II. MoDI l'ICA’noN.S l 1,'nÎKIKl KliS
1“ ^\cc(ird.s pour Ir.s lioiioruircs <les luctises.
« Le jour Saincl-Michel l(iî)I), le.s frère.s de la eonfrairie étant assemljlé.s en ]:>ré.sence de monsieur le euré. sont convenus de I ny payer ]Dar chaeu n an la somme de seize livres, })our leur dire la messe chaque seniaine |)our la dite confrairie, de laquelle somme M. le curé s'esl cojitenté à cause des mau\'ais temps, leur remettant de sa grâce la somme de \ li^'res (ju'il ]:>ourroit exiger des tlicts l'rères pour l’ordinaire, qu'il promet de dire à leur décharge, et ce pour satisfaire la dévajtion desdits confrères et ]:>our entretenir ladite confrairie ; et de tout ce (|ue dessus ledict sieur curé et les dicts frères sont demeurés d’accord, et partie d eux ont signé avec le dict sieur curé. »
Signé ; (iombert J. h'r., i^ye, Philippe, curé de Senonches, etc. Loi. 81, v".
« Le .jour et an que dessus [8 octobre 1 /02I, tous les coid'raires de la confrairie de sainct Michel charge M. le curé de célébrer autant rie mes.ses que de contraires auvants, à l’intention de chaque frère qrn décèdei'a dans le cours de l’année, à commejicer de jour pour ceux qui décéderont » Loi. 8b. v".
('.oudiliouH de dispense de voi/iuje.
Dimanche” octobre 1159.
« ... Pour ne pas priver ceux qui par état ne peuvent faire ledict vovage d’entrer en iadicte contrairie, et en même tems ])our remédier aux abus rpu résultent de la
SI
part de ceux; qu'on envoyoit audict mont Sai nct-lVlicliel , il a esté statué et arresté par nous soussignez, par le présent nouveau règlement, qui a été agréé d’une x'oix unanime, que l’on admettra à ladite confrairie, en exemption de faire le vojmge, tous vieillards et infirmes, et tous autres qui raisons valables ne pouront faire par euxmème le voyage du bienheureuxSaincl-Michel, au mojnm et parceque ils feront : 1” une neufaine devant l’autel Sainct-Michel de cette église, où ils viendront pendant neuf jours dire devant ledict autel cinq pater et cinc[ ave, et toutes autres prières selon leur dévotion et pour leur tenir lieu dudit voyage. En second lieu donneront trente sols pour leur inscription, et la somme de six livres pour la décoration dud. autel, au mojmn de quoy ils auront les mêmes prérogatives et avantages que les frères qui auroient fait led. voyage, en observant les susdictes ordonnances, quand bien même ils viendroient à décéder dans l’année de leur réception.
Les six livres, par chacun des frères qui ne feront [)oint le vmyage, seront mises aux mains deM. le curé, qui sera obligé d’en faire l’employ au profit dudit autel, d’accord avec les roj^s de l’année c[ui seront chargez d'en rendre compte verbalement à leurs confrères... •
Signé : T.e Cerf, etc. |fol. 32, 2" etv°].
3°. Il ne faut pas supjtrlmer le dîner
V Du tlimanche 15*^ jour d'octolu'e 1775.
Nouvelles ordonnances pour la coiilîrérye de Saint- Michel, pour l’année prochaine 1776, et qui sera suivye à lad. réunion :
Premièrement : Les deux frères, qui prendront le )>aton pour faire le dîner l’aniK'e suivante, seront obligés de
rii-.CKS DKTAI MÉKS
prendre jour avec M. le curé dudit Heu, le Jour cju'il fera lafeste à l’église de Saint-Michel, et d’inviter la confrérye quinze jours auparavant qu’il fera le dîner, et en cas de nianque à faire le diner le jour de la l’este à l’église, les deux dits frères seront obligés de j)ayer chacqun trente livres au deux frères qui seront }:>our faire le dîner l’année suivante, enfin que ces deux frères le fassent l’année présente et l’année suivante, enfin d’avoir soixante livres des frères c^ui manqueront à faire de dîner, et les vingt sols par frère qui payeront au diner, et sera au surplus continues les anciens estatue mansionnée sv sus.
