Voir en appendice la pièce D
Pierre Bédard, lui valurent l’honneur d’un tel choix. Du reste, les électeurs du Saguenay avaient eu la main heureuse en se donnant un représentant aussi bien doué. Dès la première session, Bédard fit sa marque dans l’enceinte législative. Ses allures indépendantes lui auraient, sans aucun doute, suscité de lourdes épreuves, si sa carrière n’eût été trop tôt brisée.
Son premier vote fut en faveur de Christie, député de Gaspé, que la Chambre, par une majorité de treize, avait déclaré indigne de prendre son siège. A. -N. Morin venait de prononcer un long discours en faveur de l’expulsion. Bédard lui répondit avec beaucoup d’à propos. Voici la substance de cette réplique :
« Je suis de l’opinion de ceux qui ont parlé de l’importance de cette question, car il ne s’agit de rien moins que de priver un sujet de ses droits de citoyen. J’ai lu attentivement l’enquête concernant M. Christie, et j’ai été surpris de la faiblesse des raisons alléguées par
les partisans de l’expulsion. Il aurait fallu prouver deux choses : premièrement, que M. Christie était coupable; secondement, que la Chambre avait le droit de l’expulser après une nouvelle élection. La seule raison qu’on donne est, qu’ayant déjà été expulsé, il devait l’être encore, et partant que les résolutions de l’ancienne Chambre liaient la nouvelle. L’argument se réfute de lui-même. Il n’y a aucune résolution de la Chambre qui ne puisse être changée et révoquée. Les règles mêmes de cette Chambre sont sujettes à varier, et elles varient souvent.
« On a accusé M. Christie d’avoir causé le renvoi d’office de plusieurs magistrats à cause de leurs opinions politiques. Quelles preuves a-t-ou données de cette accusation ? Je les ai examinées attentivement et j’ai été surpris de leur faiblesse. Mais on a paru disposé à condamner systématiquement le député de Gaspé et à crier : « Peudez-le ! pendez-le ! » tout comme les Juifs, autrefois, à clamer la mort de Notre- Seigneur en criant : «Crucifiez-le ! Crucifiez-le ! »
« Mais admettons que la preuve soit plus complète qu’elle ne le paraît à première vue. Est-ce que cette Chambre n’aurait point pu permettre à M. Christie d’interroger les témoins à la barre de cette Chambre ? On a prétendu que c’eût été contre l’usage parlementaire. Ne se rappelle-t-on plus le cas de M. Bouc, élu pour la quatrième fois, et toujours expulsé? Cette Chambre ne lui a-t-elle pas permis de se faire entendre et de produire ses témoins dans cette enceinte même?
« Admettons, enfin, que la preuve soit parfaite, avons-nous le droit d’expulser M. Christie en qui les électeurs de Gaspé viennent de placer à nouveau leur confiance ? Disons qu’il y a un doute sur ce point ; alors ce doute doit être en faveur du député, et le respect que nous devons à la franchise électorale nous indique assez de quel côté nous devons faire pencher la balance. »
Bédard se trouvait sur cette question en pleine opposition avec les chefs du parti cana-
dien, sqbien représenté par Papineau, Morin et Lafontaine. Il lui fallut donc un certain courage pour affronter les périls d’une voie où il pouvait facilement trébucher. Les vieux parlementaires tinrent compte, sans doute, de la jeunesse et de la hère indépendance du nouveau député. Certes, Bédard n’était qu’à son début, et il y allait allègrement, sans se préoccuper de savoir s’il plaisait ou déplaisait aux Canadiens ou aux Anglais.
Au cours de la même session, Bédard se fit remarquer une seconde fois par la verte réponse qu’il fit à l’adresse de M. Lee, député de la basse-ville de Québec, qui, s’adressant aux jeunes membres de la Chambre dans un appel vigoureux, leur demandait de s’unir à lui pour requérir un Conseil législatif électif.
