‹ Pièces détachées (volume 2)Chapitre 6 sur 38 · PLAN · texte numérisé non relu

PLAN

de gouttes

LOUIS DE GOUTTES

de la commune de Gasville par la présence dans leur enceinte de la maison d’école et de la mairie.

Parmi les documents déposés aux archives départementales se voient deux plans détaillés de la seigneurie de Gouttes, avec le dessin de l’antique manoir et de toutes ses dépendances. L’inscription gravée au dessous : « Château de Gouttes » ne laisse aucun doute ; et nous avons tout lieu de croire le dessin exact dans ses grandes lignes ; et de même la vue agrandie du château que nous joignons à la gravure du plan général. La photographie du pigeonnier seigneurial toujours debout complète cet ensemble.

Sans doute ce château n’est pas celui qui fut édifié par les ancêtres du page ; d'après les caractères architectoniques nous l’attribuerions volontiers à Nicolas Joseph de Pâris, d’abord chanoine de Chartres, plus tard évêque d’Orléans, à la fin du XVIP siècle. Ce prélat du moins y aurait fait aménager un petit oratoire (1), pour sa jouissance personnelle quand il venait dans ce tranquille ermitage se reposer des fatigues de son ministère.

D’ailleurs tous les documents d’archives : les chartes anciennes, les aveux aux évêques de Chartres par les membres de la famille, leurs bienfaits envers l’église cathédrale et les autres établissements de bienfaisance ne permettent aucune hésitation : les membres de la famille de Gouttes ont habité certainement le castel de Gouttes, à proximité de Chartres, et ils étaient bien d’origine purement chartraine. Nous allons parcourir les principaux de ces documents.

2® La Famille de Gouttes.

Nous n’avons pas la prétention de donner ici une généalogie complète de la famille de Gouttes et de

(1) « Au bout du bâtiment, une chapelle sur poteaux de bois. » (Aveu de 1756.)

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toutes ses ramifications, les chartes primitives sont en grande partie détruites, et il ne nous en reste que des extraits trop brefs, la plupart dns aux notes de Laîné, prieur de Mondonville ; nous citerons cependant les circonstances qui accentuent le caractère chartrain de ces preux.

I. — Le représentant de la lignée est Guillaume I de Gouttes^ témoin, vers 1180, d’une donation faite aux Templiers par Roger de Marcouville (1) ; il était possesseur d’un fief près Saint-Martin-au-val, et en cette qualité approuve une vente faite aux Lépreux du Grand-Beaulieu par Yves de la Porte-Morard (2). En 1199, il se croise avec Louis comte de Blois et de Chartres (3) et, en 1204, assiste au siège de Saint-Jean d’Acre,avec Guillaume, vidame de Chartres, et Gervais de Châteauneuf. Ce dernier en 1208 donnait à son compagnon de la croisade la métairie de Langle, paroisse d’Ardelles.

IL — Gervais de Gouttes en 1227 et 1230 est qualifié de chevalier (4) ; en 1239 il se porte comme garant avec plusieurs autres seigneurs du pays: Adam de Gallardon, Simon de Gaseran, Evrard de Levesville d^un accord passé avec l’abbaye de Josaphat par Thomas de Bruyères, seigneur de Lèves, et Philippa, épouse de celui-ci (5), et en 1242 d’une vente faite au Chapitre par Jean de Lèves (0).

III. — Simon de Gouttes^ suivit saint Louis à la croisade en 1270 et était de retour en France en 1273(7). Guy,

(1) Les Templiers en Eure-et-Loir, par l’abbé Métais, p. 15. '

(2) Cartulaire du Grand Beaulieu, ch. 137.

(3) Les Croisés Chartrains, par l’abbé Métais, Société Dunoise, Vf 11, p. 204.

(4) Les Templiers, p. 119.

(5) Cartulaire de Josaphat, ch. 457.

(6) Archives départementales, G. 2900.

(7) Recueil des Historiens de France, xx, 307.

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prêtre et chanoine de Chartres en 1280 était sans doute son frère. Simon, avait son sceau armorié d’un lion à la queue fourchée, il vivait encore en 1282.