Fait et aresté par nous frère de laditte confrérye, à cause de la manc|ue du diner à faire depuis deux ans ; ce c|ue nous avons singné et fait nos marques, et ceux c|ui ne sçave pas singner et tout les nouveaux entrant en la ditte confîrérye seront obligés de singné.
Signé : André Odienne, Louis Mer3q Gilles Blottiers. Charles Page, Michel, Louis RaAV'r, Jean Bellanger ; onze ont fait leurs croix ou marques [fol . dh. r” et A'^j.
LES (NSCRIPTIONS DE i/ANCIENNE
CHAPELLli DE BOULLAY D’ACHÈRES
1“ Inscription i>r i.a i amii.i.r Dooun
La belle inscription, dont nous donnons la reproduction exacte, est gravée sur une plaque en cuivre jaune de 0 79 sur 0 36 de largeur.
Elle a été recueillie, il y a déjà bon nombre d'années par M. Tellot, le riche et intelligent collectionneur de Dreux, c|ui l’offrit l’année dernière à son jeune et ardent émule, M. Georges Champagne.
Ni l’un ni l’autre ne connaissaient son origine ni sa provenance ; seul le nom de Godet des Marais, évêque de Chartres, autorisait à l’attribuer à une chapelle du diocèse.
Le nom de Dodun était connu. Précisément, le 25 jcinvier 1894, M'’'*' François Lagrange, l’évêcpie si regretté de Chartres, bénissait l’alliance d’une des plus nobles familles de Dreux avec un membre de la famille Dodun, par le mariage de Charles de Coynart, fils de Arsène de Coynart et de Clara Petit de la Fosse avec M"® Blanche Dodun de Keroman, fille du comte Henri Dodun de Keroman et de Marie T>e T.asseur.
iJès lors, la rlifficulté était bien près d’être résolue. Les armoiries gravées en tête de la j^laque : I/azur à la fasce d'or charyre d'un lion issanf de gueules, acconijtagnée de trois grenades figées d'or, fruitées et ouvertes de gueules, deux en chef et une en [ointe, étaient bien exactement celles des Dodun ; il n’y avait plus de doute. Restait à découvrir la chapelle où avait été j^lacée cette inscription.
La Chesnaic des Bois, dans son Dictionnaire de la Noblesse, avait inséré un article qui nous mit sur la voie', en nous faisant savoir C|u'il avait été seigneur de Boullay d’Acbères ; les archives départementales d'Eure-et-Loire , série E, titres des familles, numéros 85 et 86, nous ont permis d’éviter toute erreur.
Nous y avons en effet trouvé sous ce titre ; (( Inscriptions qui se trouvaient dans l’ancienne chapelle du
1 Üodim (Charles-Gaspard) marquis dRerbault en Blésois, fils de Charles-Gaspard Dodun, seigneur du Boullay d'Aclières, des Chaises, conseiller honoraire du Parlement de Paris, mort le 24 janvier 1716, et d'Anne-Marie Gajardon, morte le 22 avril 1682, né le 7 juillet 1679, conseiller au Parlement de Paris à la 4® chambre des enquêtes, le 4 janvier 1702, président à la même Chambre le 7 janvier 1710. Il fut nommé, en juin 1720, à l’intendance de Bordeaux qu’il n’accepta point, maitre des l'equètes ordinaire de l'iiôtel du roi en juin 1721 avec des lettres de comptabilité pour sa charge de président, et nommé, en décembre 1721, un des commissaires des hnances. Le roi, ayant créé, le 22 mars 1722, quatre nouvelles charges d intendant des hnances, il en fut pourvu d une, mais le 21 avril 1722 il fut déclaré contrôleur général des hnances et prêta serment le 22 pour cette charge. Il exerça juseju au 10 juin 1726, jour où il donna sa démission II obtint par lettres patentes de mars 1720 l’érection en marquisat de sa terre de Herbault qu il avait acquise en 1711. Il avait prêté serment de hdélité pour la charge de grand trésorier des ordres du roi, le 26 mars 1724, et pour la lieuteimnce générale de l'Orléanais et pays Blésois, le
10 septembre 1724, et moui ut le 25 juin 1706 à Paris, sans postérité.