« M. Lee en a appelé aux jeunes, s’écrie Bédard, mais il n’a pas exprimé leurs sentiments lorsqu’il a déploré le malheur qu’avaient eu nos ancêtres de ne pas se séparer de la Grande-Bretagne. Nos aïeux ont agi sage-
ment en ne se rendant pas à l’invitation des Etats-Unis. C’est de la métropole que cette province tire toute sa force ; et qui osera révoquer en doute sa libéralité à notre égard? Quelle libéralité, en effet, de nous avoir donné un gouvernement semblable au sien ! Que l’on jette les yeux sur l’Europe, que l’on envisage les maux qui accablent les peuples de l’ancien continent, et l’on pourra demander s’il y a un pays plus heureux que le nôtre. Ee langage qui vient d’être tenu n’est propre qu’à corroborer celui que l’on tenait en 1810, qu’à faire regarder comme fondées les accusations que l’on portait sur la loyauté des Canadiens ; et si l’honorable membre croit avoir exprimé les sentiments de la jeune génération, quant à moi, je suis loin de les partager. «
Bédard vota pour le bill d’indemnité, malgré la forte opposition que ce projet de loi devait rencontrer parmi ses collègues. Il appuya même la proposition faite à ce sujet par Young.
Bédard siégea à plusieurs reprises comme président du comité des griefs, et l’on voit son nom au pied des deux premiers rapports de ce comité. En somme, le jeune député prit une part très active aux délibérations de la Chambre, ne s’absentant jamais et acceptant toutes les besognes qu’on voulait bien lui confier.
Vers la fin de la session, la Chambre résolut d’envoyer en Angleterre un agent chargé de représenter auprès du gouvernement de Sa Majesté, les intérêts et les sentiments des habitants de la province de Québec et d’appuyer les pétitions de la Chambre d’assemblée. Bédard résolut aussitôt de suivre M. D.- B. Viger, l’agent en question. Il firent ensemble la traversée de l’océan, suri z Hudson, et arrivèrent à Liverpool le 13 juin 1831, après vingt-quatre jours de trajet. Rendu à Rondres, Bédard visita la grande ville, puis il courut en Irlande, et enfin il se rendit en France et en Italie, pour venir échouer à Paris en 1832. A Londres, il avait fait la rencontre d’un Canadien, québecquois comme
lui : c’était F.-X. Garueau — le futur historien du Canada — à peu près du même âge que Bédard, et qui remplissait déjà auprès de M. Viger les fonctions de secrétaire.
« Je connaissais à peine Bédard, écrit M. Garneau ; mais la connaissance fut bientôt faite, et quelques jours après son retour en Angleterre, il vint loger avec moi. C’était un esprit gai qui, sous une surface mathématique et raisonneuse, cachait beaucoup d’imagination et des passions ardentes. Sa société ne m’en était que plus agréable. Mais je crus m’apercevoir que ses courses sur le continent avaient allumé en lui une passion funeste, celle du jeu. Sans avouer sa faiblesse, il me parlait de la roulette comme d’une invention qui pouvait faire la fortune d’un habile calculateur. Je badinai sur ses illusions, sans pouvoir les détruire. Néanmoins, il fut fort tranquille tout le temps qu’il resta à Londres ; mais l’ennui le rappela bientôt en France, où une maladie mortelle s’empara de lui et le
conduisit au tombeau l’année suivante. Je lui avais conseillé vainement de retourner en Canada ; une fatalité semblait l’attacher à cette vieille terre d’Europe, où il devait laisser son nom et ses cendres. Je me séparai de lui avec regret et le triste pressentiment d’une fin qui ne se réalisa que trop tôt. »
Bédard sut bientôt à quoi s’en tenir sur la gravité de son mal. Il écrivait de Paris à M. Garneau, retourné à Londres, une lettre assez explicite à son sujet :
« Cher Garneau,
« J’apprends, ce matin, que vous êtes déjà de retour, ce qui m’a causé un plaisir infini. C’est un Canadien qui viendra à mon enterrement, si je ne reviens pas de la maladie dont j’ai été subitement et violemment attaqué. J’ai eu une rechute il y a huit jours; je suis mieux, mais très faible. Je sors de mon lit pendant quelques heures, depuis deux jours. Je n’ai pas recouvré la voix le moindrement, moi qui
avais, comme Fiset, une voix S'animai! Si vous pouviez venir me voir, que vous me causeriez du plaisir ! sinon, écrivez-moi. Estce par quelque accident que vous êtes de retour, ou votre voyage était-il terminé? M. Viger est-il avec vous ? Vous me ferez le plaisir de porter cette lettre à son adresse, au plus tôt, dans la cour de Somerset House ; on prend une petite rue qui descend à droite, n° 8 ou 9. Si M. Viger est de retour, vous ne porterez pas cette lettre. Vous la garderez par devers vous jusqu’à mon retour.
