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IV

- Hist. de la Beauce. II. 3S4. I. 75.

Jean de Mainlenon agrandit le domaine du prieuré par de nombreuses acquisitions entre 1334 et 1346.

Gaidte/- est nommé abbé de Coulombs en 1350 et meurt en 1356 (Merlet, Hisl. de Coiilumhs).

Le prieur d’Epernon de 1382 présente à l'archidiacre de Chartres pour curé de Saint-Lubin de Rambouillet, Mathieu Charnette, jeune prêtre. L’archidiacre le propose à l’évêque qui le nomme. (Archives du domaine de Bamhoiiiüel ).

Guillaume Tillon figure dans une charte du prieuré du 26 mars 1404 (bail à rente d’une place de nrioulin à Dyonval, près Saint- Piat).

' 20 septembre 1422. — Autre présentation à la cure de Saint- Lubin de Rambouillet, par Jean Gautherot, curé de Saint Jean d’Epernon, vicaire pour le spirituel du prieur de Saint-Thomas [Arch. du domaine de liamhouillet].

Guille Aymez est nommé dans une charte du 11 avril 1455, fixant le cens d’une place de moulin à Epernon.

Clément de Saint-Lonier est nommé dans un grand nombre de chartes du prieuré de 1460 à 1475.

Louis de Bourbon, fils naturel de Jean de Bourbon comte de Vendôme et seigneur d’Epernon, et de Louise Peignée, dite de ^ la Vieuville, prieur de Saint-Thomas, fut nommé évêc^ue d’Avranches le 17 septembre 1485, et mourut à Tours le 21 octobre 1510. (Saudret, Bevue nobiliaire).

Hugues de Malessel est nommé dans une transaction du 20 février 1515, avec la dame de Rambouillet, au sujet de l’hommage de Montorgueil [Arch. du domaine de Bainbouillel). Maître du collège de Marmoutier à Paris, Hugues de Malesset meurt en 1522, et est inhumé dans l’église des Carmélites de la rue Saint- Jacques. (Lebœuf, Hisl. du diocèse de Paris .

Jean Phelippeaux donne à bail, pour 59 ans, les bierrs du prieuré à Curet, en 1524.

Michel Moreau donne à long bail les terres du Bois-Dieu, paroisse d’Hermeray, de 1530 à 1543. Michel Moreau, d’après une note extraite du tabellionné de Montfort, était en 1576 maître

administrateur de l’Hôtel-Dieu de cette ville. Il loue un bien de cet établissement le 15 janvier de la même année. Notaire apostolique et chanoine de l’église de Montfort, il fut deux fois curé de sa paroisse de 1577 à 1595. Si c’est le même personnage, il a dû résigner son prieuré et devait être fort âgé en 1595,

l’hilijjpe Jliinuillpàhhé de Saint-Pierre-le-Vif-lès-Sens, conseiller du roi, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, est nommé dans un bail de 1555 et dans le iDrocès-verbal de l’hommage du prieur au seigneur de Montorgueil du 3 avril 1564.

Pendant une vacance dupriorat, le 19 octobre 1580, les frères Nicolle David, prieur claustral, Charles Letreau et Gilles Benoist, donnent à bail le clos du ^^rieuré.

Le mardi 17 juillet 1582, monseigneur de Fontenay, venant prendre possession de la ville d’Epernon pour monseigneur de la Vallette, vient visiter le prieuré Saint-Thomas.

La peste régnait alors à Epernon et la mortalité était excessive ; dans les cinq derniers mois de l’année 1581, on enterra au bourg Saint-Thomas plus de 150 pestiférés. Les habitants avaient quitté leurs maisons pour se réfugier dans des loges à la garenne du prieuré et à Vinarville.

Barthélemii Vernhier^ bachelier en théologie, prend possession du prieuré par procuration. Le curé de Saint-Nicolas a écrit sur son registre la note suivante : « Le jeudy 24 feburier 1583, fête de saint Mathias, environ dix heures du matin, j’ai pris possession du prieuray Saint-Thomas d'Espernon par procuration de M. Barthélemy Vernhier. . . en la présence de Jehan le Gentilhomme, receveur, et Germain.., fermier dudit prieuray. »

Le curé de Saint-Nicolas habitait ordinairement au-dessus du portail du prieuré ; le samedi 5 février précédent, il avait écrit : « Je suis deslogé du portai et suis allé demeurer en la grande salle près de la maison de Monseigh »

Le frère Charles Letreau meurt le 29 septembre 1587, il est enterré devant la chapelle Sainte- Anne. Le frère Gilles Benoist mourut le 26 février 1589, il avait été parrain de Magdelaine Doyneau le samedi 28 août 1582. (Beçf. de Saint-Nicolas.)

