicoles d’Etampes à l’église Sainte-Croix et à l’abbaye ; il mit fin à ce procès par une sentence arbitrale (1) sauvegardant les droits de chacun.

En 1188, Guillaume avait donné à l’abba^’e de Saint' Remi l’autel de Dieucourt, à la condition que des offices seraient célébrés pour le repos de défunts dont il donnait les noms (2).

Philippe-Auguste, à la demande de son oncle, confirma en 1197 (3) une partie des donations faites par G uillaume durant les années précédentes et approuva les échanges faits entre l’abbé Syacon et l’archevêque, échanges par lesquels l’abbaye, en accordant certaines terres, se voyait dispensée de payer à l’archevêque les redevances en vjn, bière, froment, qu’elle lui devait chaque année aux deux fêtes de Saint-Remi.

2® Ahhajje de Saint-Nicaise,

L’abbaye de Saint-Nicaise se trouvait placée vis-à-vis de l’archevêque de Reims dans les mêmes conditions que l’abbaye de Saint-Rémi.

En 1178, Guillaume renouvela le marché passé avec l’abbaye par son prédécesseur Henri de France, au sujet de quatre moulins concédés par l’abbaye moyennant huit muids de froment et d’une maison sise à Saint-Pierre sur Avre (a), que l’archevêque donna'au chanoine Nicolas de Bourg (4).

L’archevêque jouissait vis-à-vis de l’abba^^e du rôle d’un

(1) Arch. de la Marne : tonds Saint-Remi, liasse 26.

(2) Varin, t. i”’, p. 409.

(3) Varin Arch. adm., t. i®‘’, p. 430.

(4) Cart. de Saint-Nicaise (Reims) fol®. 37 r'q Conf"'^ par Philippe-Auguste 13 av. 31 octobre 1186. L. Delisle. Cat. des actes.

a) Avre, affluent de la Vesle.

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véritable notaire ; entre ses mains, en sa présence s’opéraient la vente, le dévestissement, et il faisait la tradition de la terre vendue en investissant l’abbé. Ainsi en 1182, Héribert, abbé, fut investi du huitième des dîmes de Cormicy vendues par Ilahuilde deBairy (1). La même année Guy, tils de Gilon de Rethel, cédait à l’archevêque ses biens sis à Couricy, à Chalons-sur-Pesle, à Chesnay, pour ([u’il en investît l’abbé Héribert au nom de Saint-Thierry '2) .

F.n 1184, Guillaume fit donation à l abbaye de tous les pâturages qu’il avait acquis dequis la mort d’Henri de France (3), confirma les donations faites par Symon de Neufville (4 1 de ses biens sis à Amieville et les acquisitions faites par l’abbav^e. Il donna encore en 1199 (vb), à Foulques, abbé de Saint-Thierry, la dîme de Bermericourt qu’un chanoine de Laon avait résignée entre ses mains.

Comme à l’abbaye de Saint-Remi, le droit de prendre un franc servant fut accordé à Fabbaye de Saint-Nicaise en 1199, et deux autels, ceux d’ Avaux et de Vieux, lui furent concédés en 1199 (fi).

L’abbaye de Saint-Nicaise n’étant pas assez riche pour l’entretien d'un grand nombre de moines, l’abbé Drogon fixa à cinquante le nombre de ceux qui pouvaient y résider et l’archevêque de Reims confirma deux ans avant sa mort ce règlement de l’abbé (7).

3^ A h ha JJ e de Saint-Denys.

Nous ne connaissons que deux actes de Guillaume aux Blanches-Mains se rapportant à Fabbaye de Saint- Denys, tous deux de l’année 1197. Par le premier les moines de

(1) Arch. de la Marne, fds Saiat-Thierry, liasse 25.

(2) id. Liasse 27.

(3) id. Liasse 7.

(4) Jd., liasse 7.

(5) Cartul. de 1300, foF 150 v®. Bibl. de Reims.

(6) Cart. Saint-Nicaise : folio 37, v® (Reims).

(7) Marlot, t. ni.