«Adieu, cher Garneau.
Is. Bédard. »
C’était après une promenade de dix jours qu’il avait faite à Paris, vers la fin de juillet 1832, que M. Garneau avait reçu cette lettre de son ami Bédard. fie 11 mars de l’année suivante, il recevait de M. Berthelot la note qui suit :
« Bédard est toujours à Paris, et se propose
d’embarquer pour le Canada au commencement du mois prochain. Sa santé a été faible, et j’ai été du nombre de ceux qui lui ont conseillé de ne pas se hasarder sur la mer dans une saison aussi orageuse que celle-ci. »
Le 24 mars, M. Delagrave apportait à M. Garneau une autre lettre contenant ces lignes :
« Il ne me reste que le temps de vous dire que ce pauvre Isidore Bédard avec qui j’ai dîné, il y a aujourd’hui quinze jours, est tombé, le soir même, très malade d’un renouvellement de son crachement de sang. Il a été dangereusement malade depuis ce temps ; mais il est mieux, et les médecins m’assurent qu’il sera capable de s’embarquer au commencement de juin prochain pour le Canada. »
« C’était une illusion, écrit M. Garneau. Il eut, il est vrai, vers le commencement du mois d’avril, quelque mieux, et on espérait qu’il pourrait bientôt supporter la voiture pour se rendre dans une maison de santé ; mais cela
ne dura guère. Il languit quelque temps encore, et finit par succomber à une maladie de poitrine sans avoir la consolation de revoir sa patrie ».
Isidore Bédard mourut à Paris, le 14 avril 1833, à l’âge de vingt-sept ans et trois mois. Son corps fut déposé au cimetière Montmartre.
M. Garneau a écrit de Bédard une appréciation dont il serait difficile de surpasser l’exactitude.
« M. Bédard, dit-il, avait le plus bel avenir devant lui. La réputation du père était pour le fils une recommandation toute spéciale auprès de ses compatriotes. Des talents ajoutés à cela pouvaient le mener loin, s’il montrait le caractère et la consistance qui conviennent à un homme appelé à jouer un rôle dans la politique de son pays. Il joignait à ces avantages une élocution facile et une voix mâle et
agréable qui le faisaient déjà rechercher dans les assemblées publiques.
« Tout cela s’enfouit pour jamais dans la tombe sur une terre étrangère. Tes délices et les tentations de l’Europe avaient ouvert sous les pas du jeune Canadien un abîme qu’il n’avait pu éviter, et dans lequel il s’était précipité avec toute l’ardeur d’un tempérament fougueux qui s’abandonne à ses passions. Te voyage qui devait former le plus bel épisode de sa vie, était ainsi devenu la cause de sa perte. »
Etienne Parent a laissé une note appréciative d’Isidore Bédard que nous nous complaisons à reproduire :
« Isidore n’ayant fait qu’apparaître sur la scène politique, et n’étant encore qu’un tout jeune homme à sa mort, laisse peu de chose à dire sur sa vie publique. A son départ du pays, il n’avait guère pu que faire concevoir les plus belles espérances. On allait se disant