11 avait fait par testament légataire universel N. Gayardon de Lésignem conseiller au Parlement de Paris, son cousin-germain, hls de Jean-Baptistc-Jacq ues Gayardon, seigneur de Betz et de Lesignem, intendaiu de commerce. 11 avait épousé, le 10 juillet 1700, .Marie-Anne Sachot, née le 24 juillet 1680, hile unique d'Etienne Sachot, avocat au Parlement de Paris et de Marie-Yalentin Crespin du Vivier.
HOC SACELLUM A STEPH. LETONNELLIER ÆDIFICARI INCHOATUM ANNO DNI MDLXXXIV ET A FRANCISCO STEPHANI FILIO ANNO DNI MDCXVI ABSOLUTUM VETUSTATE ET POSTERORUM INCURIA COLLAPSUM. CAROLUS GASPARDUS DODUN IN SUPREMA PARLAMENTI PARISIENSIS CURIA SENATOR ITA RESTAURARI CURAVIT ANNO MDCXC UT ET IULUD DEINCEPS QUOTIDIA- NA MISSARUM CEUEBRATIONE DE- CO R A VE RIT, ET ANNO MDCCVII MENSE MAIO IPSE PAUUUS GODET DES MARAIS ILLUST. CARNOTENSIUM EPISCOPUS, QUINDECIM ET AMPUI- US DIERUM SPATIO IBIDEM FACE- RE N E C N O N C O N F I R M A T I O N I S SACRAMEMTUM AD MINIS 7'R ARE NON DEBITA VER IT.
- so
lîoiillay, » la copie* et la (lescri|)tion de* notre inscription reproduite ci-contre, et d'n ne seconde cpie nous donnerons plus loin.
Voici la description donnée dans ce dossier des archives: elle est absolument exacte à l'orioinal de M. Champagne.
« En haut de cette inscription, gravée pareillement sur line grande pièce de cuivre jaune, se voyent les armes de M. Dodun seules, deux lyo.ns pour suport. com'onne de comte.
« Etau bas sous une pareille couronne, deux écussons joints ou acolés par deux branches d’olivier, à droite les armes de M. Dodun et à gauche de M"'^ de Gay^ardon. épouse dudit seigneur, conseiller au Parlement de Paris. »
A^oici la traduction de l'inscription :
« T^a construction de cette chapelle fut commencée par " Etienne Le Tonnelier l'an du seigneur 158i, et achevée « ])ar François, fils d’Etienne, l'an du seigneur 1615 ; l’in- <( curie des successeurs l’aj^ant laissé tomber de vétusté, « Charles Gaspard Dodun, sénateur dans la cour suprême « du Parlement de Paris, eut soin delà restaurer en 1690, « et y fit dire chacune jour la messe ; de plus, l’an 1707, « au mois de mai, Paul Godet des Marais, illustre évêc^ue <( de Chartres, daigna y célébrer pendant quinze jours et « plus, et même vouliit bien y administrer le sacrement « de confirmation. »
La famille Dodun posséda de 1688 à 1736, le château du Boullay d’Achères, paroisse des Chaises, aujourd’hui de Clévilliers, arrondissement et canton de Chartres.