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Saint-Deiiys reçoivent de l’archevêque l’autorisation de prendre un franc servant jouissant des prérogatives habituelles et prennent comme tel Renaud d’Orient, chambrier de l’archevêque (1). Par le second, Guillaume accorde à l’abbaye un revenu de soixante-sept sous de rente annuelle, en compensation de la dîme perçue par l’abbaye sur les halles de Reims qui venaient d’être transférées (2).

4^ Abbaye de Saint-Thierry .

Comme l’abbaye de Saint-Remi, l’abbaye de Saint- Thierry fut favorisée par l’archevêque de Reims qui dans le préambule d’une donation l’appelle « specialem filiam nostram » (3).

L’intervention de l’archevêque dans les actes de la vie temporelle de 1 abbaye est fréquente. Ce fut sous l’épiscopat de Guillaume aux Blanches-Mains que l’abbaye s’enrichit de la terre de Trigny, par un échange confirmé par l’archevêque en 1178 (4), entre l’abbé et Girard de Neufchàtel qui abandonna ses droits sur cette terre, moyennant vingt-quatre livres et par un achat fait en 1182 et encore approuvé, des parties de cette terre appartenant à Jean de Porcien et à Richer de Saint-Etienne (5).

En 1191, Guillaume accorda à l’abbaye de Signy le droit de faire librement toutes transactions dans la ville de Reims, sur tout le territoire qu’il possédait ainsi que sur celui de l’église. Il confirmait une acquisition faite par l’abbaye dans la ville au lieu dit Merochel.

(1) Varin, t. !«*■, p. 433 (1'"’ mars).

(2) Varin, id.

(3) Gallia, t. ix, col. 190.

(4) Arch. de la Marne : fonds de Saint-Thierry (Châlons), liasse 42.

(5) Id., liasse 42.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

6*^ Notre-Dame d'igny (1).

Nous avons recueilli sur les rapports de l’archevêque de Reims et de Tabbaye de Notre-Dame d’Igny un nombre d’actes assez considérables (2). M. Péchenard ne les mentionne pas tous et il nous semble inutile d’y insister autrement, étant donné que la plupart ne sont que des confirmations, des attestations plus intéressantes pour l’histoire de Guillaume aux Blanches-Mains.

Ils marquent simplement la dépendance de l’abbaye d’Igny vis-à-vis de l’archevêque de Reims.

Toutefois il est curieux de constater l’affection spéciale de Guillaume pour l’abbé de Notre-Dame d’Igny, Pierre Monoculus. Jamais ils ne se rencontraient sans que l’archevêque ne descendît de cheval, n’allât au devant de lui, ne s’assît à ses côtés pour jouir plus à l’aise de sa conversation (3).

Le droit de juridiction sur l’abbaye appartenait à l’archevêque qui accommoda notamment un différend entre le Chapitre de Notre-Dame de Reims et l’abbaye au sujet de la terre de Montigny où le Chapitre avait des possessions ainsique l’abbaye. Tous deux cherchaient à s’agrandir. De leur rivalité d’intérêts naquirent des froissements et l’archevêque décida que l’abbaye ne pourrait plus rien acheter ni recevoir en ce lieu.

7^* Hautvillers.

L’auteur de l’histoire de l’abbaye d’Hautvillers mentionne un seul acte de Guillaume aux Blanches-Mains en faveur de cette abbaye. C’est la confirmation en 1190 d’une charte d’Henri Pq archevêque de Reims, accordant

(1) Péchenard, Histoire de l'abbaye d'Igny.

(2) Cartulaire d’Igny. Bibl.Nat., mss latin, n“ 9904.

(3) Péchenard, Histoire de V abbaye d'Igny , p. 156.

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à l’abbaye le droit de prendre sur le sesterlage de Reims^ dans les greniers de l’archevêque deux boisseaux de blé, cinq d’avoine, trois de seigle, en échange des moulins et du droit de pêche que l’abbaye possédait à mont Saint- Rémy (1).

8® Ahhaye d'Avenajj (2).

Le 18 mai 1186, sous l’abbatiat d’Hélisende, Guillaume aux Blanches-Mains fit la dédicace solennelle de l’abbaye d’Avenay. Jusqu’en l’année 1189, il n’est plus fait mention de l’archevêque danë les chartes de cette abbaye.