IV. — Jean I de Gouttes, écuyer en 1294, chevalier en 1302, prit part à la conquête de la Flandre et y commandait une compagnie d’écuyers. Gazon de Gouttes, écuyer, devait être son frère.

V. — En 1316, Gharles de Gouttes avoue tenir de l’évêque de Chartres son « hébergement du Plessis Trouillard, au droit de sa femme ».

VI. — Guillaume II de Gouttes, écuyer en 1329, avait épousé Marguerite qui était veuve en 1333, et en 1335 recevait un don du roi pour elle et ses enfants.

VII. — Guillaume III de Gouttes, évidemment fils du précédent, rendit le samedi après la saint André 1335, aveu au vidame de Chartres pour les rentes qui doivent être rendues à Fresnay le Gilmert (1).

Il serait le premier qui aurait habité le château de Fresnay; d’après le document cité ci-dessus, il déclare que Girard le Portier tient de lui « la ville de Couttes, toute la seigneurie, haute et basse (2) »,

Nous verrons plus loin la terre de Couttes attribuée à une fille : Anne de Couttes et passer par elle à la famille de Harville.

On peut lui attribuer comme frères et sœurs : P Jean de Couttes (1347-1350), seigneur du Plessis, près Pontgouin.

2^ Jeanne de Couttes, femme de Guy le Baveux, baron de Tillières, seigneur de Longueville, 1348.

3^ Philippa de Couttes, femme de Pierre de Linières ou de la Lande.

(1) Arch. départ., E. 489.

(2) M. de Mianville, St-Presl, chap, XV.

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VIII. — Simon de Gouttes, chevalier, est à la bataille de Poitiers en 1356. Son sceau porte un lion à la queue fourchée ; en 1357 il reçoit les gages pour sa compagnie. Il avait épousé Alix de Melun, dame de Marcheville au Perche, qui était veuve en 1359, et fait alors hommage de sa seigneurie à Tévêque de Chartres. Dans l’acte figurent Guillaume et Jean de Gouttes, ses fils, qui déjà en 1357 portaient le titre d’écuyers.

Girard et Gauvain, écuyers, 1357, sans doute ses frères, servaient contre les Anglais,

Agnès de Gouttes, sa sœur, était prieure de Notre- Dame de Wariville.

IX. — Guillaume IV de Gouttes, seigneur de Fresnay le Gilmert, fils de Simon, avait épousé Jehanne des Guets ; ils étaient décédés l’un et l’autre avant 1396, car leurs enfants Perrette, Marion et Gilette étaient confiés à la garde et tutelle de Jehanne de Gouttes, dame de Til- Hères, veuve de Geoffroy de Bercils et à Guillaume Sans avoir.

Ce Guillaume Sans avoir, seigneur de Jaudrais, avait aussi dès 1380, la garde des enfants de Jean de Gouttes, frère de Guillaume IV, ci-dessus.

Jean II de Gouttes, écuyer, armiger(l), avait pour femme Marguerite, dame du Plessis et de Neuville. « Dominus Guillelmus Sans avoir, miles, dominus de Jaudresiis, fecit hommagium ligium dicto domino Johanni episcopo Carnotensi ad causam domine Margarite uxoris domini Johannis de Cubitis, domine de Plesseyo et de Novavilla, ratione dictorum locorum et habens gardiam liberorum dicti defuncti domini Johannis de Gubitis et dicte domine Margarete, 1382, 16 augusti. » (Mss. 17033, f. 319). Celle-ci, devenue veuve avant 1382, épousa le tuteur de ses enfants. Jean avait fait

(1) Bibl. Nationale, Mss. latin 17033, f. 309.

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hommage à hévéque de Chartres pour sa seigneurie du Plessis-Trouillard et de Neufville en Drugesin, en 1374, 1376 et 1380. Il combattit ardemment les Anglais, d’abord dans la compagnie de Guy le Baveux avec Perrenet de Gouttes, et ensuite sous la bannière de Bureau de la Rivière, en 1378, à Pont-au-de-Mer.