Le château avait sa chapelle et même son chapelain en titre. Maître Michel Pépin, prestre, chapelain de M. Dodun. âgé d’environ 70 ans, fut inhumé le 13 avril 1714*.
* Archives d’Eure-ct-Loir. inveiil, série 111. p. <SS.
La famille Dudun était déjà connue dans le pays, car nous trouvons demoiselle Françoise Dodun, épouse de noble homme Jean Nègre, conseiller du roi et receveur des tailles à Chartres. Elle était Inenfaisante et aimée, et ne dédaignait |)as de tenir sur les fonds baptismaux les enfants des plus pauvres : le 2 novembre 1655, elle est marraine d’une fille d’André Vallet, de Barjouville ; le 25 mars 1656, tl’une lille de Denys Baudouyn, d’illiers ; le 14 novembre 1656, de Jacques Leloup, à Gallardon, le 3 mars 1660 de Jacques-Charles Métet, fils de Thomas Métet, laboureur àNogentle Phaye.
Comment les Dodun devinrent-ils châtelains du Boullay, et maîtres de toute la seigneurie ? C’est ce que nous apprend la pièce suivante.
A la suite de quelles infortunes, Etienne le Tonnelier vit-il son bien familial saisi et confisqué en faveur de Gaspard Dodun ? ce sera sans doute toujours un mystère. Dodun dut recourir au roy pour entrer en possession. Voici l’acte royal qui le rendit seigneur indiscuté du Boullay.
K Louis, parla grâce de Dieuroy de France et de Navarre, à nostre bailly de Chartres, ou son lieutenant, salut : de la partie de nostre bien amé et féal conseiller et secrétaire, maison, couronne de France et de nos finances, honoraire, Gaspard Dodun, nous a fait renionstrer qu’il s’est rendu adjudicataire, par décret des requestes de nostre palais à Paris, du vingt février mil six cent quatrevingt-huit, de la terre et seigneurie du Boullay d’ Aschères et des fiefs Blin, des Chaizes, la Couture, le Vidame, la Sescheresse, la Mairie, Fadainville, le grand et petit Bondeau, et autres liefs saisis réel Icinent et adjugez
sur Kstienne Le lonnelier, clievalier, seigneur de
C()nt3^ et d’iceu.v pris paisible possession et jouissance, niais comme ledit decret a este forcé, les antiens propriétaires, leurs receveurs et fermiers ont diverty la plus grande partie des titres, [papiers, terriers de receptes et autres enseignements des droit/, de j ustice haute, mo}''enne et basse, cens, rentes et autres beaux et grands droit/ féodaux et seigneuries c[ui en dépendent, par le mo3^en de quoy l’exposant a tout sujet de’ craindre la perte de la plus part d’iceux par la mauvaise foy d’aucuns détenteurs et redevables, s’il ny estoit promptement pourveu, en faisant procéder à un nouveau terrier, reconnaissance, déclaration et adveu d’jceux droi/, ce quil ne peut faire sans notre autorité et nos lettres sur ce necessaires, qu’il nous a très humblement fait supplier luy octroyer. A ces causes, voulant favorablement traitter l’exposant, en considération de ses services, le maintenir et conserver en ses droit/, nous vous mandons et enjoignons par ces présentes que sa requete vous fassiez scavoir tant par publications es prosnes des grandes messes, cry publicq et par affiches es lieux accoustuinez des dites terres et seigneuries à tous vassaux, détempteurs amphiteotes et autres des héritages sujets auxdits droit/, que par davant un ou deux nottaires qui seront par le présent nommez et par \ ous commis, ils aj^ent, dans le temps qui leur sera prefix, à faire les foy et hommages, d’en bailler par écrit ad\eu, dénombrement et fidelle déclaration des noms, contenances, tenans et aboutissans, redevances et charges, tant en fief que roture des lieux qu’ils possèdent redevables desdits droit/, raporter titre nouvel en vertu desquels ils en jouissent, se purger par serment sur la vérité d’iceux adveu, dénombrement et déclaration, pour les arrérages deubs et escheux. A ce faire voulions