A cette date (3) Helwige fut citée à comparaître devant la cour de l’archevêque pour réparer les torts que son feu mari, Gaulcher de Ghatillon avait eus vis-à-vis de l’abbaye en construisant à Suippes une forteresse sans' le consentement de l’abbesse. Une transaction intervint, et Helwige fit don à Tabbaye, en présence de l’archevêque, d’une rente annuelle de vingt sous à Suippes, où Gaulcher avait établi ses constructions.

Elle renonçait à y établir fours et moulins.

En 1197. l’abbesse Hélisende étant morte, Guillaume mit à la tête de l’abbaye d’Avenay, Wilhelmine, fille de Roger, comte de Joigny, sire de Joinville (4), tante de Geoffroy de Joinville. Elle était alors à l’abbayedeJouarre.

L’archevêque dut subir de la part du jeune comte Thibaut les plus vives protestations. Il exerçait sur l’abbaye le droit de régale, et malgré les liens de parenté qui l’unissaient à Guillaume aux Blanches-Mains celui-ci fut

(1) Manceaux : Histoire de l'abbaye d’Hautvillers.

(2) Louis Paris, Histoire de l’abbaye d’Avenay, 1879. Abbaye de femmes, ordre de Saint-Benoist, dans la vallée d’Aure, au diocèse de Reims fondée vers 660.

(3) L. Paris, op. cit., t. ii, p. 88.

(4) Id. t. Il, p. 87. Liber principum... Arch. nat. M. L. Delaborde, dans le Catalogue des actes des sires de Joinville^ data cette lettre d’avant 1204. C’est en 1197 qu’elle fut écrite.

obligé de s’excuser en ces termes : « Nous savons et nous « attestons que l’Eglise d’Avenay quand elle n'a pas d’ab- « besse doit prendre l'autorisation du comte de Troyes... (( et qu’elle n’est pas tenue pour cette élection de prendre (( licence de l’archevêque de Reims. Si donc nous avons « fait abbesse la tante de notre fidèle Geoffroy de Jointe ville, nous l’avons fait par nécessité et dans l’intérêt des « églises de Jouarre et d'Avenay. Pour notre honneur, « et pour l'amour de l’Eglise, nous vous prions de voûte loir bien nous remettre notre offense ».

L’abbaye d’Avena}^' jouissait alors d'une grande réputation, car le nombre des postulantes augmentait chaque année. Les revenus de l'abbaye étant insuffisants, au mois d’août 1201 Guillaume aux Blanches-Mains interdit de recevoir plus de quarante religieuses (1).

(l) Louis Paris, t. ii, p. 94, op. cil.

APPENDICES

Hommes célèbres du XII® siècle

ai/anl vécu dans l'entourage de Guillaume aux Blanches- Mains.

Ses relations littéraires.

Il ne nous estparv^enu sur la science et sur l’éloquence de Guillaume aux Blanches-Mains que des témoignages. Si lui-même a composé quelques travaux, ses œuvres sont aujourd’hui perdues. On lui attribue toutefois un traité destiné à réfuter sur l’humanité du Christ l’erreur de Pierre Lombard, qu’il avait été chargé de condamner.

Guillaume aux Blanches-Mains devait connaître à fond le droit canon^ciuelques consultations de lui nous sont parvenues (1).

M. l'abbé Clerval i2) a relevé quelques-uns des principaux passages des lettres de ses contemporains susceptibles de nous renseigner : les uns vantent sa connaissance du droit canon, du droit civil, d’autres son savoir philosophique. Guillaume aux Blanches-Mains devait jouir d’une réputation établie (3), on savait que l’archevêque de Reims s’intéressait aux lettres et aux études (4). Dans

(1) Buzelin, Galle Plandrie, p. 367, d’Acheiy, Spicilège ; t. ii, p. 883.

(2) Les Ecoles de Chartres du V^-XVP siècle, page 374.

(3) Lettre d'Alexandre III de 1179, préambule, Varin, Arch. adm., t. p. 381.