X. — Jean III de Gouttes, l’aîné (major), que certains auteurs disent fils de Gauvain que nous avons vu plus haut en 1357, parce que ce dernier lui donna le 19 janvier la seigneurie de la Gadelière en Saint-Luperce, fit hommage à l’évêque de Chartres le 16 août 1382 pour les seigneuries de Neufville et du Plessis, qui appartenaient à Jean IL Cet acte fut fait aussi au nom de Jean de Gouttes, le jeune (minor), et de Guillaume Sans avoir:, son parent. ^

En 1395 Jean de Coûtes portait le surnom de Minguet[\) il était écuyer du duc d’Orléans, et fut nommé en 1403 premier panetier de sa maison. Dès 1398 ou 1399, il est aussi qualifié de « capitaine en son chastel de Chasteaudun », et figure comme tel dans les comptes de Colin du Chastel, receveur du Dunois (2). En 1408, il commande à^Paris une compagnie au service de la duchesse d’Orléans et le 14 octobre 1409, il reçoit la charge et dignité de chambellan de Charles d’Orléans.

Le 20 juillet 1410, Jean de Gouttes, capitaine de Châteaudun, donne quittance de ses gages, et accepte des missions confidentielles d^abord vers le connétable Charles, sire d’Albret et M. de Harecourt, puis en Normandie, auprès de la reine, du duc de Bretagne et du

(1) Minguet, simple surnom qui signifie maigre, petit. La même année un Huguel de Gouttes, escuier, échanson du duc d’Orléans, faisait en compagnie du duc << voyage es parties de Lombardie et d’Italie ».

(2) Communication de l’abbé Augis. Dans l’acte il est dit que « Monseigneur le duc d’Orléans l’a nouvellement ordonné cappittaine des chastels et ville de Châteaudun aux gages de cinquante livres tournois par an ».

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duc de Berry. Il en reçut les gages le 30 janvier 1411. Le 5 mai suivant il fit un voyage à Paris pour le service du roi, et du duc d’Orléans.

La charge de capitaine de Châteaudun, on le voit, ne l'astreignait pas à une résidence stricte dans sa bonne ville.

Le 28 avril 1416, il était nommé tuteur de Jean et de Laurent, fils mineurs de Messire Yves de Vieuxpont, seigneur de Courville : « naguères tué contre les Anglois » comme mari de l’agnate germaine des dits orphelins (1). Il avait donc épousé une femme de la famille des Vieuxponts, dont nous ne connaissons pas le nom. Mais « comme Jean de Gouttes avait été fait prisonnier par les Anglais à la prise de Harfleur, et qu’il était nécessaire qu’il allât en Angleterre ou ailleurs tenir prison (2) », il fut suppléé dans sa tutèle par les seigneurs de Bonnétable et d’Auvilliers.

C’est sans aucun doute pour payer sa rançon que Jean de Gouttes avait emprunté la somme considérable pour l’époque de 714 livres, à son parent Monseigneur de Vieuxpont, le 16 juillet 1415.

U Saichent tous que je Jehan de Gouttes dit Minguet, chambellan de Monseigneur le duc d’Orléans, congnois et confesse devoir et estre loyaulment tenu à Monseigneur de Viepont, conseiller et chambellan du roy, la somme de sept cents quatorze livres tournois lesquelx il m’a prestez à mon besoing et lesquelx je lui promect paier à sa voulonté soubz l’obligation de tous mes biens meubles et héritaiges presens et advenir. Tesmoing mon scel et seing manuel cy mis, le X VL jour de juillet, l’an mil quatre cens et quinze (3) ». g— Minguet

(1) Les agnats sont des collatéraux descendants d’une même souche par la voie masculine.

(2) Pièces Originales, 634.

(3) Archives de l'Eure, acte publié par M. Durand, Chronologie des premiers seigneurs de Courville, p. 17.