les détenteurs estre eontraintz par les voies accoustumées, et en cas de refus, opposition ou delay, notre main suffizamment garnie quant aux choses tenues noblement, voulions lesdites parties estre par lesdits notaires appelées ou assignées par devant vous ou autres juges c|ui en devront conoistre. Et ou ledit exposant voudroit maintenir lesdits adveu, dénombrement et déclaration n’estre véritables, vous, aux despens de cj^ui il apartiendra, faites arpenter et mesurer lesdits lieux, partie présente ou deuement appelée, faites planter bornes et limittes es endroitz necessaires. Peimiettons en outre audit exposant s’aproprier toutes et chascunes les terres, prez, vignes et autres héritages vacans en toute l’estendue des dites terres et fief, dont ne luy aparoistra aucun detempteur, et icelles faire cultiver, sy bon luy semble, pendant trois années, durant lesquelles tous légitimés possesseurs pouront les reclamer, en payant les frais desdites cultures, et après icelles en demeurer plain possesseur et propriétaire. Et de tout faire par ledit nottaire registre et papier terrier, dans lequel pouront estre par luy transcrit les déclarations de tous et chascunes les autres fiefs, maisons et terres, prez, vignes, bois et autres héritages à luy appartenant et possédez es susdits lieux, pour le tout délivré aud. exposant luy servir et valloir ainsy cj^ue de raison. Mandons au premier notre huissier ou sergent faire pour l'execucion des présentes tous commandements, assignations et autres exploitz requis et necessaires sans demander autre permission . Car tel estnostre plaisir. Donné a Paris, le dix-huit jour du mois de janvier l’an de grâce mil six cent quatre-vingt et dix et de nostre règne le quarante septième.
Par le Conseil, Dalmas, [avec paraphe].
(Sceau en cire blanc sur rjueuc simple).
PliXES DETACHEES
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Cliaiies Gaspard Dodun était désormais maître incontesté de la seigneni'ie du tîoullaj^ et pou vait prendre les titres sLii vants : escuyer, ailleurs chevalier, conseiller et secrétaire du ro\% maison et couronne de Fi'ance et de ses finances, seigneur du Goullay d’Aschères, des fiefs Belin et leVidame et des Chaises, de la haute, mojamne et basse justice destlits lieux, seigneur de la mairie dudit l^oullayctdu fief entier de la Couture, scis au Tremblay, de Landouville et Fadainville en ])artie.
Il fait aussitôt entreprendre la restauration de la chapelle « restaurari curavit. MDCXC », dit rinscri])tion, et du château I ui-mème. 11 dresse avec un soin méticuleux l’état des principales dépenses : 33 livres pour les armoiries de famille peintes dans le vestibule, tibO pour la réfection du pont du jardin, 195 pour le pont de l'Epine.
11 note les espèces d’arbres tju’il ajjlantées : " j ny planté dansma vigne 4 pêchers de Royal, b de Magdelaine, 4 de Xarbonne, 4 de lVlignonne,2 de Nivette et 2 d' Admirable ; un])ommierde pommes d'or et un prunier de prunes Dauphines, qui se mangent en août (pioiquc vertes. »
11 s’intéresse aux réparations de l'église ])aroissiale des Chaises, qui s'élèvent à 445 livres, en 1708; et lui donne généreusement « un parement, chasuble, etc ; le ban que j'ai fait faire dans l’église des Chaises m'a coûté 218 livres, I2s()us. »
En 1702, il est parrain d'une cloche, paroisse de Puiseux, avec Anne-Marie Dubois, femme d’Eustache Rotrou, conseiller du roAg président, lieutenant civil et criminel de Di'eux.