(4) Etienne de Tournai, lettres éd. Desilve, 1176, lettre XXIV, lettre XXVI (1167-1176).

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

certains cas on s’adressait à lui pour obtenir qu’il voulût bien s’occuper de clercs vaquant à leurs études. Entre les années 1177-1191, on trouve une lettre d’Etienne de Tournai lui recommandant un professeur du nom de Simon (1), et dans laquelle babbé de Sainte-Geneviève fait de son ami le cardinal de Champagne un grand éloge: « Votre illustre clémence est accoutumée à appeler, à aimer, à faire valoir de tels hommes, dit-il en parlant de Simon ; de l’Orient à l Occident votre réputation est telle car on voit dans votre cour les hommes de valeur comblés de richesses, honorés de dignités, soit qu’ils viennent de l’Itaiie, de l’Angleterre ou de la Gaule. » Pour si pompeux que soit cette éloge, il faut croire qu’il contenait une grande part de vérité.

Un autre correspondant de Guillaume aux Blanches- Mains, Philippe de Harweng (2), abbé de Bonne Espérance, opposait en 1176 sa jeunesse à sa vieillesse, ses hautes dignités à son humble position, louait sa science, ses qualités, l’exhortait à continuer. La même année, un ami de Henri, comte de Troyes, Nicolas de Montieramey (3) se félicitait d’avoir été admis dans l’intimité du prélat.

A coup sûr, Guillaume fut à son époque un protecteur des lettres. Lié avec Jean de Salisbury, il dut contribuer à son élection à l’évêché de Chartres, lié avec Pierre de Blois, Etienne de Tournai et bien d’autres, il s’entourait de savants, de lettrés, les favorisait. C’est ainsi que vivait près de lui Bertier, archidiacre de Cambrai, l’auteur du « Planctus super itinere versus Jérusalem (4) ».

L’intimité de ce dernier et de l’archevêque était assez

(1) Id., lettre LXXV. Simon de Poissy, d'après l’éditeur.

(2) Nanters, page 167 Migne CCIII, col. 168.(Domini Philippi opéra omnia).

(3) D’Arbois de Jubain ville, Histoire des comtes de Champagne. III, 192 et s. — Histoire littéraire de la France, t. xiii, 553 568.

(4) Histoire littéraire,, t. XY, p. 337.

APPENDICES

grande pour qu’Etienne de Tournai sollicitât parfois Guillaume par l’entremise de ce dernier (1).

Bien que momentanément desservi près de lui, Pierre de Blois connut aussi les faveurs de Guillaume (2).

A son retour de Sicile, en 1169, Pierre de Blois avait repris ses fonctions de maître ès arts libéraux. Lui-même nous apprend (3) que Guillaume aux Blanches-Mains voulut le tirer de la « milice enseignante » pour lui donner un bénéfice mais que par suite des méfaits d’un faux ami il en fut privé.

Il se crut môme oublié de Guillaume, aussi bien lui écrivit-il pour lui rappeler ses promesses. Bien qu'ayant reçu plusieurs propositions, le canonicat qui lui avait été promis dans l’église de Chartres le tentait davantage, vu la douceur de l’air du pays natal (4).

« J’attendais que vous me fissiez la faveur que vous m'a- <( viez annoncée par Gérard la Pucelle et j’étais dans une « grande tristesse... Plusieurs grands ont tenté de m’at- « tirer à eux par leurs offres, mais votre promesse, la douce ceur de l’air natal m'ont attiré plus fortement. Je suis (( toujours séduit par l’espoir de cette prébende à Chartres « que vous m’avez promise. »

Il annonçait sa prochaine arrivée. Entre temps le chanoine G. avait travaillé contre lui. Irrité, Pierre lui adressa une lettre ironique et indignée. « Vous m’avez extorqué « deux prébendes et une prévôté, que Dieu vous pardonne. »

(1) Et. de Tournai ; Lettres CXXXVIII, p. 161. CCXLVI, page 305, ed. J. Desilve.

(2) Histoire littéraire^ XV, p. 343.