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Cette captivité de Jean de Gouttes explique pourquoi on ne rencontre aucun acte de lui de 141 1 à 1416 relatant son action directe et personnelle dans les affaires du pays. Mais il était libre en 1416, et son suzerain s’empressa de récompenser son courage et sa fidélité en le nommant au gouvernement des comtés de Blois et de Dunois, sûr d’avoir en lui un homme de haute valeur, d’une expérience consommée et d’une fidélité à toute épreuve. Il paraît en cette qualité dans un acte du 31 juillet 1416, il avait alors un lieutenant nommé Denis Estrivart (1). '

Ces hautes fonctions ne Tempêchèrent pas de guerroyer et le 19 octobre, en sa qualité de gouverneur du comte de Blois, il ordonnait « aux vassaux et arrières vassaux du comté de venir à Paris pour le service du roi, montés et armés, ou bien de garder et défendre le château de Blois (2) ».

Le roi de France lui-même avait voulu reconnaître ses mérites et l’avait nommé son chambellan, titre qu'il porte déjà en 1417.

Jean, dit Minguet « alla de vie à trespassement sans que ses neveux: Yves et Laurent de Vieuxpont, aient eu de lui compte ne reliqua de leur tutelle et curacion (3) ». Il aurait donc succombé à une mort violente, imprévue, peut-être dans un combat. Ce trépas eut lieu avant le 13 mai 1426, car à cette date « Guillaume des Prez renonce à la succession de Jehan de Gouttes » (4), sans doute comme gendre du défunt.

(1) Pièces Originales, t. 1348.

(2) Delisle ; Collection Bastard d’Estang, p. 78. Un autre acte lui donne le titre de gouverneur du château de Blois.

(3) Archives de VEure. Acte publié par M. Durand : Chronologie des premiers seigneurs de Courville, p. 19.

(4) Lainé, IV. 184.

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3“ Jean /F, Ming uct a min or » père du page.

Ce Jeaa minor » paraît souvent avec son père Jean III. En 1377 il était tout jeune encore et son père lui servait de procureur auprès de l’évêque de Chartres (1). En 1380, il rendit hommage au même prélat pour la mairie de Fresnay le Gilmert (2), qu’il avait rachetée audit évêque pour 75 francs d’or.

Deux ans plus tard, le 16 août 1382, un autre document nous le montre agissant toujours de concert avec son père: « Hommage à l’évêque de Chartres pour raison des seigneuries de Neufville et du Plessis par Jean de Couttes l’aîné, écuyer, Jean de Couttes, le jeune, son fils et Guillaume Sans-avoir, chevalier, époux de dame Marguerite, veuve de feu messire Jean II de Coûtes «de Cubitis, chevalier, sire du Plessis et de Neufville (3) ».

Il épousa en 1405, en sa qualité d’écuyer, seigneur de Fresnay de Gilmert, etc., damoiselle Catherine Le Mercier de Noviant (aujourd’hui Nouvion le Comte), fille de Jean, chevalier, sieur de Noviant le Comte et de Jeanne de Vendôme.

L’évêque de Chartres, le 27 mars 1409, autorise les deux époux à avoir un autel portatif dans la chapelle de leur manoir de Fresnay le Gilmert (4). Ils y résidaient donc habituellement, mais sans se désintéresser des luttes patriotiques contre LAnglais envahisseur. Aussi Jean accompagnait-il son père au siège de Harfleur en

(1) (( Johannes de Cubitis, senior, armiger, 1376, XI mars (V.S.) procurator Johannis de Cubitis junioris, filii sui. » (Mss. 13077. t. 315.)

(2) Marg^uerite de Vieuxpont était dame de Fresnay le Gilmert. Son mari Adam Le Brun était seig-neur de Palaiseau. Ces deux seigneuries revinrent aux descendants de Jean de Couttes.

(3) Prieur de Mondonville, II, 67.

(4) 1409, 27 mars : « Altare portatile pro Johanne de Coûtes, dicti Minguet, et domicella Katharinade Novion,ejus conjuge, incapella manerii eorum de Fresneio Gilemari » (Lainé, t. I, f. 1 v").

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1415, et dut partager sa captivité, car « un Jehan de Coûtes dit Minguet y figure parmi les douze écuyers 'servant sous messire Jehan de Bufrenil ou Enfrenel, chevalier (1) ».