Nous avons peu de détails sur son séjour au Boulla3q il y était en 1890 signant un contrat. L’inscription nous révèle ses relations avec M«'' Godet des Marais qui voulut l>ien séjourner dans son château pendant quatorze jours et
V donner la confirmation. Cette intimité avec un grand esprit est tout en faveur de M. Dodun. C’est à la suite de cet honneur qu’il fit apposer dans la chapelle la belle inscription que nous avons reproduite.
Dodun avait épousé Anne-Marie de Gaj^ai'don de Lesignen, dont les armes : D'azur au saufoir enr/rêlé d'argent figurent à côté des siennes. Tl mourut le 24 janvier 1716', laissant le Boullay à son fils Charles Gaspard.
Celui-ci vint à de rares intervalles au Boullay, et comme en passant. Les archives d’Eure-et-Loir conservent de lui une liasse de lettres dont quelques-unes assez curieuses pour la vie d'un gentilhomme en province. 11 affectionnait surtout le château d’Herbaulthc{u’il
' Dans son hôtel, rue Yaugirard. 11 avait habité successivement rue d’Anjou, paroisse Saint-Jean en Grève, 1690, rue Cloche-Percée, paroisse Saint-Paul, 1691, rue d’Anjou, paroisse Saint-André des Arts, 1699, et rue Yaugirard, paroisse Saint-Sulpice, 1705.
- Archives de Loir-et-Cher, deux liasses de titres de Messire Charles Gaspard Dodun, marquis d’Herbault, Série E. n" 95 et 36. Une rue de la ville de Chàteaudun porte encore aujourd’hui son nom, en reconnaissance de ses bons offices après le grand incendie de 1723. 1^'abbé Bordas {Histoire du Dunnis, I, 368> le proclame hautement ; « La cour ne tarda pas à être informée du détail de l'incendie presque général de Chàteaudun..., tous les ministres se prêtèrent avec zèle à obtenir les arrêts les plus favorables au rétablissement de cette ville... Celui de M. Dodun contrôleur général des Finances fut remai'qué, et c'est par gratitude que le bureau do la ville a fait donner son nom à une des nouvelles rues ».
Tl fut aussi le bienfaiteur d'Herbault, d’après un article de M. Babouin paru au moment où nous mettions sous presse : [Bulletin de ta Société (rArchéoto;/ie du Vendnmois, 1S95). Nousb' lisons, p. 18S à 190 : « M. Dodun fut pendant une vingtaine d’années, seigneur d’Herbault, il transforma complètement le pa}^s, non seulement par l’argent qu’il répandit, mais encore par l’établissement du grenier à sel, l’augmentation du marché et l’embellissement du bourg... Il acquit les seigneuries de f^andes, Yilliers, Pra}% etc... 11 construisit le château d'Herbault en 1723 et 1721, sur les plans d'Hardouin fils de l’architecte du dôme des Invalides et du palais de Yersailles. (Après sa mort ce château passa â ia famille de Rancougère, 11 décembre 1742)... Les habitants d'Herbault doivent â M. Dodun l’importance et la prospérité de leur pays.
avclit acquis on 171 J et c[ue le roi, par ses lettres patentes (le mars 1723, avait éri^t' en sa faveur en marquisat.
La Chesna3^e-des-Bois donne tous les détails biogra- |)hiques de ce dernier ; il mourut le 25 juin 1736, sans postérité de sa femme Marie-Anne Sachot', née le 24janvier 1683 fille de Etienne Sachol et de Marie-Valentine Crespin du Vivier.