Jehanne Brequemont , chambrière des religieux , décéda « testée » le 8 février 1589. Ud.)

Armand de Baulru de Notent, prieur commendataire, donne à bail les biens du prieuré en 1639 et en 1651.

Claude de Lorme « serviteur de messieurs les Religieux, est inhumé dans la nef de l’abbaje monsieur Saint-Thomas d’Espernon » le 11 juillet 1651. {Bec/, de la paroisse Saint-Nicolas).

Claude Viclorin de Nemours est prieur titulaire en 1654, il donne à bail le revenu du prieuré le 30 décembre de cette même année.

Maihurin Brunont est nommé dans un arrêt du grand Conseil, du 15 avril 1658, statuant sur les dîmes de la paroisse de Rambouillet, et dans une lettre du roi du 27 juillet 1669 portant commission pour le premier huissier du grand Conseil d'assigner le vicaire de Prouais devant le dit Conseil.

Dom Charles de Vion, religieux de Marmoutier, prieur de Gamache, réside au prieuré Saint-Thomas en 1658.

M. Mesnager est religieux au prieuré en 1668. Il avait un serviteur du nom de Jean Bouchard.

Jacques Estienne, ancien curé d'Hermeray, chapelain du prieuré, est inhumé le 8 février 1695 dans la chapelle de la sainte Vierge de l’abbaye Saint-Thomas d'Epernon {Beg. de Saini- Nicolas)

M. de Caux est chapelain du prieuré en 1699 [Id.].

Michel Casiagnel de Tilladel, prieur de Saint-Thomas, nommé évêque de Mâcon en 1676, meurt le 6 septembre 1731 .

d/'’® Charles-Louis de Preifssac d' Esclignac, chevalier de Saint- Jean de Jérusalem, pourvu du prieuré Saint-Thomas après le décès de l’évêque de Mâcon, fit rendre par son receveur l’hommage dû au seigneur de Montorgueil pour la première fois le 14 avril 1732.

Le procès-verbal de 1745 le nomme encore comme prieur. (Arch. du domaine de Bamhouillet).

Nous ne trouvons plus aucun nom de religieux dès la fin du XVIP siècle.

Les derniers religieux du prieuré s'adonnaient généralement à la prédication et desservaient les cures qui dépendaient de leur maison.

PIKCE.S DÉTACHÉES

Les registres de Saint-Nicolas donnent les noms de quelques chapelains de Saint-Thomas au XVIIT siècle :

Mathieu Masson.

Jacques Bellanger, mort en 1708, à 72 ans, inhumé en l’église Saint-Nicolas.

François Picard, 1710.

François Milsot, en 1720.

Eloj Bellesme, décédé en 1734, âgé de 63 ans, inhumé dans la chapelle de Saint-Martin de l’église du prieuré.

Jaccjues Broust, ancien curé d’Ermenonville-la-grande, décédé en 1735, à 70 ans, et inhumé dans la chapelle de la Vierge de l’église du prieuré.

Denis Jourdain aussi chapelain, en 1735.

Roger-h rançois d’Esbée ou d’Elbée, mort âgé de 68 ans, en 1746.

Dugué, chapelain en 1749 et 1751. (Re(j. de Saint-Nicolas).

Louis Lendemare était jardinier garde-chasse du prieur en 1737, François Marie en 1746. (Id.).

Riquel de Caranian, chanoine de Notre-Dame de Paris, prieur de Tréon, prend possession du prieuré Saint-Thomas le 31 août 1752,,

11 était parent de l’ingénieur Riquet à qui l’on doit le canal du Languedoc.

M^' Pierre-Auguste Bernardin de Rosset de Fleurj, évêque de Chartres, séjourna trois jours au prieuré, lors de sa visite épiscopale à Epernon du 3 septembre 1753, il donna la confirmation dans l’église Saint-Thomas. {Reg. de Saint-Nicolas).

25 juillet 1759. — Le prieur Riquet de Caraman vend à Charles Bonnet, du prieuré Saint-Thomas, un terrain situé entre l’église prieurale et la rue du bourg. Voici la teneur de l’acte de vente que m’a communic|ué M. Bosselet, mon voisin, ce terrain étant compris dans sa propriété.

