DURAND
Jean de Lauzon, &c.
A tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut :
Sçavoir faisons que sur l'avis qui nous a été donné que la commune cy-devant accordée aux habitans de Québec et des environs, étoit d'une estendue trop vaste, en laquelle les habitans ne faisoient aucun travaille, ainsi elle demeuroit inculte et inutile, en tous cas il resteroit toujours une assez grande quantité de terre endeçà de la ligne des sauvages, et après que nous aurions accordé au sieur Bourdon et au sieur de St. Sauveur la prolongation des concessions qu'ils ont au lieu de St. François, en la coste Ste. Geneviefve, jusqu'à la Rivière St. Charles, même en égard à la dépense qu'ils y ont fait pour couvrir Québec de l'irruption des Iroquois, et afin de leur donner moyen de continuer ; à ces causes. Nous, en vertu du pouvoir à nous donné, par la Compagnie de la Nouvelle-France, avons donné, accordé, octroyé, donnons, accordons, octroyons au sieur Jean Bourdon, ingénieur arpenteur, habitant de la Nouvelle-France, l'estendue de terre qui sera et se rencontrera entre la concession de soixante-et-quinze arpens à lui accordés en l'an milsix-cent-quarante-neuf, le vingt-neufvième mars, par la dite compagnie, et la Rivière St. Charles, pour en jouir par luy, ses hoirs, successeurs ou ayans cause, à toujours, aux conditions portées par sa'dite concession et outre à la charge de six deniers de cens pour chaque arpent, par chacun un an, au jour de St. Remy, chef d'octobre, payable à la récepte du domaine de la dite Compagnie de Québec ; le dit cens portant lods et ventes, saisine et amende, selon la coutume de la prévosté et vicomté de Paris. Si donnons en mandement au grand sénéchal de la Nouvelle-France mettre le dit sieur Bourdon en possession des lieux cy-dessus, si besoin est, même y apposer bornes et limittes.
En foy de quoy nous avons signé la présente concession, à icelle fait apposer le cachet de nos armes et contresigner par notre secrétaire.
Au fort St. Louis de Québec ce trentième décembre mil-six-cent-cinquante-trois.
Et plus bas, Par Monseigneur,
(Signé) LAUZON, DURAND.
TUre du Fief de Champlaiti.
Louis de Cuade, comte de Frontenac, &c.
Jean Bochart, chevalier, seigneur de Champigny, &c.
Sur la réquisition à nous faite par Madame de la Souche de vouloir luy accorder trois lieues- de terre en profondeur, joignant le derrière de sa seigneurie de Champlain sur toute la largeur d'icelle, tenant d'un costé à celle de Batiscan, et de l'autre au fief du Sieur Hertel ; à quoy ayant égard, Nous, en vertu du pouvoir à nous conjointement donné par Sa Majesté, avons donné, accordé et concédé, donnons, accordons et concédons par ces présentes à la dite Dame de la Souche les dites trois lieues de terre en profondeur, joignant le derrière de sa seigneurie de Champlain sur toute la largeur d'icelle, pour en jouir par elle, ses hoirs ou ayans cause en propriété, à toujours, aux mêmes droits et charges portés au titre de concession de sa dite terre de Champlain, et à condition de prendre de Sa Majesté ratification des présentes dans un an.
En foy de quoy nous les avons signées, à icelles fait apposer les sceaux de nos armes et contresigner par nos secrétaires.
Fait à Québec, le vingt-huit avril mil-six-cent-quatre-vingt-dix-sept.
(Signé) FRONTENAC,
BOCHART CHAMPIGNY
Et plus bas, Par Monseigneur,
HAUTEVILLE
Par Monseigneur,
ANDRÉ
Titre du Fief de la Baye St»- Antoine.