André Lhote
Roses, 1943.
<« Le dessert, 1940.
Nature morte, vers 1942.
À Se
Dans l'atelier du Cannet, 1945.
Au travail.
Saint François de Sales, 1945.
Au travail.
Saint François de Sales, 1945. »
Marthe Bonnard meurt le 26 janvier 1942. Bonnard ne dit rien de sa peine, mais il ferme à clef la chambre de sa femme. Madeleine Bonnard, sa nièce, vient passer quelques semaines auprès de lui; Henri Matisse, Maillol, lui témoignent leur amitié. Il demeure frappé; lui qui n'avait commencé à grisonner que vers soixante-dix ans, à blanchi maintenant. Sa silhouette demeure jeune cependant, et il conserve ce don de « perpétuelle surprise » dont parle Maurice Denis. « Heureusement j'ai pu recommencer à travailler », dit-il à quelques jeunes peintres venus le voir. Il s’est remis à la lithographie en couleur, à la demande de Louis Carré, et prépare toute une série de planches mises sur pierre par Jacques Villon.
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«Le pinceau d’une main, le chiffon de l’autre », 1945.
Saint François de Sales, 1942-1945. »
Il commence, pour l’église du Plateau d’Assy, en Savoie, un « Saint François de Sales bénissant les malades » auquel il prête les traits de Vuillard. « Cette ressemblance a déjà été remarquée. C’est Verkade, je crois, qui le premier a trouvé dans Vuillard la même configuration du crâne, le même nez effilé. » Dans son atelier — au-dessus du placard sur lequel sont posés des pinceaux, des brosses, des flacons d’essence — quelques petites reproductions et des cartes postales en couleurs sont fixées au mur, parmi ses dessins, et une toile de Renoir dédicacée.. Il y a là notamment « La ruelle » de Vermeer, des « Nymphéas » de Monet, une estampe japonaise, « La vision après le sermon » de Gauguin, « Une baignade » de Seurat; des reproductions de jeunes peintres. « On est frappé par des rapports très agréables que les peintres saisissent et casent dans leur peinture. » Voici un marbre antique. « La beauté d’un morceau de marbre antique réside dans toute une série de mouvements indispensables aux doigts » — puis une figure cubiste de Picasso. « Le cubisme a été néfaste à ceux qui n'avaient pas de formation; il à été utile à ceux qui en avaient une. » Quant aux chromos, « regardez-les, disait-il, car on peut extraire de la beauté de tout ».
Des expositions de ses œuvres sont organisées aux États-Unis, et à Paris; plusieurs revues lui consacrent des numéros spéciaux, ou des articles Importants : la renommée ne l’atteint pas, ou ce n’est que pour le gêner. « Je sens bien qu’il y a quelque chose dans ce que je fais, mais de là à en faire tout ce battage, c’est insensé... » Il continue de peindre tranquillement les fleurs et les fruits de son jardin; rétréci à quelques sujets mono-
170 tones, son univers n’en est pas moins riche, ni moins varié : c’est qu’il
Dans Patelier du Cannet, le mur au-dessus du placard blanc, 1946
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