LE SR. BIZARD, CURÉ DE CHATEAU RICHER
Jacques Duchesneau, chevalier, conseiller du roy en ses conseils, intendant de la justice, police et finances en la France-Septentrionalle.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :
Sçavoir faisons que sur la requête à nous présentée par le sieur Bizard, major de Montréal, tendante à ce qu'il nous plust luy vouloir accorder en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, une isle appellée l'Isle Bonnavanture, qui est entre celle de Montréal et l'Isle-Jésus, contenant environ trois lieues de tour, ensemble les isles et islets adjacents vis-à-vis et au bas de la dite isle, Nous, en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, conjointement avec Monsr. le comte de Frontenac, conseiller du roy en ses conseils, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en ce pays, et en considération des bons et louables services que le dit Sr. Bizard a rendus à sa dite Majesté, et de l'aiîection avec laquelle il se porte pour continuer à luy en rendre en toutes sortes de rencontres, avons au dit Sr. Bizard, donné, accordé et concédé, donnons, accordons et concédons par ces présentes la dite Isle de Bonnavanture, ensemble les isles et islets adjacents vis-à-vis et au bas de la dite isle, pour jouir par luy, ses hoirs et ayants cause à l'avenir, en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, à la charge de la foy et hommage que le dit Sr. Bizard, ses d. hoirs et ayans causes, seront tenus de porter au château St. Louis de Québec, duquel il relèvera aux droits et redevances accoutumées et au désir de la coutume de Paris qui sera suivie à cet égard, par provision et en attendant qu'il en soit autrement ordonné par Sa Majesté, et que les appellations du juge qui pourra estre estably au dit lieu, ressortiront pardevant le lieutenant-général des Trois-Rivières, en attendant qu'il en soit étably un plus proche à la dite Isle de Bonnavanture ; comme aussy, qu'd tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions qu'il leur accordera, et à faute de ce faire qu'il rentrera de plein droit en possession de la dite terre, et conservera le dit Sr. Bizard, et fera conserver par ses tenanciers les bois de chesnes qui se trouveront propres pour la construction des vaisseaux dans l'estendue de la dite isle ; et qu'il donnera iocessament avis au roy ou à nous des mines, minières ou minéraux, si aucuns s'y trouvent; et y laissera et fera tenir tous passages et chemins nécessaires ; le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu de prendre la confirmation des présentes dans un an.
En témoin de quoy nous avons signé ces présentes, à icelles fait apposer le sceau de nos armes, et contresigner par notre secrétaire.
Donné à Québec le vingt-cinquième octobre mil-six-cent-soixante-et-dix-huit.
(Signé) DUCHESNEAU.
Par Monseigueur,
RIVEIIIN.
Louis de JBuade, comte de Frontenac, conseiller du roy en ses conseils, gouverneur et lieutenant-général pour Sa Majesté en Canada.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, saîut :
Sçavoir faisons que sur la requête à nous présentée par le Sr. Bizard, major de Montréal, tendant à ce qu'il nous plust luy vouloir accorder en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, une isle appelîée l'Isle Bonnavanture, qui est entre celle de Montréal et risle-Jesus, contenant environ trois lieues de tour, ensemble les isles et islets adjacents, vis-à-vis et au bas de la dice isle. Nous, en vertn du pouvoir à nous donnéjpar Sa Majesté, conjointement avec Mr. Duchesneau, conseiller du roy en ses conseils et intendant en ce pays, et en considération dès boas et louables services que le dit Sr. Bizard a rendus à sa dite Majesté, près de notre personne en qualité de lieutenant de nos gardes, et de l'affection avec laquelle il se porte pour continuer à luy rendre en toute sorte de rencontres, avons, au dit Sr. Bizard, donné, accordé ft concédé^ donnons, accordons et concédons par ces présentes ladite Isle de Bonnaventure, ensemble les isles et islets adjacents, vis-à-vis et au bas de la dite isle, pour jouir, par luy, ses hoirs et ayans cause à l'avenir, en titre de fief, seigneurie, haute, moyenne et basse justice, à la charge de la foy et hommage que le dit Sr. Bizard, ses dits hoirs et ayans cause, seront tenus de porter au château St. Louis de Québec, duquel il relèvera, aux droits et redevances accoutumées et au désir de la coutume de Paris qui sera suivie à cet égard, par provision et en attendant qu'il en soit autrement ordonné par Sa Majesté, et que les appellations du juge qui pourra estre estably au dit lieu ressortiront pardevant le lieutenant-général des Trois-Uivières, en attendant qu'il en soit estably un plus proche de la dite Isle de Bonnavanture ; comme aussy, qu'il tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions qu'il leur accordera ; et à faute de ce faire, qu'il rentrera de plein droit en possession de la dite terre, et conservera et fera conserver, le dit Sr. Bizard, par ses tenanciers les bois de chesnes qui se trouveront propres pour la construction des vaisseaux dans l'estendue de la dite isle, et qu'il donnera incessament avis au roy ou à nous des mines, minières ou minéraux, si aucun s'y trouvent, et y laissera et fera laisser tous passages et chemins nécessaires ; le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu de prendre la confirmation des présentes dans uni an.
En témoin de quoy nous avons si^ô ces présentes, à iceiles fait apposer le sceau de nos armes, et fait contresigner par l'un de nos secrétaires.
Donné à Québec ce vingt-quatrième octobre mil-six-cent-soixante-dix-lmit.
((Signé) DE FRONTENAC,
Par Monseigneur,
LECIIASSEUR, J. BIZAllD, Pfêtre, Curé, Avec paraphe.
(Signé) BEGON.
Titre cfun Fief d'une demye lieue, à ^irendre un quart de lieue au-deasus de la rivière dite la Magdelaine et un quart de lieue au-dessous.