JI
juge Bédard, avocat alors, fut celui qui endura sa captivité avec le plus de patience. Ce disciple de Zénon, toujours occupé d’études profondes, pouvait se livrer à ses goûts favoris sans être exposé aux distractions dans la chambre solitaire qu’il habitait. Homme pratique, connaissant à fond la constitution anglaise il ne communiquait avec les autorités que pour leur demander de quel crime on l’accusait, et pour les prier de le mettre en jugement, s’il y avait matière à indictment au criminel. On se donnait bien de garde d’instruire son procès : il était à peu près aussi coupable de trahison ou de pratique séditieuse, que je le suis de vouloir m’emparer de la tiare de notre Saint-Père le pape. On lui signifia, après une année de détention, je crois, qu’il était libre.
« Je ne sortirai d’ici, répliqua M. Bédard,
« que lorsqu’un corps de jurés aura bien et « dûment déclaré mon innocence ».
« On le laissa tranquille pendant une dizaine