LE SIEUR VINCENT DE ST. CASTIN
Jacques René de Brisay, &c., et
Jean Bochaet, &c.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :
Sçavoir faisons que sur la requeste à nous présentée par le sieur Vincent de St. Castin a ce qu'il nous plust luy vouloir accorder en titre de fief et seigneurie en haute moyenne justice, deux lieues de front a prendre en terres non concédées le long de la rivière St. Jean, joignant les terres de Jemesec a sa discrétion sur pareille profondeur de deux lieues ; Nous, en vertu du pouvoir a nous conjointement donné par Sa Majesté, avons au dit Sr. de St. Castin donné, accoidé et concédé, donnons, accordons et concédons par ses présentes les dites deux lieues de front a prendre en terres non concédées le long de la rivière St. Jean joignant les terres de Jemesec a sa discrétion sur pareille proftondeur de deux lieues, pour en jouir par luy ses hoirs et ayans cause à l'ad venir, en titre de fief, seigneurie et justice haute moyenne et basse, a la charge de la foy et hommage au chasteau St. Louis de Québec duquel il relèvera aux droits et redevances accoustumez suivant la Coutume de la prevosté et vicomté de Paris, et que les apeilations du juge resortiront au siège ordinaire de l'Acadie ; comme aussy il tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions quil leur accordera, et que faute de ce faire il rentrera de plein droit en possession d'icelles, et conservera et fera conserver par ses dits tenanciers les bois de chesne qui se trouverront propres pour la construction des vaisjjeaux dans la dite estendùe de terre, qu'il
donnera incessamment avis au roy et à nous des mines, minières et minéraux si aucuns 8« trouvent ; laissera et fera laisser tous chemins et passages nécessaires, le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté de laquelle il sera tenu prendre la confirmation des présentes dans et ce à condition quil fera deffricher et habiter la dite terre et la garnir de bestiaux et baslimens dans à compter du jour et datte de la confirmation, si
non la présente concession sera nulle et de nul effet.
En tesmoin de quoy nous avons signé la présente, à icelle fait aposer les cachets de nos armes et contresigner par le secrétaire de nous intendant.
Donné à Montréal le quatorziesme octobre mil six cent quatre vingt neuf.
(Signé) J. RENÉ DE BRISAY,
M. de Denonville.
BOCHART CHAMPIGNY
Par Messeigneurs,
(Signé) FREDIN.
LE SIEUR FRS. GENAPLE DE BELFONDS.
Louis de Buade comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant gênerai pour le roy en toute la France Septentrionnalle,
Jean Bochart, chevalier seigneur de Champigny, Noroy et Verneuil, conseiller du rojr en ses conseils, intendant de justice, police et finances au dit pays ;
A tous ceux qui les présentes lettres verront, salut :
Sçavoir faisons que sur la requeste à nous présentée par François Genaple sieur de Belfond, notaire, royal a Québec et commis de Mr. le grand voyer de ce pays, à ce quil nous plut luy vouloir accorder en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, une espace de terre scituée a la Rivière St. Jean pays de l'Acadie, entre Medoktek et Nacchouak qui joint à la terre de Gemezek, scavoir le lieu appellé les Longues- Veiies, commençant à la rivière appellée en nom sauvage SkStcopskek jusqu'au lieu et rivière apellée NerkoiSiquek, sur deux lieues de profondeur dans les dites terres, d'un costé et d'autre de la dite Rivière St. Jean, ensemble les isles et islets qui sont dans la dite espace, nous en vertu du pouvoir à nous conjointement donné par Sa Majesté, et pour donner moyen au dit Belfonds d'établir ses enfans qui sont au nombre de sept et en considération des services que luy et ses dits enfans ont rendus en ce pays dans la guerre contre l'Iroquois, avons au dit sieur Belfonds donné, accordé et concédé, donnons accordons et concédons par ces présentes la dite espace de terre, scituée a la Pûviere St. Jean pays de l'Acadie entre Medoktek et Nacchouak qui joint à la terre de Gemezek, scavoir le lieu appellé les Longues- Veiies commençant a la rivière apellée en nom sauvage SkStcopskek, jusques au lieu et rivière apellée ISerkoiSiquek sur deux lieues de profondeur dans les dites terres, d'un costé
et d'autre la dite Rivière St. Jean ; ensemble les isîes et islets qui sont dans la dite espace. Pour en jouir par luy ses hoirs et ayans cause à l'avenir en plaine propriété, à perpétuité en titre de fief, seicrneurie, haute, moyenne et basse justice, droits de pesche, chasse et traitte avec les sauvages en toute l'estendue des dites terres, à la charge de la foy et hommage que le dit sieur de Belfonds, ses dits hoirs et ayans cause seront tenus de porter au chasteau St. Louis de Québec, duquel il relèvera, aux droits et redevances accoutumés et au désir de la Coutume de la prevosté et vicomté de Paris qui sera suivie pour cet égard par provision et en attendant quil en soit autrement ordonné par Sa Majesté ; comme aussy qu'il tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions quil leur accordera, et a faute de ce faire quil rentrera de plein droit en possession d'icelles ; et conservera, le dit sieur de Belfonds et fera conserver par eux les bois de chesne qui se trouveront propres pour la construction des vaisseaux dans l'etendiic du dit lieu, et quil donnera incessament avis au roy ou a nous des mines, minières ou minéraux sy aucuns sy trouvent, et laissera et fera laisser tous chemins et passages nécessaires, le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté de la quelle il sera tenu de prendre la confirmation des présentes dans un an.
En témoin de (juoy nous avons signé ces présentes, à icelles fait aposer les sceaux de nos armes et contresigner par nos secrétaires.
Donné à Québec ce vingt cinquiesme febvrier mil six cent quatrevingt dix.
(Signé) FRONTENAC.
BOCHART ClIAxMPlGNY.