Souchet (2) le nomme avec sa qualité de seigneur de Fresnay le Gilmert, et il ajoute : « la ville ayant été prise par trahison, les seigneurs qui la défendaient, contre la foi qui leur avait été donnée, furent conduits en Angleterre, d’où ils ne retournèrent qu’après avoir payé une grosse rançon. »

La captivité du père et du fils nous est ainsi certifiée d’une manière précise ; celle du père avec sa qualité de chambellan du duc d’Orléans, et celle du fils, en sa qualité de simple écuyer et de seigneur de Fresnay le Gilmert. ^

Ftait-ce pour payer sa rançon que le 2 mai 1416, Jean de Gouttes dit Minguet, seigneur de la Gadelière et de Fresnay, se résignait à faire une vente de terre (3) ?

Ce fut sans doute en récompense de sa valeur qufil fut nommé capitaine du château du Viviers, fonctions qu’il conserva jusqu’au 10 mars 1416, époque de la nomination de son successeur, « Dyonisius de Mail, scutifer ordinatus capitaneus castri de Vivario, loco Johannis de Gouttes (4) » .

Précisément, à cette même époque, Jean III, son père, jusqu’alors capitaine de Châteaudun, avait été nommé gouverneur des comtés de Blois et de Dunois.

Par une délicate attention du duc d’Orléans, le fils (Jean IV), fut désigné pour succéder à son père (Jean III) dans cette si honorable fonction, car le 12 août 1417 en sa qualité de « cappitaine du chastel de Chasteaudun » il donne quittance de « cinquante livres tournois qui

(1) Clairembault, tome 23, n° 136.

(2) Histoire de Chartres, 111, 321.

(3) Pièces Originales, Gouttes, 92.

(4) Bibl. Nationale, mss. 32263, f. 16 v“.

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deubs lui estoient à cause de son office de cappitaine pour ung an de la saint Jean Baptiste mil CCCC et seize au 24 juin 1417 (1). Il y avait donc un an et plus qu’il exerçait ce noble office. Sa nomination avait sans doute été simultanée avec celle de son père qui agissait en qualité de gouverneur de Blois Je 31 juillet 1416. Cette double promotion remonte donc bien exactement au 10 mars 1416. Nous tenions à bien établir ce point si important pour la distinction du père et du fils.

La lutte s’accentue chaque jour et notre pays chartrain est en grande partie sous la domination de l’étranger, aussi les documents se font rares.

Jean de Gouttes par suite ne paraît plus pendant plusieurs années. Fut-il encore victime de la lutte et fait de nouveau prisonnier? Etait-il présent lors du mariage de sa fille Jeanne avec Florent d’Illiers? Malheureusement l’acte de ce mariage n’existe plus et l’extrait qu’on trouve dans la collection Clairembault n’en dit rien. On cite cependant le 15 février 1424 (2) un Jean de Gouttes, mais sans note d’identification.

Toujours est-il que le 11 février 1426, son parent Simon de Gouttes, prisonnier en Angleterre, obtenait un saufconduit de Henri VI, daté de Westminster pour « aller travailler en France à sa rançon (3) ».

A cette même époque vers 1427, un « secours fut accordé par le duc d’Orléans à la femme de Minguet, ca-

(1) Comtesse A. de Villaret, 1. c. — L. Delisle. <( Les Collections de Bastard d'Estang. — M. O. de Poli « Revue des Questions" Héraldiques, n° 50, p. 116, n° 74 : » 1416, mars. « Jehan de Gouttes dit Minguet, capitaine du château du Vivier, est nommé capitaine de Châteaudun (en remplacement de son père, appelé au gouvernement des comtés de Blois et de Dunois). Ms. français 32.263, f. 16 v“. » Cet extrait ne se trouve pas à la source indiquée mais seulement le texte latin que nous avons reproduit plus haut, page 45, note 4.

(2) Mss. français. N. A. 5086, n° 1343.

(3) Lettres des rois et reines, tirées des archives de Londres, par Bréquigny , Paris, 1847, t. 2, p. 403.

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pitaine de Châteaudun (l)». Ces circonstances indiquent un état d’infortune lamentable, causée soit par la captivité du valeureux capitaine, soit par la confiscation de son patrimoine par l’ennemi.

