K SALUT DU SAINT-SACREME.NT
dant je lui savais un gré infini de n'être qu"un miscrable martyr du mal, odieusement perverti, c'est vrai, et capable de tout, selon la vraisemblance ; mais n'ayant pas encore profité des permissions philosophiques pour franchir la dernière haie qui sépare le dur sentier des pauvres diables de la grande route des scélérats.
Je songeais à Pierre Blot très- laborieusement en chominant vers Nanterre. Je me demandais ce qu'il était possible de faire pour lui qui ne voulait pas être aidé par le bien quoiqu'il n'eût pas encore profité du mal, et quoique le mal, au contraire, l'eût plongé au plus profond de l'abîme de misère.
Mon crédit personnel était nul ou à peu près, mais le crédit de Dieu reste immense en dépit des efforts de Tartufe, calomniateur de Dieu : immense dans les grandes choses, inouï dans les petites.
Pierre, malgré l'étonnante bonne chance de sa
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résurreclion, était invalide pour longtemps selon toute apparence. Le "vice le tenait, et, ce qui est plus grave, il tenait au vice, convaincu que le vice était son droit, presque son devoir et son honneur de libre marionnette.
Pierre était un « imprégné » non-seulement de l'absinthe, mais de l'absurde; il suait l'envie, le mécontentement, la révolte, l'impiété : tout ce vitriol qui corrode les plaies de nos pauvres blessés de la lutte sociale, sans cesse avivées par la pharmacie de Tartufe.
Ils sont terriblement contagieux, ces ulcères, et Pierre Blot n'était pas un camarade facile à placer « en confiance. » Autant eût valu recommander la peste.
Aussi je ne trouvais rien pour lui, et j'en étais toujours à songer creux, quand nous arrivâmes, Madeleine et moi, devant Nanterre, aux premiers arbres de ce boulevard qui dessine, dit-on, la ligne des remparts romains du vieux Nannetodorum tels qu'ils étaient, au temps de saint Ger-