Il laissa ses biens en héritage par testament à la famille Ga^'ardon de Lesignen ; mais, dès 1730 ou 1731, il se défit de la terre du Boni lay- qui passa aux mains de la famille de Montigny. Le château du Boullay avait-il été négligé, nous le pensons pas, puisque Dodun 3^ vint à plusieurs reprises en 1728 et 1729 ? Fut-il la proie d’un incendie ou de quelque autre catastrophe ? Toujours est-il que Charles Bernard de Montigii3q le nouveau seigneur des Chaises et du Boullay, dût le faire reconstruire à neuf et faire ménager daTis Lune des salles une chapelle que Mgr Rosset de Fleury autorisa en 1749, d’après la pièce suivante :
« Pierre-Augustin-Bernardin de Rosset de Fleur3q par la grâce de Dieu et autorité du Saint-Siège apostolique,
c'est aussi à iui qu’est due, grâce à l’alignement qu’il donna, la place vaste et régulière située au centre du bourg et sur laquelle viennent aboutir les rues droites et larges ; aussi les habitants conservent avec soin le souvenir du bienfaiteur».
‘ « M"‘® Dodun, m’ayant fait présent de 20 escus pour employer à notre église, ils ont servi à changer notre calice contre celu}" que M. de Montigny avait destiné pour sa chapelle du château du Boulay ; ce que ledit seigneur a fait noblement, notre dit calice avec les dits escus ne valant pas le calice qu’il nous a échangé ; il peze 17 onces et 6 gros de pur argent. » 4 avril 1732. Bigot, curé des Ghaizes. Sa sœur Marie-Antoinette Sachot avait épousé Jean-Baptiste Ga}^ardon de Lesignen (Arch. de Loir-etCher, E. 35.
- Le curé des Chaises apprenant sa mort, la note dans ses registres en ces termes ; « Dodun, cy (/ero/h seigneur du Boullay et des Chaises, est décédé à Paris, les 24 juin 1736. Bequiescat in pace. »
evêque de Chartres, premier aumônier de la reine, etc. à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut, scavoir faisons que, vù la recjuête à nous présentée par M''" Charles-Bernard de Montigny, seigneur du Boullay d’Achères, paroisse de Clevillicrs le Moutier en notre diocèse, par laquelle il nous a remontré qu’il a voit fait construire depuis peu une nouvelle chapelle dans son château du Boulhw d'Achères, pourquoi requerroit qu'il nous plust lui accorder notre permission d’3^ faire célébrer la sainte messe' et commettre quelc^u’un pour en faire la bénédiction, vù le procès-verbal de visite de ladite chapelle faite le quatre du présent mois par Jean de la Haye, prêtre curé de Clévilliers le Moutier à ce commis, par lequel il est constaté que ladite chapelle est située dans un lieu décent et éloigné de tout usage profane, construite très proprement et pourvue de calice, linges, et ornements nécessaires pour la célébration de la sainte messe, nous commettons ledit sieur de la Ha^^e pour faire la bénédiction de ladite chapelle dans la forme prescrite par le rituel de notre diocèse, de lacjuelle bénédiction sera dressé procès-verbal pour être envoyé en notre secrétariat, après C£uoi nous permettons par ces présentes de faire dire et célébrer en ladite chapelle du château d u Boullay^ d’Achères la sainte messe par tous les prêtres séculiers ou réguliers, non suspens et interdits, approuvés de nous ou de l’un de nos vicaires généraux, a condition cj^u’on n’y célébrera aucun autre office divin c{ue la messe à voix basse, qu’on n’y bénira point le pain et l’eau, que la messe n’y sera point célébrée à l’heure de la messe paroissiale, ny aux jours et fêtes de Pascj[ues, la Pentecoste, la Toussaint et Noël et fête du saint patron de l’église paroissiale de Clévilliers, si ce n’est qu’il 3^ eust des malades hors d’état d’aller à la messe paroissiale, et
aussy qu aux jours (le lûtes et dimanehes auxquels la messe sera célc^'hrée dans ladite ciiapelle, il n’y assistera aucune personne du dehors qui n’aura cause Ic^gitime de s’absenter de l’office de la paroisse, et que ledit sieur llernard do Montigny envoiera quelqu’un de sa maison a la messe paroissiale dudit Cléviller pour entendre les prônes et instructions et avertir les autres des choses c[ui 3^ auront ét(i annoncées, et que notre présente permission ne pourra aucunement nuire ny préjudicier aux droits dudit curé Clévilliers. Donné à Chartres le six septembre mil sept cent cpinrante neuf.
f P. A. B. Ev. (le Chartres l^ar Monseigneur VINTAUT.
