‹ Pierre BlotChapitre 15 sur 17 · LE SALUT DU SAI>T-SACREMENT · texte numérisé non relu

LE SALUT DU SAI>T-SACREMENT

main l'Auxerrois cl de sa radieuse protégée sainte Geneviève, patronne de Paris.

Les cloches se mirent à tinter, comme nous approchions de la vénérable petite église du treizième siècle, qui menaçait ruine et qui était déjà condamnée à cette peine capitale des monuments : la reconstruction. Madeleine me dit:

— C'est aujourd'hui jeudi, on sonne le salut du Saint-Sacrement.

— Tant mieux! répliquai-je, nous trouverons à qui parler.

Je ne sais pas si j'ai besoin de t'expliquer ce mot. Certaines paroisses de la banlieue de Paris ont une population plus dure à catéchiser que les naturels de la Cochinchine. Sans espérer qu'il fût possible de baptiser solennellement le futur Bonif, puisque nous n'avions ni pièces, ni rien, je voulais du moins le faire ondoyer grâce à l'extrême urgence de son cas.

En outre, il y avait toute la série des consta-

talions à faire pour ce qui regardait le décès d'Adèle.

Il était déjà quatre heures du soir. Sans le salut du Saint-Sacrement nous aurions bien pu errer jusqu'à la nuit de la mairie fermée à la sacristie déserte sans arriver à rien.

Mais le Saint-Sacrement rassemblait dans la \ieillc église une quinzaine de personnes, et ces personnes étaient précisément celles qu'il nous fallait. Il y avait le curé et son vicaire d'abord, deux religieuses, trois hommes (deux paysans et un bourgeois), membres de la petite conférence locale, et le bourgeois était en outre adjoint au maire, sans compter qu'il avait l'honneur d'être le beau-frére du médecin des morts, excellent compagnon, voliairien fini, dont l'insouciant scepticisme devait ressusciter en moi un lointain souvenir de notre pauvre docteur Olivier.

Il y avait encore trois ou quatre vieilles dames et des villageoises en costume de travail.

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