que les principales qualités du père allaient revivre dans le fils, et cela faisait le plus bel éloge qu’un jeune homme put mériter. Cependant la mémoire d’Isidore vivra aussi longtemps dans la Nouvelle-France, que celle de Rouget de l’Isle dans la vieille France. Re jeune Bédard a laissé quelques couplets qui ont eu le mérite de l’emporter dans la faveur publique sur tous nos autres chants patriotiques, très nombreux pourtant et l’œuvre des talents les plus distingués parmi notre jeunesse lettrée. Ce n’est pas que la partie littéraire de ces couplets ne prête un peu à la critique, et que, sous ce rapport, elle ne soit inférieure à quelques-unes de nos chansons patriotiques ; mais Bédard sut, mieux qu’aucun de ses concurrents malgré les négligences du style, trouver le chemin des cœurs et faire vibrer la fibre nationale. C’est, il est vrai, ce qui fait le poète, le reste est du versificateur. Avec le temps sans doute, notre jeune poète aurait apporté plus de soin et de goût à ses compositions. »
On rapporte de Bédard plusieurs traits de son esprit jovial et caustique. Lorsque lord Dalhousie proposa l’érection d’un monument à Wolfe et Montcalm, il fut question de l’élever dans le jardin inférieur où se trouve aujourd’hui une partie de la terrasse. C’était alors un jardin potager. M. Chauveau dit qu’on y posa même la première pierre. Bédard écrivit à la Gazette de Québec une courte correspondance, pour tourner en ridicule le choix du gouverneur. Nous trouvons sa lettre dans le numéro du 15 novembre 1827:
« En voyant, ce matin, la cérémonie qui a eu lieu à l’occasion du monument élevé à Wolfe et Montcalm, j’ai songé comme suit : Si, par une figure de rhétorique, Wolfe et Montcalm revenaient de ce monde, ne diraient-ils pas : « Hélas ! vanités des vanités ; nous espérions « une place parmi les héros, et l’on fait de nous, « en Canada, des admirateurs de patates, de « choux, et des garde-légumes dans le potager « du gouverneur. »
Jadis dans les combats balançant le destin Voilà Wolfe et Montcalm priapes d’un jardin !
« A moi la médaille offerte ! »
On sait que le comité formé à Québec pour l’érection de ce monument, avait offert une médaille d’or pour le meilleur projet d’inscription. Ce fut le Dr Fisher qui sortit victorieux du concours. C’est à cette médaille que Bédard fait allusion dans sa lettre. L,e comité avait d’abord jeté les yeux sur la Place d’Armes pour y ériger l’obélisque en question.
Une autre espièglerie de Bédard, et qu’on nous a donnée comme parfaitement authentique.
C’était durant son séjour à Paris ; il y avait fait de nombreuses connaissances dans le monde théâtral ; il put même pénétrer jusque dans les coulisses où le commun des mortels n’a guère accès. C’est grâce à ces circonstances qu’il réussit un jour à se faire admettre en qualité d’acteur dans une pièce destinée à produire un grand effet. Il devait figurer dans un costume indien avec tout l’attirail voulu de plumes, de flèches, carquois, etc. Un wigwam ou cabane
de sauvages devait compléter le décor. Le tout se fit sous la direction de Bédard. La pièce fut jouée au jour dit, et un sauvage de six pieds apparut aux yeux ébahis des spectateurs. On le vit se donner ainsi en spectacle, et il entra enfin sous sa tente pour donner à l’auditoire une chance de respirer.
Dans un deuxième acte, le sauvage, accroupi dans son wigwam, se lève tout à coup pour entrer en scène ; mais oubliant sa haute taille, il soulève la cabane tout entière, et paraît coiffé de ce bonnet phénoménal. On voit d’ici la scène burlesque qui s’ensuivit, les quolibets de la foule et l’abrutissement de Bédard, qui u’avait pas songé à un tel dénouement.
