LE SIEUR DENIS RIVERIN
Jacques René de Brisay, &c., et Jean Bochaet, &c.
Ayant fait entendre a Charlotte La Combe, vefve d'Antoine Caddé, demeurante a Quebec, que nous desirions, conformément aux intentions du roy, quelle fit valoir et habiter la Rivière de la Magdelaine estant au dessous des Monts Notre Dame du costé du sud, laquelle se descharge dans le fleuve St. Laurens, ensemble demye lieue au dessus et demye lieue au-dessous de la dite rivière, le long du dit fleuve avec deux lieues de profondeur, le tout accordé et concédé au dit deffunt Caddé par Messieurs le comte de Frontenac et Du Chesneau, gouverneur et intendant du dit pays, suivant les titres de concession des trente et trente-uniesme iTiay mil six cent soixante et dix neuf, sans avoir commencé de faire aucun establissement dans la dite rivière ny sur le dit terrain conceddé, pourquoy nous luy aurions tesmoigné que suivant les ordres et pouvoirs que nous avions de Sa Majesté nous allions réunir la dite rivière et terres concédées au dit Caddé, au domaine de Sa Majesté, pour l'accorder à une autre personne qui voudroit y faire quelques establissemens pour le bien et augmentation de la colonie, sur quoy la dite vefve nous ayant déclaré l'impuissance ou elle estoit de se servir de la dite concession et dy faire quelque establissement, elle auroit, par acte de ce jourdhuy, renoncé a la possession d'icelle, et en conséquence nous l'avons reuny et reunissons au domaine de Sa Majesté, sans que la dite Caddé ny héritiers de son mary y puissent jamais prétendre aucune chose de mesme que si le tout navoit pas esté concédé ; et sestant présenté le sieur Denis Pwiverin, marchant à Québec, ayant commencé a faire faire les pesches sédentaires dans le dit fleuve St. Laurens, lequel nous a requis de luy vouloir concéder et accorder la dite rivière La Magdelaine avec la mesme quantité de terre qui avoit esté concédée au dit Caddé, pour faire dans les dits lieux des establissements de pesches
chasse et autres tels quil le poura pour le bien et au^^inentation de !a colonie ; Nous, coiil"oniîé-> ment au pouvoir qui nous a esté donné par le roy, avons au dit sieur Riverin donné, concédé et accordé, donnons, accordons et concédons par ces présentes la dite rivière de la Magdelaine estant au dessous des ÙMonts Nostre Dame du costé du sud, ensemble demye lieue au dessus et demye liene au dessous de la dite rivière le long du fleuve St. Laurens, avec deux lieues de proffondeur, pour en joiiir par luy et ses ayans cause en propriété, a toujours, a titre de fief et seigneurie, avec droit de chasse et de pesche dans Testendue des ditz lieux ; a la charge de rendre la foy et hommage ^jue luy et ses ayans cause seront tenus de porter au chasteau St. Louis de Québec, duquel il relèvera aux droits et redevances accoutumez, suivant la Coutumo de Paris qui sera suivie par provision jusques a ce quil en soit ordonné par Sa IVJajestc ; tiendra ou fera tenir feu et lieu sur la dite concession, conservera et fera conserver les bois de chesne qui sy trouveront propres pour la construction des vaisseaux ; donnera advis au roy ou au gouverneur du pays des mines, minières et minéraux qui sy pourront trouver ; et y laissera et fera tenir les chfemins et passages nécessaires j le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu de prendre la confirmation des présentes dans trois ans.
En tesmoins de quoy nous avons signé ces dites présentes, a icelles fait aposer les cachets de nos armes, et contresigner par l'un de nos secrétaires.
Fait a Québec, le vingt huitiesme mars mil six cent quatre vingt neuf.
(Signé) J. Pv. DE BRIS A Y,
M. de Denonvillc.
BœiIART CHAMPTGNY.
Par Messeigneurs,
(Signé) FREDIN.