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Le Canadien du 16 janvier

Ee fait est que des Yankées, réfugiés au Canada, lors delà guerre de l’Indépendance, se montraient plutôt favorables aux Etats-Unis qu’à l’empire britannique. Il y avait alors, dans les deux provinces canadiennes, environ huit cents personnes qui, à différentes époques, avaient déserté le service militaire des Etats- Unis. Ees prisons en renfermaient cent-quarante autres qui avaient refusé de prendre les armes contre les Yankées. Tous ces gens-là avaient été attirés au Canada dans l’espoir de faire de grandes acquisitions de terrains et partant de s’enrichir. E’ Angleterre, pour eux, ne devait guère déranger leur patriotisme, si tant est que ce noble attribut d’un loyal sujet existât chez eux. Or, rien d’étonnant qu’avec la connaissance de ces faits, grâce à des espions habilement disséminés dans notre pays, la presse américaine ait essayé de mettre en suspicion la loyauté des Canadiens en général, quand elle avait sous les yeux le chiffre des familles qui désertaient le Canada pour aller se fixer dans le Vermont. En deux mois, trois

cents familles avaient ainsi franchi la frontière canadienne.

Les Chambres s’ouvrirent le 29 janvier, (1808). Daus son discours, le gouverneur général rend hommage à la loyauté de la milice de la province. Entre temps, la presse américaine débordait d’articles contre les Canadiens, disant que la conquête du Canada serait le résultat des seuls efforts des Canadiens. M. Bédard ne trouve pas, dans son journal, d’expressions assez fortes pour démasquer cette nouvelle supercherie du yankéisme. « N ous ne craignons pas de le dire, s’écrie-t-il, les intrigues de 75 sont encore prêtes à se tramer parmi nous. Mais nous espérons que les braves et loyaux Canadiens ne se laisseront point surprendre par les intrigants, et que cette feuille saura les défendre contre quiconque osera attaquer leur réputation 1 ».

« Les Canadiens ne furent jamais plus attachés au gouvernement qu’à cette époque »,

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