LES RÉVÉRDS. PÈRES JÉSUITES
Louis, par la Grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :
Nos très chers et bien aiméz les religieux de la Compagnie de Jésus, résidans en notre pays de la Nouvelle-France, nous ont très humblement fait remontrer que les terres de la Prairie de la Magdelaine qui leur ont été cy-devant concédées, étant trop humides pour estre ensemencées et pourvoir à la subsistance des Iroquois qui y sont establis, il seroit à craindre qu'ils ne se retirassent, s'il ne nous plaisoit leur accorder la terre nommée le Sault, contenant deux lieues de pays de front à commencer à une pointe qui est vis-à-vis les rapides St. Louis» en montant le long du lac, sur pareille profondeur, avec deux isles, islets et batures qui se trouvent audevant, et joignant aux terres de la dite Prairie de la Magdelaine, ce qui leur donneroit lieu, non seulement de retirer les dits Iroquois, mais même d'en augmenter le nombre, et d'estendre par ce moyen les lumières de la foy et de l'évangile ; à ces causes, désirant contribuer à la conversion et instruction des dits Iroquois, et traiter favorablemnnt les dits exposants, nous leur avons fait et faisons don, par ces présentes, signées de notre main, de la dite terre nommée le Sault, contenant deux lieues de pays de front à commencer à une pointe qui est vis-à-vis les rapides St. Louis, en montant le long du lac, sur pareille profondeur, avec deux isles et islets et batures qui se trouvent au-devant, et joignant aux terres de la dite Prairie de la Magdelaine, à la charge que la dite terre nommée le Sault nous appartiendra toute défrichée, lorsque les dits Iroquois l'abbandonneront.
Permettons à tous ceux qui voudront porter aux dits Iroquois des bagues, couteaux et autres menues merceries et choses semblables, de le faire ; faisons très expresses inhibitions et defîenses aux François qui s'habitueront parmy les dits Iroquois et autres nations sauvages, qui s'estabîiront sur la d. terre nommée le Sault, d'avoir et tenir aucuns bestiaux, et à toutes personnes d'establir aucun cabaret dans le bourg des dits Iroquois qui sera basty dans la dite terre.
Si donnons en mandement à nos aiméz et féaux gens tenant notre conseil souverain à Québec, et à tous autres nos officiers justiciers qu'il appartiendra, que ces présentes nos lettres de don et de concassion ils ayent à faire lire et enrégistrer et du contenu en icelles faire jouir et user les dits exposants, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements qui pourroient leur être donnez au contraire, car tel est notre plaisir.
En témoin de quoy nous avons fait mettre notre scel à ces dites présentes.
Donné à Fontainebleau, le vingt-neuvième jour de may, l'an de grâce mil-six-cent-quatrevingt, et de notre règne le trente-huitième.
(Signé) LOUIS.
Par le roy,