‹ Pierre Bedard et ses filsChapitre 25 sur 41 · III · texte numérisé non relu

III

« y a. peu d’avocats dans cette colonie qui aient « une connaissance aussi profonde du droit ro- « main. » Et sir James ne se trompait pas. Il était de bonne foi lorsqu’il sanctionna les mesures tyranniques de son conseil ; sa conduite comme commandant de la garnison le prouve. Il croyait à une rébellion imminente des Canadiens français, lorsque les Bédard, les Blancbet et autres furent écroués. »

Dans le cours du mois d’avril, des amis de Bédard tentèrent, mais vainement, de faire émettre un writ d ''habeas corpus en faveur du prisonnier et de ses compagnons d’infortune. Le gouverneur se montra impitoyable ; les portes de la prison restèrent fermées sur les victimes d’un despotisme sans frein. Ce ne fut qu’en juillet qu’un des prisonniers, malade, fut relaxé.

Quelques semaines plus tard, un autre obtint son élargissement pour la même raison de santé.

Lefrançois sortit de sa prison au mois d’aoilt.

Il ne resta plus bientôt que Bédard, qui demandait, comme faveur, qu’on lui fit son procès. On le lui refusa persévéramment, car on savait bien que devant un jury, même le plus mal disposé, aucune preuve ne pourrait établir la culpabilité du rédacteur du Canadien. De gouverneur voulait qu’il demandât pardon, afin, sans doute, de laisser croire au public que son prisonnier était coupable. Mais au château l’on ne connaissait pas Bédard, ou on le connaissait mal. Il eût préféré la mort plutôt que de prononcer l’aveu d’une faute dont il était innocent. Bédard attendit donc patiemment dans sa prison le procès auquel il avait droit, au grand mécontentement de la faction Sewell, qui eût désiré donner aux événements une autre tournure.

M. de Gaspé nous donne de nouveaux détails sur le sort de Bédard, durant toute la période de son emprisonnement :

« De toutes les victimes de la tyrannie du gouvernement de cette époque, monsieur le

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