LE SIEUR MATHIEU MARTIN
Jacques René de Brisay, &c., et
Jean Bochart, &c.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :
Sçavoir faisons que sur la réquisition a nous faite par le sieur Mathieu Martin d'une des plus anciennes familles de l'Acadie y estant le premier né, a ce quil nous plust luy vouloir accorder une terre quil a nommée St. Mathieu dite Ouecobeguy, fort propre pour sy establir et de contenir plusieurs habitans, scituée à l'Acadie ; Nous, en vertu du pouvoir a nous donné par Sa Majesté, avons au dit sieur Mathieu de St. Martin accordé et concédé, accordons et concédons par ces présentes, à perpétuité, le dit lieu apellé Ouecobeguy, quil a nommé St. Mathieu, qui comprend tout ce- fond du Bassin des Mines avec deux lieues de profondeur de chaque costé dans les terres, à commencer vis a vis l'embouchure de la rivière
de Cliicabenacady du costé du sud sud est, traversant à o\iest nord ouest, avec droit de traitte 1 avec les sauvages, de chasse et de pesche dans la dite estendûe, pour par luy, ses hoirs et ayans cause en jouir à titre de fief, seigneurie et justice à toujours, a la charge d'habiter et cultiver la dite terre et la faiie habiter par des tenanciers, de rendre la foy et hommage au chasteau St. Louis de Québec et de payer les droits ordinaires à chaque mutation, le tout i suivant la Coutume de Paris ; de conserver et faire conserver par ses dits tenanciers les bois de chesne qui se trouveront dans toute lestendiie de la dite concession propres pour la cons- 1 truction des vaisseaux ; et de donner avis a Sa Majesté ou au gouverneur du pays des mines, minières et minéraux si aucuns sy trouvent, de faire insérer pareilles conditions dans les concessions qu'il luy sera perm > d'accorder sur la dite terre; de commencer dans trois ans de ce jour à travailler pour l'habiter, a peine d'estre decheu de la possession d'icelle, et de prendre la ratification des présentes de Sa Majesté dans le dit temps, a peine destre j decheu de la dite terre.
En tesmoin de quoy nous avons signé ces présentes, à icelles fait aposer les cachets de j nos armes, et fait contresigner par l'un de nos secrétaires.
Fait à Québec, le vingt huitiesme mars mil six cent quatre vingt neuf.
(Signé) J. R. DE BRISAY
De Denonville.
BOCHART CHAMPIGNY
Par Messeigneurs,
(Signé) FREDIN.
a pierre jacques de joibert seigr. de soulange.
Hector Chevalier de Calliere, &c.
François de Beauharnois, &c.
Sur la réquisition à nous faitte par Pierre Jacques de Joibert chevalier seigneur de Soulange et autres lieux, capitaine d'une compagnie du détachement de la marine en ce pais, de vouloir luy accorder une concession de la moitié d'une langue de terre scituée au lieu dit les Cascades, contenant quatre lieues de terre de front sur une lieue et demye de profondeur au plus large de la dite langue de terre et une demye lieue au plus étroit ; à commencer a la pointe des dites Cascades en montant, joignant la dite terre celle accordée à Monsieur de Vaudreuil gouverneur de Montréal, avec l'isle ditte des Cascades et les autres isles, islets et batures adjacentes, pour pouvoir par le dit sieur de Soulange y faire un établissement et y placer des habitans, et en jouir par lui ses hoirs et ayans cause en propriété a toujours a titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, avec droit de chasse, pesche et traite avec les sauvages dans toute l'estendue de la dite concession ; Nous, en conséquence du pouvoir a nous conjointement donné par Sa Majesté avons donné, accordé et concédé, donnons, accordons et concédons par ces présentes au dit sieur de Soulange
la dite terre en la manière quelle est cy dessus designée pour en jouir par luy, ses hoirs avenir et ayant cause, en propriété a toujours a titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, avec droit de chasse, pesche et traitte avec les sauvages dans toute l'etendae de la dite concession, a la reserve de six arpents du terrain qui conviendra le mieux pour construire un fort pour le service du roy, lequel terrain poura estre pris par Monsieur le gouverneur gênerai, sans que dit Sr. de Soulange puisse prétendre aucun dédommagement aussi bien que les bois pour la construction du fort et chauffage de la garnison, a la charge de rendre la foy et hommage au château St. Louis de Québec duquel il relèvera aux droits et redevances accoutumés suivant la Coutume de Paris suivie en ce pais ; de conserver et faire conserver par ses tenanciers les bois de chesne propres pour la construction des vaisseaux de Sa Majesté, de donner avis au roy ou aux gouverneurs et intendant de ce païs, des mines, minières ou minéraux, si aucuns se trouvent dans la dite étendue ; d'y tenir feu et lieu et le faire tenir par ses tenanciers, de déserter et faire déserter la dite terre incessaraent et enfin de laisser les chemins et passages nécessaires pour l'utilité publique, le tout s ous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu de prendre confirmation des présentes dans un an.
En foy de quoy nous les avons signées, à icelles fait apposer les sceaux de nos armes et contresigner par nos secrétaires.
Donné a Québec le vingt trois octobre mil sept cent deux.
(Signé) LE CHAVALIER DE CALLIERE et
BEAUHARNOIS
Et plus bas, Par Monseigneur,
HAUTEVILLE
Par Monseigneur,
TREHART.