Toutefois le 19 décembre 1426, noble homme Jean de Gouttes dit Minguet, capitaine du chastel et ville de Chasteaudun donnait quittance de cinquante livres pour ses gages de capitaine (2).

Son père avons-nous dit plus haut, venait de ^mourir, avant le 13 mai 1426, laissant vacante la charge de gouverneur du comté de Blois et de Châteaudun. Le duc d’Orléans attribua de nouveau au fils la succession de son père dans cette haute charge de gouverneur du Blésois, comme dix ans plus tôt il l’avait fait pour l’office de capitaine de Châteaudun. Bui-même eut poàr successeur dans ce dernier poste, non pas son fils, Louis, qui alors était trop jeune, mais son gendre Florent d’Illiers (3).

Ces faits sont indubitables. Car d’après Lainé, Jehan de Gouttes, dit Minguet, seigneur de Fr esnay le Gilmert[k)^ était gouverneur des comtés de Blois et Dunois le 16 juillet 1427. Le lendemain 17 juillet, Jean, bâtard d’Orléans, notifiait « le pacte intervenu entre le duc et' le roi d’Angleterre, nommant conservateurs de l’abstinence de guerre, Baoul, seigneur de Gaucourt, che-

(1) Catalogue analytique des Archives du baron de Joursanvault, Paris, 1838, n. 3206.

(2) Pièces Originales, Gouttes, 30. En cette même année 1426, la garnison de Châteaudun s était emparé de la Ferté-Bernard, ou elle fit un riche butin. Etait-elle conduite par Jean de Gouttes?

(3) (( Fleurentin ddllierslui succéda comme capitaine de Châteaudun par lettres du duc d’Orléans du 2 juillet 1428, et prit possession le 22 août suivant » (Note de l’abbé Augis). C’est en cette qualité que le valeureux capitaine vint au secours d’Orléans à la tête de 400 lances fournies.

.(4) Laine, 111,39. La qualité de seigneur de F’resnay le Gilmert ne laisse aucun doute sur la personnalité de Jean IV.

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valier et Jean de Gouttes, gouverneur des contez de Blois et de Dunois, etc. (1). »

Un autre document inédit ne laisse aucun doute sur ce point.

Epuisé par tant de combats et de fatigues, prévoyant sa mort prochaine, le brave écuyer le 22 février 1428 faisait son testament par devant « Messire Etienne de « Gousse, prêtre, chapelain, curé de l’église de Saint « Sauveur de Blois, sous la date de 1427 (N. 5. 1428) jour « de dimanche vingt deux du mois de février, dans la « maison d’habitation dudit Jean Minguet, sise dans la « sudiste paroisse de Saint Sauveur, au dessus de l’en- « clos des frères prêcheurs de Blois. Dans lequel testa- « ment sunt nommés exécuteurs vénérable père mes- « sire Philippe, abbé du monastère de Saint-Laumer de « Blois, noble homme messire Raoul de Gaucourt, sei- « gneur de Gaucourt, Jean de Rochechouart, seigneur « de Mortemart, Florentin d’Illiers, chevallier, damoi- « selle Gatherine de Noviant, épouse dudit Jean et « Pierre Jougan ; et dans ledit testament, entre autres <( choses se trouve certaine clause qui s’ensuit : « Item, « il donna à l’église de Notre-Dame de Ghartres huit <( livres tournois d’annuelle et perpétuelle rente, assi- « gnées sur la terre et les héritaiges dudit testateur sis « dans la paroisse et le territoire de Poysvilliers près <( Ghartres, pour un anniversaire pour le salut et remède « des âmes du testateur, de ses parents et amis (2). »

Il nous a été impossible de trouver le testament complet qui sans doute contenait des renseignements précieux sur le père du page Louis de Gouttes , et les membres de sa famille. Mais du moins son identité est

(1) Laine, XI, 85.

(2) Archives départ. d’Eure-et-Loir, G. 1232 et 1467. Vidimus passé le 4 novembre 1428, par Tofficial de Blois d’une clause du testament de feu noble homme Jean de Gouttes, dit Ming’uet, écuyer, « armigeri » jadis gouverneur de Blois.

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