On serait tenté de croire, après ce récit, qu’Isidore Bédard ne fut pas un homme sérieux, et que, s’il eût vécu plus longtemps, sa carrière n’aurait pas été aussi brillante que ses débuts le faisaient prévoir. Le fait est qu’il y avait deux hommes en lui : l’homme rempli de l’ambition de faire sa marque, soit dans la politique, soit dans les lettres, ou même dans
les deux carrières ; puis l’homme enclin à s’amuser, à prendre la vie par le côté attrayant et séduisant. En France, Bédard ne connut guère que les amusements, le jeu, le théâtre, les flâneries sur les boulevards ou dans les jardins publics. En Canada, Bédard montra des dispositions plus sérieuses, bien qu’il ne fût alors qu’à ses débuts. Nous avons vu le rôle qu’il joua dans la politique. Comme citoyen, il avait pris part à un mouvement important en faveur de la tempérance. Le 26 avril 1831, une assemblée avait été tenue au palais de justice, à Québec, pour prévenir l’abus des liqueurs alcooliques. Des citoyens de toute origine assistaient à cette réunion où l’on élut des officiers. Le comité de direction fut composé de Philippe Panet, Gauthier, Glackmeyer, Romain, sir John Caldwell, Dr Douglass, W.-S. Sewell, J.-H. Kerr.
Bédard n’avait alors que vingt-cinq ans. Tenons-lui donc compte de ses bonnes dispositions. pour adoucir le jugement sévère que
nous serions tentés de porter contre sa conduite là-bas, et que ceux qui sont sans péché ^lui jettent la première pierre !
FRANÇOIS-ZOEL BEDARD
F rançois - Zoel Bédard
y E quatrième fils de Pierre Bédard naquit le 14 août 1812, et fut baptisé à la paroisse de Notre-Dame de Québec par l’abbé Barthélemy Fortin, vicaire. De parrain s’appelait François Beilet, et la marraine Françoise Normand, femme de Guillaume Bouthillier. Son père^l’envoya d’abord étudier à Sorel, puis aux écoles de Québec. Zoël ne fit pas de cours classique ; aussi ne put-il arriver à une position bien considérable dans le monde. Quand son père mourut, il n’était âgé que de dix-sept ans.
Nous perdons ensuite sa trace jusqu’à ce que nous le retrouvions à la Pointe-des-Monts où il avait été nommé gardien du phare. Il avait été placé sous lord Metcalfe avec un salaire de quatre cents piastres par année. Zoël conserva cette position plus ennuyeuse que difficile à remplir, jusqu’à sa mort qui arriva en avril 1867. Il avait ainsi vécu dans l’isolement pendant les vingt-deux dernières années de sa vie. S’il lui arrivait quelques rares visiteurs, ce n’était que pour un temps bien limité. Cependant il eut le plaisir d’héberger, pendant un hiver, le révérend Père Durocher, oblat, qui voulait apprendre la langue sauvage, que Bédard possédait bien.
Zoël était marié, mais il n’eut pas de descendance. Il avait adopté deux jeunes filles, dont l’une, du nom de Hall, épousa A.-S. Comeau, père de Napoléon Comeau, de la rivière Godbout. Sa deuxième fille adoptive épousa un manchot dont le nom nous est inconnu. Mais tous deux vécurent assez longtemps à Québec.
Zoël Bédard fut inhumé dans le cimetière de
Betsiamis par un Père Oblat, qui faisait alors la mission de la rive-nord du fleuve Saint- Laurent.
Nous ne connaissons que peu de choses de la vie de cet homme. Retiré comme il l’était, n’ayant de communication qu’avec des sauvages et des navigateurs, il ne pouvait rien transpirer de lui qui fût digne de mention.
En 1856, un nommé Dean se plaignit que Bédard retenait en sa possession des effets qu’il avait sauvés du naufrage de la barque Peruvian à l’Ile-aux-CEufs.
A une couple de reprises, Bédard avait demandé la permission de quitter son poste de gardien du phare pour venir se promener à Québec.
En 1855, son salaire fut augmenté de centsoixante piastres par année. C’était encore bien peu, mais il faut croire qu’il s’en contenta, puisqu’il resta attaché à son poste jusqu’au dernier jour de sa vie.
Après la mort de son mari, Louise Langlois courut se réfugier à Saint-Anaclet, dans le
comté de Rimouski, et là elle fut recueillie par un citoyen de la paroisse, du nonfd’Heppell, qui lui donna l’hospitalité jusqu’à ce que la pauvre veuve se vit appelée à Dieu. Elle mourut le 26 janvier 1868, à l’âge de soixante-seize ans, et fut inhumée le 28, par M. l’abbé C.-J.- O. Béland, curé de la paroisse.