LE SR. DE LAMARTINIÈRE
Louis de Buade, comte de Frontenac, &c.
Jean Bochart, chevalier, seigneur de Champigny, &c.
Sur la requeste à nous présentée par Claude Bermant, sieur de la Martinière, contenant qu'il y a une espace de terre non concédée entre la terre de Lauzon et la seigneurie de Monteà-peine ou la terre appartenante au sieur de Vitré, dont il nous supplioit de luy accorder la concession pour en jouir à titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice ; Nous, en vertu du pouvoir à nous donné par Sa Majesté, avons, au dit sieur de la Martinière, conseiller au conseil souverain de ce pays, donné, accordé et concédé, donnons, accordons et concédons l'espace de terre qui se pourra trouver sy aucun il y a non concédé entre la ditte seigneurie de Lauzon et celle de Monte-à-peine, ou le fief du sieur de Vitré, sur la profondeur semblable à la dite seigneurie de Lauzon, si personne n'en est propriétaire, pour par le dit sieur de la Martinière, ses hoirs et ayans cause, en jouir en propriété, à titre de fief et seigneurie, haute, moyenne et basse justice, à la charge de la foy et hommage qu'il sera tenu
de porter au chasteau Saint Louis de Québec, duquel la dite concession relèvera aux droits et redevances accoutumés et au désir de la Coutume de la prévosté et vicomté de Paris, et que ies appellations du juge du dit lieu ressortiront pardevant le lieutenant-génçral de Quebec, comme aussy qu'il tiendra et fera tenir feu et lieu par ses tenanciers sur les concessions qu'il leur accordera, et à faute de ce faire, que Sa Majesté rentrera de plein droit en possession de la dite terre, et conservera, le dit Sr. de la Martinière, et fera conserver par ses tenanciers les bois de chesnes qui se trouveront propres pour la construction des vaisseaux dans l'estendue de la dite terre ; qu'il donnera iiicessament avis au roy ou à nous des mines, minières ou minéraux sy aucuns s'y ti ouvrent, et y laissera et fera laisser tous les chemins et passages nécessaiies ; le tout sous le bon plaisir de Sa Majesté, de laquelle il sera tenu de prendre la conurmation des présentes dans un an.
En témoin de quoy nous avons signé ces présentes, à icelles fait apposer les sceaux de nos armes, et fait contresigner par nos secrétaires.
Donné à Québec, le cinquième aoust mil-six-cent-quatrc-vingt-douze.
(Signé) FRONTENAC.
BOCHART CHAMPIGNY
Et plus bas, Par Monseigneur,
FREDIN, et