(3) Migne, Pierre de Blois, lettre LXXII. « Cum dominas Senonensis me vocasset a scholari militia et sub certa expectione tempestivi beneficii suæ familiæ ascripsisset frequenti suggestione sua propositura revocavit et sicut puplice factitastû me illuso in spem meam alium introduxit. »

(4) Migne, id. lettre CXXVIII et LXXII.

GUILLAUME AUX HLANCH ES-M AINS

L’auteur de V Alexandreide^ Gautier de Chàtillon (1 ), était secrétaire de l’archevêque de Reims. En 1176, à la mort de Henri de France, il conserva auprès de Guillaume cette situation. Pour remercier le prélat de cette faveur, il lui dédia son poème, composant les dix premiers vers de façon à former l’acrostiche du nom de Guillaume et commençant ensuite une invocation en l’honneur de son maître, il assure que la ville de Sens n’a pas moins été honorée par son pontificat qu’elle ne l’avait été jadis lorsque les Senonais partant attaquer Rome pensèrent s’en emparer si l’oiseau au plumage d’argent ne les en avait empêchés. Il n’oublie aucune des circonstances propres à llatter Guillaume, lui rappelle qu’il descend par sa mère de Guillaume-le-Conquérant (2).

Pierre Lomestor dédia également à Guillaume son « Historia Scolastica ». L’archevêque de Reims était sans doute fort lié avec lui, car en 1175 Alexandre III le chargea de concert avec Guillaume de Pavie de s’entendre au sujet de l’autorisation donnée par lui à Pierre Lomestor de percevoir un léger droit pour conférer la licence d’enseigner (3).

Quant à la correspondance d’Etienne de Tournai, elle nous est une preuve abondante de l’amitié qui unissait l’abbé de Sainte-Geneviève et l’oncle de Philippe-Auguste.

Il faut toutefois reconnaître que l’archevêque de Reims ne prodigua pas ses faveurs au célèbre Pierre Le Chantre.

(1) Ilisloire lilléraire de la France, t. XV, p. lOO.

(2) At tu, cui major genuisse Britannia reges

Gaudet avos, Senonum quo presule non minor urbi, Nupsit honor, quam cum Romam Senonensibus armis. Fregit, adepturus tarpeiam Brennius arcem.

Si non laliret vigiles argenteus anser.

Ouo tandem regimen cathedræ Remensi adepto. Duritiae nomen amisit bellica tellus. ..

(3) Histoire littéraire XIV, page 12. Lettre du Pape Alexandre III à Guillaume de Pavie, cardinal de Sainl-Chrjsogone.

APPENDICES

,Elu évêcjue de Tournai en 1190, il cassa cette élection pour vice de forme ; sur le point d’être élu en 1196 évêque de Paris, Pierre Le Chantre se vit encore évincé par le parent de l’archevêque de Reims, Eudes de Sully. Il est vrai qu’une mince compensation l’attendait, car il fut élu doyen de l’église de Reims.

Si la lettre que Guillaume lui écrivit pour le presser de venir prendre possession de cette nouvelle dignité est sincère il ne faut voir dans ses rapports avec Pierre Le Chantre qu’un concours malheureux des circonstances, car les termes de cette lettre sont des plus chaleureux :

« Nous rendons grâce à Dieu et à l’église de Reims de ce que par l’inspiration divine cette église vous a choisi comme doyen. Nous vous félicitons de la docilité avec laquelle vous avez accepté la charge qu’on vous offrait sans porter un regard indigne sur un bénéfice plus opulent qu’un esprit d’avarice aurait pu vous faire envisager. Nous agréons, nous ratifions le choix que nous aurions prévenu si vous l’aviez voulu lorsque le Chapitre, mettant le doyenné à notre disposition nous vous invitâmes une autre fois à l’accepter. Mais alors, guidé par des vues plus élevées, aspirant au but que vous avez si heureusement atteint vous étiez déterminé à répandre dans un lieu plus célèbre et dans une école plus fréquentée les lumières que vous avez reçues de Dieu »

« Venez... C’est notre intention de mettre à profit vos « conseils lors même qu’ils contrarieraient nos vues, soit « dans nos affaires particulières, soit dans celles d’un in- « térêt général, voulant partager avec vous le fardeau de « la sollicitude pastorale ».