« Pardevant le principal notaire de la ville bailliage et duché prairie d’Epernon. . . M° Jean Louis de Riquet de Caraman, conseiller du roi en ses Conseils, Maître des Requêtes honoraire, chanoine de l’Eglise de Paris y demeurant cloître Notre-Dame, commendataire du prieuré royal Saint-Thomas d’Epernon, seigneur du Prieuré, Prouais, Raizeux, Hermeray en partie et autres lieux, étant ce jour en sa maison prieurale audit prieuré.

lequel a pgr ces présentes vendu et délaissé à titre de nouveaux cens... à Charles Bonnet souhaton demeurant aud. lieu du prieuré.. ., un morceau de terre en non valeur contenant six perches un pied faisant plusieurs angles et demi-cercles ... . situé aud. lieu du prieuré proche l'église, tenant d’un côté au levant la maison... du preneur... d'autre côté au couchant le cimetière occupé par la paroisse Saint Pierre d'Epernon, d'un bout au midi l'église et clocher de Saint Thomas nommée l'église prieurale et d'autre bout au nord la grande rue ou chemin de Chartres à Paris. . Ce bail à nouveaux cens fait aux charges par le preneur. . . de faire faire incessamment un mur de clôture à hauteur convenable qui régnera tout le long du cimetière dont jouissent les fabriciens de Saint-Pierre d'Epernon à prendre depuis lad. rue jusques et joignant l'encoignure de latourdud.

clocher et l’église de Saint-Nicolas Et outre moyennant la

somme de quinze sols de cens annuel et perpétuel. . . . payable le jour de Saint-Rémy... chaque année en la recette ordinaire dud. seigneur prieur... Eait et passé en la maison prieurale en présence de s'' Louis Corbière m"* aubergiste et de Henry Ledier, huissier châtelain au bailliage d’Epernon... l’an mil sept cent cinquante-neuf le vingt-cinq juillet après midi .. »

« 27 janvier J763. — Lettre de M. Petit, procureur fiscal du bailliage de Rambouillet sur les réparations de l'église de Rambouillet. P

Le prieur d’Epernon, patron de la cure, gros décimateur de droit, ne fait aucune difficulté de contribuer à une réparation importante de la toiture de l’église.

Le procureur fiscal avait basé sa demande sur les présentations à la cure de Rambouillet faites par le prieur de Saint- Thomas en 1365, 1375, 1382, 1419, 1422, 1477, 1520 et 1522‘.

13 juin 1775. — Jean-Louis Riquet de Caraman, prieur d’Epernon, etc., fait à Paris un bail avec Marie-Louise Beauveron veuve de François Massard.

3 août 1779. — Le parlement ordonne l’estimation des terres en friche comprises dans ce bail.

1" septembre. — Le lieutenant général de Montfort désigne

Archives du domaine de Rambouillet. Note de M le comte de Dion.

comme expert, Pierre Besnard, laboureur, demeurant à la Mandreuse, près Gazeran.

Il septembre. — Celui-ci se transporte sur la pièce de 30 arpens, et estime que lorsqu’elle était en friche, elle ne valait que dix sols de cens au plus par arpent.

13 septembre. — Contrôlé à Montfort. Reçu 14 livres. 18 livres sont données à l’expert'.

L abbé de Caraman fit refondre la troisième cloche de l’église du prieuré. Le curé Gelede, de Saint-Nicolas, a écrit ce qui suit sur son registre :

» L’an 1758 et le trente du mois de mars, la troisième cloche du prieuré Saint-Thomas lès Epernon ayant esté refondue aux frais et dépens et à la diligence de messire Jean Louis de Riquet de Caraman conseiller du roy maître des requestes honoraire de l’hotel de sa majesté chanoine de Paris et prieur commendataire de ce prieuré d’Epernon elle a esté bénite dans ladite église Saint-Thomas d'Epernon pur messire Antoine Couët chanoine de Paris et elle a esté nommée par messire Jacques Antoine de Ricouart d’Herouville chanoine de l’église de Paris abbé commendataire de l’abbaye royale de Saint-Serge d’Angers et par Mademoiselle du Caron de Tailmeny Jacques Jeanne en présence de moy curé sousigné avec lesdits sieurs et ladite demoiselle. »

Ont signé ; « Riquet de Caraman, Couët, de Ricouart d’Herouville, du Caron de Tailmeny, Gelede curé. »

C’est surtout sous l’abbé de Caraman que le prieuré prit l’aspect d’un château seigneurial. Il était habité par un personnel nombreux.

Le concierge intendant était Jean Rhaut de Lépine, procureur fiscal ; sa femme, Marguerite Barthélemy de Saint-Hilaire. Il y avait les jardiniers Salerne et Michel Demorne, le maître d’hôtel Evrard Baudoin, les cuisiniers et aides de cuisine, Jean Guérin, Nicolas Gagneret, Pierre Bunel, Louis Foi'tié, le cocher Martin^ les gardes-chasses Hiérôme Pasquier, Baptiste Chevet, François Fournier, Pierre Légat, Jean-François Fortin, Mathieu Belmonce.

