‹ Pierre BonnardChapitre 6 sur 48 · L.-P. Fargue · texte numérisé non relu

L.-P. Fargue

La partie de croquet, détail.

Le corsage à carreaux, 1892.

mier plan ont un peu de cet aspect hiératique que Gauguin conseillait d'observer chez les Primitifs; les feuillages et les fleurs, comme les silhouettes des jeunes danseuses au loin, rappellent le goût de l’époque pour la stylisation et les formes contournées; l’absence de modelé, le tachisme des couleurs, le dessin en aplat des étoffles — comme un collage — évoquent les Japonais. Mais on y voit la liberté, déjà, de Bonnard; de Gauguin il a retenu surtout « le droit de tout oser » : la composition est d’une fantaisie toute personnelle, comme sont nouvelles ces alliances de verts et d’ocres égayés de rouge; chaque détail est essentiel à l’ensemble et la lumière du tableau est donnée par trois taches d’or; l’humour se mêle à la tendresse dans les traits. Le monde de Bonnard on sent aussi dès maintenant qu’il sera voué à la féminité : le profil penché de la jeune fille qu’on aperçoit de dos dans sa robe écossaise appelle d’autres charmants visages.

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