11 termine en l’engageant à entrer dans les ordres, et à se rendre à Reims le plus rapidement possible.

Cette lettre et cette compensation ne parurent point suffisantes à Pierre Le Chantre qui, malgré tout, ne se rendit point à rappel de celui qui avait fait échouer ses espérances.

GUILLAUME AUX BLANCHES MAINS

Guillaume aux Blanches-Mains a ce trait de commun avec bien des prélats de son temps et des époques postérieures, que, placé dans les sphères élevées, il sut grouper autour de lui les hommes de valeur, et les récompenser. A la Renaissance, il eut sans doute été un des premiers à agir comme le firent les princes de cette époque et à encourager les arts et les lettres.

Noms de quelques officiers de l’archevkque de Reims.

L’archevêque de Reims, étant duc et pair, avait un sénéchal. La sénéchalerie fut héréditaire dans la maison des seigneurs de Thuisy. Guillaume de Thuisy est nommé sénéchal dans la charte de l’acquisition des dîmes de Taissi faite en 1199 par l’abbé de Saint-Remy (1).

Les noms du bouteiller, du pannetier ne nous sont pas parvenus. Nous savons seulement que Guillaume aux Blanches-Mains avait ces deux officiers dans sa maison (2).

On trouve mentionné comme vidame de l’archevêque un de ses parents, Boniface, dans un acte de 1198 par lequel Guillaume lui donne une maison claustrale à Reims (3).

Les noms de deux chambriers nous sont parvenus :

L’un Ernaud d'Orient fut pris sur la demande de l’archevêque comme franc servant par l’abbaye de Saint-Denys en 1197. Il avait dû être précédé dans l’exercice de cette charge par Renaud de Breteuil (4).

Le chapelain de l’archevêque, Jean (5), avait droit à une

(1) Marlot, liv. X, t. iii, p. 164.

(2) Varin, I, p. 414.

(3) Arch. de la Marne. Qart. B du Chapilrey folio 352, R“.

(4) L. Delisle, Cat. des actes de Philippe- Auguste., n" 45, acte de 1182.

(5) Varin, 1, p. 497.

APPENDICES

rente de cent sous. Un autre serviteur, Geoffroi Challioth (1), est mentionné dans un acte de 1193, par lequel Lambert, prieur de Beaulieu, fait savoir que, sur la demande de l’archevêque de Reims, il lui a fait une donation.

Monnaies de Guillaume aux Blanches-Mains;

Guillaume aux Blanches-Mains a frappé des monnaies comme archevêque de Reims. Il nous est parvenu des oboles et des deniers, on en trouvera la description dans Touvrage de Poey d’ Avant. Monnaies féodales de France, tome III, page 270, planche CXLI, n®® 1 et 2.

Il est inutile d’insister, pensons-nous, sur l’erreur de Duchesne, qui parle de médailles laissées par Guillaume aux Blanches-Mains, à la fin de l’article qu’il lui consacre dans son Histoire des Cardinaux français.

Notes sur les Actes de Guillaume aux Blanches-Mains.

Bien que nous n’ayons rencontré qu’un nombre d’actes originaux assez restreint dans les dépôts d’Eure-et-Loir, de l’Yonne^de la Marne, et que nous ayons eu plutôt à employer des actes conservés dans des cartulaires ou bien des copies des derniers siècles, il nous a paru intéressant de formuler les quelques observations suivantes :

H Suscription.

De l’année 1165 jusqu’au 22 décembre 1168 la suscription porte les mots : « Willelmus, Dei gratia, electus Carnotensis episcopus. »

(1) Car Lui. du Paraclet, abbé Lalore, p. 97.

336 GUILLAUME ÀUX BLANCHES-MAINS

Depuis le 22 décembre 1168 : « Willelmus, Dei gratia, Senonensis archiepiscopus. »

Dès 1169, les mots : « Apostolice sedis legatus » suivent le titre d’archevêque.

Depuis 1176, (8 août) Senonensis est remplacé par Remensis, « Remorum » est assez rarement employé.