François Sellier, Marie Heurtey, iVnne Vigna étaient domestiques du château.

' Greffe du bailliage de Montlort, id.

Nicole Pichot, domestique du concierge.

Marie Laplanche, domestique du jardinier.

Jean Üiihaiilier, chanoine de Notre-Dame de Paris, dernier prieur commendataire de Saint-Thomas d'Epernon, prit possession du prieuré le 8 décembre 1783. L’abbé Duhautier était originaire du Limousin, il laissa, dit l’abbé Valle, dernier curé de Saint-Jean, la réputation d’un homme très charitable.

On le qualifiait ainsi dans les actes civils ; « puissant seigneur messire Jean Duhautier, vicaire général de Rennes en Bretagne, chanoine de l’église métropolitaine de Paris et prieur commendataire et seigneur spirituel et temporel du prieuré royal Saint Thomas d’Espernon demeurant ordinairement en son hostel à Paris cloistre Notre Dame. »

En 1784, l’abbé Duhautier fut parrain par représentation, du fils de Jean Donné, son maître jardinier, Jean-Charles Melotté était alors garçon jardinier, ■ — Nicolas Vassard et Pierre Dantan, gardes-chasses au château prieural.

En 1788, eut lieu le baptême d’une nouvelle cloche à l’église Saint-Thomas :

« L’an 1788, le 16“ jour de janvier a été benite par moi curé soussigné la plus petite cloche de l’église Saint Thomas, le parrein a été messire Jean Duauthier, prêtre, chanoine de l’église de Paris, p vicaire general de reines prieur commendataire du prieuré royal de Saint-Thomas et Seigneur du dit lieu la marreine Eleonore Eugénie Dusausois vicomtesse Duauthier lesquels ont été représentés par maître Josephe Christophe de la rue, procureur fiscal dudit lieu, et par Margueritte Barthelemi de Saint Hilaire femme du dit de la rue qui lui ont donné le nom de Eleonore Eugénie lesquels ont signé avec nous le présent acte. »

<( De la rue, de Saint-Hilaire, Decaure curé. »

Le 11 décembre 1791, Antoine-Nicolas Duhautier, ancien garde du roi, meurt au prieuré âgé de 92 ans.

xT la Révolution, Jean Duhautier, dernier prieur, avait assuré aux pauvres d’Epernon la rente des 26 setiers de blé méteil qui étaient l’aumône ordinaire du prieuré chaque année. Cette rente existait encore en 1808. En 1817, une opposition fut formée par

les communes de Raizeux et d'Hermeray, qui firent revivre des prétentions comme censiteurs, réclamant chacune un tiers de la rente. Cette constatation fut portée au Conseil d’Etat, nous ne savons ce cju’il en advint. Dans tous les cas, la rente n’existe plus en nature.

XII. — L' ANCIEN PRIEURÉ — Lorsque l’Assemblée Nationale prononça la suppression des ordres religieux, les propriétés du prieuré Saint-Thomas furent mises en vente.

Le 14 janvier 1791, M'““ veuve Sorin de Bonne acheta la maison abbatiale, l’église Saint-Thomas et la garenne de l’autre coté de la route, pour 28000 livres.

M. Boulanger, aubergiste de la paroisse Saint-Nicolas, se rendit accpiéreur de six arpents de pré moyennant 12000 livres.

D’autres biens furent encore vendus le même jour, il resta les terres d’Hermeray, plusieurs bois et les fermes des paroisses d’Ormoy, de Prouais et de Gazeran.

Le prieuré d’Epernon valait 14000 livres de rente au prieur, la chasse, très giboyeuse, pouvait être évaluée avec la maison à deux mille livres par an.

