‹ Pierre BonnardChapitre 22 sur 48 · L’ÉCLAT DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

L’ÉCLAT DE LA LUMIÈRE

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« Il nous montra quelques maisons à colombages auxquelles la lumière du crépuscule avait donné une douce teinte rouge indescriphible. Il devint ardent, éloquent, craignant que quelque chose ne nous échappe de toute cette beauté. »

Ingrid Rydbeck :.

« Cette passion périmée de la peinture » … il y a dans ces mots une nuance de regret. Bonnard sait bien en quoi son art, admiré par certains, peut toujours apparaître à beaucoup comme une poursuite du passé : il demeure fidèle à la nature, à la vie, aux humbles sujets de tous les jours. Le temps, les saisons, comptent encore dans son œuvre où l’inclinaison du soleil continue de marquer les heures. Le public cependant a accueilli le cubisme et le surréalisme; les jeunes peintres sont chacun à la recherche de nouveaux moyens d’expression, « la technique a été libérée, elle est devenue changeante comme l’art même, nombreuse comme les individus ». On ne voit pas son propre effort pour se renouveler dans son interprétation des sujets. « On ne m'aime pas beaucoup, dit-il à Pierre Courthion; je comprends ça : c’est ce qui se passe à chaque génération. Cela ne fait rien, aujourd’hui, ils sont durs... »

L’exposition de juin 1933 chez Bernheim — complétée au même moment d’une exposition de Portraits organisée par George Besson à la Galerie Braun — comprend toute une série de toiles de grandes dimensions, frappantes par la recherche et l’éclat de la lumière. Double reflet de ce qu’il voit et de ce qu’il imagine, elle les imprègne d’éclats jaunes et chauds qui font vibrer les couleurs comme dans un brasier. Le blanc, de plus en plus destiné à « rendre lumineuses des taches très colorées », tient aussi une grande place dans ces tableaux, souligné parfois de couleurs sombres allant jusqu’au noir. « Rendre possibles des couleurs fortes dans la lumière par le noir et le blanc voisins », ajoute Bonnard dans son carnet. Clarté du

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