Depuis 1179, la suscription se complique du titre de Cardinal, on lit alors :

Willelmus (Guillelmus, Willermus) « Dei gratia Remensis(ou Remorumarchiepiscopus) sancte Romane ecclesietituli Sancte Sabine cardinalis, apostolice sedis legatus. »

Le titre de légat n’est pas toujours mentionné (1).

La première ligne de l’acte est en général écrite comme le reste de la charte, sauf dans certains actes très solennels : le W. est ouvré, la première ligne en caractères hauts et grêles (2).

2® Adresse, notification .

L’adresse est des plus variables, ainsi que la formule de notification. L’adresse se termine par un salut, « in Domino salutem », ou parles mots « in perpetuum ».

Voici le tableau des principales formes :

Dilecto filio N. ou le pluriel (3).

(( Notum facimus tam presentibus quam futuris (4) ».

« Noverit universitas (5)... »

« Notum facio (6)... » Dans ce cas le mot Willelmus est précédé de Ego.

« Omnibus ad quos littere iste (7)... »

(1) Varin, p. 367, t. i®’’, acte CCLIX.

(2) Arch. (le rVorme, H. 785 (1174).

(3) Id. H. 600.

(4) Varin, t. i®q CCLXXXI, p. 413.

(5'' Varin, op. dt., t. i'*’’, p. 414. Arch. de Dioiine. H. 1405.

(6) Arch, de V Yonne, H. 658.

(7) îd. H, 608.

APPENDICES

« Omnibus tam presentibus quam futuris (1)... »

« Omnibus sancte matris ecclesie filiis (2)... »

<( Noverint universi (3):.. ')

La mention in perpetuum est habituelle, mais on ne la rencontre pas dans tous les actes.

3^^ Préambule.

Le préambule est tiré des considérations générales accoutumées, le devoir des évêques, le soin qu’ils doivent apporter à l’accomplissement de leurs fonctions, les considérations sur les services rendus par telle ou telle personne, abbaye, la dévotion de tel ou tel, sont le fondement des idées renfermées dans le préambule.

4*^ Clauses finales. ^

Annonce du sceau. Le sceau est presque toujours annoncé, quelquefois l'annonce du sceau est précédée de la mention que l’évêque a fait écrire l’acte :

Voici les principales formes :

« .... Tam presentis scripti patrocinio quam sigilli nostri auctoritate confirmamus.... » (4)

« ... In hujus testimonium presentem paginam scribi et sigilli nostri munimen precepimus apponi.... » (5)

« Quod ut ratum et inconcussum permaneat presentis scripti attestatione et sigilli nostri auctoritate permaneat (6).

« ... Sigilli nostri impressione confirmamus (7). »

(1) Id. H. 441, H. 1202, Varia, op. cit., t. i®^, p. 416.

(2) Baluze : vol. 78, folio 7.

(3) Varin, op. cit.^ t. I®^ p. 407-408.

(4) Varin, op. cit. t. i®*", p. 416, acte 287.

(5) Arch. Eure-et-Loir^ G. 2977.

(6) Id. G. 3381. Cart. Josaphat, mss. 10109, B. N'®, f® 104. Arch. de l* Yonne. H. 608.

1^7) Varin, op. cit. t. l®^ p. 419, 422. Baluze, vol. 78, fol® 7

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

« ... Ut igitur hec omnia rata peraianeant sigilli nostri impressione fecimus corroborari (1). »

Des clauses pénales accompagnent l’annonce du sceau, menaces d’anathème ou d’excommunication contre ceux qui tenteraient de violer les dispositions de l’acte.

La clause de garantie, « Salva in omnibus auctoritate episcopali, ou Salva in omnibus sedis apostolice auctoritate » est très fréquente.

5^ Date.

Le système de datation des actes de Guillaume Blanches- Mains est des plus simples.

Date de temps. On trouve rarement la date de mois» Nous en avons seulement relevé cinq ou six exemples.

Un très grand nombre d’actes ne portent aucune date.

La date de la consécration de Guillaume n’intervient qu’une seule fois (2).