Pendant la période révolutionnaire, alors que l’exaltation des esprits vouait à la destruction tout ce qui pouvait rappeler l’ancien régime, les terriers du prieuré Saint-Thomas furent détruits. Voici le procès-verbal qui constate cette destruction : « Le sixième jour de la première décade du second mois de l'an second de la République », (on n’employait pas encore les noms expressifs et harmonieux de Fabre d’Eglantine) les Officiers Municipaux, le Conseil Général, le Procureur de la Commune et le Comité des subsistances du canton d’Epernon, assistent sur l’invitation de la Société Révolutionnaire d’Epernon, dite des amis de la Constitution, à la célébration de la fête organisée en l’honneur des représentants du peuple Lepelletier et Marat « morts de mains parricides de scélérats et scélérates esclaves des despotes et ennemis du peuple ». Sur la proposition du citoyen maire, ou décida de jeter au feu les terriers de la ci-devant seigneurie du prieuré Saint-Thomas, déposés la veille à la maison commune par le citoyen ,lean Gibot, ci-devant feudiste, demeurant à Faverolles. « Les citoyens Cadou et Delaisement, désignés pour enlever les dits terriers de la maison commune, les jetèrent au

bûcher où ils furent réduits en cendres en présence d’une nombreuse assemblée de citoyens de tout sexe et de tout âge. « (27 octobre 1793).

Sorin de Bonne habita le prieuré et y mourut fort âgée en 1823.

M. Roger, parent de Sorin, qui fut président de l'administration municipale du canton d’Epernon, puis maire, en était devenu propriétaire. Il y mourut en 1809.

Le prieuré fut acheté en 1827 par M. Guibal, négociant, originaire de Castres, qui l’a habité fort longtemps.

Ce qui restait alors de l’ancien monastère comprenait environ six hectares. De vastes bâtiments aux murs épais renfermaient de grandes salles à plafonds élevés, ils étaient séparés par plusieurs cours qu'un portique ouvert faisait communiquer entre elles. ^

Les ruines superbes et presc[ue entières des deux églises, surtout de celles de Saint-Thomas, de magnifiques avenues de platanes et de tilleuls, les ombrages séculaires du parc, les jardins, la prairie, la rivière, la pièce d'eau, son île, en faisaient une résidence très agréable.

M. Guibal possédait un ancien plan aujourd'hui disparu de la propriété telle qu’elle existait du temps des moines. Sauf les églises qui avaient été converties par lui en magasins à laines p et à fourrages, la disposition générale du prieuré était peu modifiée, le tracé même des allées avait été conservé.

A la mort de M. Guibal, en 1864, les églises et une partie des bâtiments furent démolis, les beaux arbres du parc et des avenues abattus, il ne resta debout cju’une partie de la maison abbatiale, les deux pavillons de l'entrée et les tilleuls du saut de loup.

Il ne serait plus possible aujourd’hui de se rendre compte de l’emplacement des diverses dépendances du prieuré, du cloître, du parloir, du réfectoire. Des communs occupent actuellement une partie du sol de l’église Saint-Thomas, la chapelle du prieur^ détruite, dépend d’une propriété voisine. Le cimetière des moines deva'it se trouver devant l’église prieurale, au midi, à en juger par les ossements trouvés en cet endroit. De l’église

Saint-Nicolas, il ne reste qu’un pignon formant façade et le mur du bas côté où l’on aperçoit encore quelques peintures à fresque sans valeur. A l’intérieur, poussent des arbres et du gazon à l’extérieur, l’ancien cimetière du bourg et celui de la paroisse Saint-Pierre, sur lesquels des constructions ont été édifiées, sont devenus ma propriété.

M. W Klein, architecte à Paris, s’est rendu dernièrement acquéreur du prieuré et a commencé des travaux de restauration.

La façade de l’église Saint-Nicolas est soutenue par deux contreforts et traversée par une corniche en damier. Au-dessus de la porte, reconstruite dans ces dernières années avec des matériaux provenant de l’église Saint-Thomas, s’ouvre une belle fenêtre.

Nous terminerons notre étude en citant la description qu’en a faite M. le comte de Dion :

(' Elle a l'"?!) de large sur 4™25 de haut, et est accompagnée de deux minces colonnettes de six pouces de diamètre surmontées de chapiteaux allongés qui portent les extrémités de la corniche formant l’imposte de la fenêtre. L’archivolte large, mais d’une faible saillie, est ornée d’un rang de chevrons surmontés chacun d’une fleur à quatre pétales, et au-dessus de deux rangs de da miers reproduisant le dessin de la corniche. L’ensemble est élégant, malgré le peu de relief de la sculpture. On peut citer comme présentant dans leurs façades une fenêtre de cette importance et de ce caractère, la Basse-œuvre de Beauvais, la cathédrale du Mans et quelques anciennes églises du Poitou. »

Fpernon, 29 aoùl 1897.

Emile Ledru.

ELOGES HISTORIQUES DES HOMMES ILLUSTRES DE LA PROVINCE DU THYMERAIS PAR Dreux nu Radier

Seconde Partie.

Fragment du manuscrit original inédit publié pour la première fois avec une notice et des notes

par le commandeur LIenry Le Court

membre du conseil kèraUrupie de France.

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