‹ Pierre BrissaudChapitre 5 sur 8 · TE · texte numérisé non relu

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Devambez, Éditeur

CONTES DU LUNDI

tribution des masses d'ombre dans la page paraît définitive: les personnages s harmonisent avec des décors sans apprêt, mais où se décèle un soin scrupuleux dans le dessin des meubles et des accessoires ; les couleurs, quoique volontairement atténuées, donnent une impression de richesse, comme dans certaines tapisseries du Moyen  ge. Tout est simple, naturel. Je sais qu'on a reproché parfois à ces illustrations d'être un peu sombres : mais la triste histoire des amouts, repliées sur elles-mêmes, de Dominique et de Madeleine, de leurs aveux sans lendemain, ne s accommode-t-elle pas d'une lumière voilée, que percent de rares rayons de clarté ? Et puis, à un point de vue plus technique, le sombre est la rançon du raffinement dans les valeurs : c’est plutôt, si j ose dire, « l’éclairement dela lumière». Dans la gamme des ombres et des lumières, la Hmite du clair est donnée au dessinateur par le blanc du papier ; si donc il veut multiplier ses valeurs, il est obligé de reculer la limite de l'ombre. D'autre part, il est bien certain que si l’on regarde avec un œil impressionniste, il y a entre la flamme d'une bougie et tout ce qui l'entoure, fut-ce le plus blanc des linges, une différence de valeur infiniment plus grande qu'un peintre ne pourra jamais l'indiquer : mais de vouloir sen rapprocher oblige l'artiste à assombrir tout ce qui n'est pas lumière. Ainsi dans Ja chambre mansardée de Dominique, la clarté du verre de lampe, isolée dans une ombre profonde, quoique transparente, prend vraiment une qualité lumineuse et crée l'impression d'intimité. Toute une atmosphère, dans cette autre composition, est évoquée par la double lueur du foyer et de la lampe verte, qui viennent jouer sur la jambe du lecteur accoudé à la

heminé cheminée.

Aujourd hui, Brissaud achève pour les É dirons de l’Inter-

CONTES DU LUNDI

médiaire du Bibliophile, la Wie de Bohème de Murger. En

fouillant dans ses cartons, il avait un jour mis la main sur des épreuves des planches de noir des eaux-fortes d'Eugénie Grandet. Le trait y est complété par un large emploi d'aquatinte : les morsures successives et nombreuses de l'acide entre Les grains de résine en font des petits tableaux aussi complets qu'un dessin exécuté au lavis ; les différents gris ainsi obtenus à côté du trait vigoureux ont une profondeur et un velouté incomparables ; Brissaud a pensé que lon pourrait fort bien réaliser une illustration sous cette forme définitive ‘avec une seule plaque, et-sans faire intervenir la couleur. C'est ainsi qu'il a conçu l'illustration de la Wie de Bohème : une série de larges bandeaux surmontant une page de texte qui s'inscrit dans la marque de plaque. L'aspect est désuet ef aimable, — comme il convient à l’histoire des héros de Murger, que nous ne prenons plus trèsau sérieux. La suppression de la couleuraccentue peut-être le caractère précieux, et aussi un peu rétrospectif, de l'eau-forte : elle permet à ces gravures de laisser une impression moins nettement moderne, et qui s'harmonise avec ce que les aventures de Rodolphe et de Mimi ont d'un peurococo. La distribution judicieuse des gris supplée à la couleur pour peindre ces ateliers etces mansardes, où rapins et grisettes font leurs farces Satis malice, et versent leurs pleurs quelque peu «€ opéra-comique ÿ Nous sommes peut-être aujourd hui un peu sceptiques devant la sentimentalité de Murger; mais ne sommes-nous pas un peu émus, quand il nous est donné de voir Mimi, nue, arrosant les fleurs qui ornent la fenêtre de sa chambrette ?.…

Déjà s ébauchent les Contes du lundi. À quand S vlvie, ou le Vase Etrusque, ou tant d'autres livres de belle langue française,

que nous voyons S1 bien ornés d'images par Pierre Brissaud ?

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Lapina, Éditeur

agen LLE semble dessinée par Brissaud, me disait

ve ; peindre la plus jolie maison d Érmenonville.

un jour Robert Burnand doinoue me dé-

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