Depuis l’époque où se rencontrent les noms des chanceliers on trouve très peu d’actes non datés.

La date est ainsi formulée :

Actum ou datum anno Incarnationis dominice (3), ab Incarnatione Domini, anno Verbi Incarnat! (4).

2° Date de lieu. La date de lieu n’est pas fréquente. On la rencontre surtout dans les actes donnés à Sens, à Chartres. Nous ne l’avons pas trouvée à Reims.

On la rencontre la plupart du temps dans les actes donnés en dehors du diocèse de l’archevêque. Ainsi après 1 168 on trouve dans les actes donnés pour des abbayes du diocèse de Chartres les deux formes.

Actum publice Carnotis.

Actum Carnoti in palatio pontifical!.

(1) Arch. d' Eure-et-Loir.

(2) H. 608. Arch. de V Yonne.

(3) Varin, op. cit., t. 1“% pages 408, 413, 415, 417.

(4) Id., p. 422, 423. Arch. de VYonne, H. 152, H, 153.

APPENDICES

Datum Anagnie,

Facta apud Antissiodorum in domo episcopi,

Datum apud Brienonem,

Datum apud Sanctum Satyrum.

Datum apud Albam-Marlam, in exercitu.

6*^ Chanceliers.

Nous n’avons rencontré dans les archives de TEure-et- Loir, dans celles de l’Yonne, aucun acte portant la mention d’un chancelier. Dans les actes donnés comme archevêque de Reims cette mention du chancelier est presque déréglé absolue. Toutefois Varin publie sous le n® 253, t. un acte de 1178 où cette mention n’existe pas.

A partir de l’année 1179 les actes furent donnés par :

Lambin (per manum Lambini, cancellarii nostri), jusqu’à l’année 1190 (1), et par Alexandre, chancelier (2).

En 1191, 1192, 1193, on trouve les mots : Vacante cancellaria (3).

Mathieu, chancelier de l’archevêque, apparaît dans les actes depuis 1194 (4).

Il suivait Guillaume dans ses voyages au loin, car en 1201 les actes donnés à Rome sont contresignés par lui (5).

7^* Souscripteurs.

Nous avons rencontré à Sens, à Auxerre, à Chartres des listes de souscripteurs au bas des actes. Ce sont en général ou les intéressés ou les dignitaires du Chapitre.

« Astantibus nobis personis et canonicis Senonensis ecclesie, prefato scilicet Hugone archidiacono, Hildwino

(1) Varin, op. cit. t. P*", pages 390, 395, 403, 409, 411, 412, 413, 415, 417.

(2) Arch. de la Marne (Châlons, G. 526, 47.489.

(3) Varin, op. cit. t. 1®% p. 419, 422.

(4) Varin, op. cit. t. 1®’’.

(5) Varin, op. cit. 1. 1®*’, 2® partie, p. 444, 446.

GUILLAUME AUX BLANCHES-MAINS

thesaurario, Gaufrido precentore , Guidone Vastinenci archidiacono, Hugone Stampensi archidiacono, Martino Cantore, Rogero et Jaquino presbyteris et canonicis (1) ».

Ces listes disparaissent dans les actes donnés comme archevêque de Reims.

8® Sceau.

Presque tous les sceaux ont été détruits. Il nous a été donné d’en rencontrer un nombre très restreint. Ceux que nous avons rencontrés étaient en cire jaune, appendus sur simple queue.

Au droit : Une représentation d’évêque assis, avec mitre cornue et crosse, avec les initiales S. W. S. A. autour.

Au revers : Comme contre-sceau, une intaille antique, représentant un buste de femme, avec les mots « Secretum meum michi ».

Les actes solennels sont scellés sur lacs de soie rouge et verte (2).

La reproduction du sceau de Guillaume aux Blanches- Mains, publiée en tête de cette étude, est conforme à l’original en cire jaune conservé aux Archives départementales d’Eure-et-Loir.

(1) Archives de l’Yonne. Acte de Ü76. — Id. H. 1405, 1282, 1206, etc.

(2) Arch. de l’Yonne (Bibl. de Sens). H. 25, n“ I.

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