2) — Inscription delà famille Le Tonnelier.
Les archives déparmentales d’Eure-et-Loir contiennent encore la copie et la description d’une seconde plaque, probablement de la même forme que celle des Dodun. f,a voici :
HUC SACE1,LUM A STEPHANO LE TONNELIER PATRE SUO , DOMINO DE CONTI , RRETEUIL , DU ROULAY D’A- (’HÈRES ET DU MATZ, CHAMRELLAN IN SUPREMO -REGIS CONSILIO SENATORE INTEGERRIMO ÆDIFICARI INCŒP- TUM, ANNO DOMINI MILESIMO OUINGENTESIMO OCTUA- GESIMO QUARTO, SUIS SUMPTIBUS PEREICI CURAYTI’ ERANCISCUS LE TONNELIER IDEM DOMINUS DE CONTY. DU ROULAY D’ACHÉRES ET DU MA'l'Z, CHAMBELLAN
' Le 23 may 1731, M. de la Bastrie, vicaire général, avait permis de faire la chapelle dans un pavillon du château (Lettre à M. deMontigny).
IN SUPREMO PARITER REGIS CONSILIO SENATOR, l’AM UT VOTA A PATRE NUNCUPATA PRO SALUTE ANIMÆ NOBILIS VIRI STEPHANI LE TONNELIER, AVI SUI, EX ILLUSTRI ET ANTIQUA RELGICÆ PROVINCIÆ FAMILIA ORIUNDI, EXSOLVERET, OUAM ÜT SUMMÆ: MATRIS ET CONJUGIS PIETATT GRATARETUR.
Traduction :
« Cette chapelle fut commencée par Etienne le Tonnelier seigneur de Conti, de Breteuil, du Boulay d'Achères et du Matz, chambellan et sénateur très intègre du conseil suprême du roi. l’an 1584; elle fut achevée parles soins et aux frais de son hls le Tonnelier, également seigneur de Conty, du Boulay d’Achères et du Matz, chambellan et aussi sénateur dans le suprême conseil du roi, soit pour accomplir les promesses faites par son père pour le salul de rêime de noble homme Etienne Le Tonnelier, son aïeul, issu d’une illustre et antique famille originaire de hi province de Belgique, soit en hommage de la grande piété
de sa mère et de son épouse. »
€ En haut de cette inscription gravée sur une grande
lame de cuivre jaune, on voit deux écussons séparés et gravés, dont celui qui est âi droite est des armes de M. Le Tonnelier seules ; au lieu de couronne, un casque de côté. Le second écusson est my parti des Le Tonnelier et des Briconnet avec une cordelière autour. Ce sont les armes de la veuve d’un Etienne Le Tonnelier, car François vraisemblablement a fait mettre ses armes au bas, et elles .sont des Tonnelier seuls. »
Cette inscription, placée en 161b, était antérieure à celle des Dodun, et lui servit évidemment de modèle et de pendant.
Le dessin devait en être à peu près semblable; il suffira donc (le rappeler les pièces des armoiries ci-dessus mentionnées.
Le Nobiliaire universel de Saint-Allais donne les armes de Etienne Le Tonnelier, sei<;'neur du T3oullay d'Achères du Mas et deConti : D'azur à l’epervier d'or étendu, loiujé, e! (/rilleflé de même.
Il civait épousé, en troisièmes noces, Marie Briçonnet. fille de Jean Briçonnet, seigneur de Glatigny : D’azur, à la bande componéc d’or el de (jueules de 5 pièees, chargée sur le coinpon de gueules d’une éloile d’or, accompagnée d’une au/re étoile de même en chef ».
Cil. Mutais.