CAMILLE
0 mes frères !
LE VIEIL HORACE
Tout beau, ne les pleurez pas tous; Deux jouissent d'un sort dont leur père est jaloux ; Que des plus nobles fleurs leur tombe soit couverte : La gloire de leur mort m'a payé de leur perte ; Ce bonheur a suivi leur courage invaincu Qu'ils ont vu Rome libre autant qu'ils ont vécu Et ne l'auront point vue obéir qu'à son prince, Ni d'un Etat voisin devenir la province. Pleurez l'autre, pleurez l'irréparable affront Que sa fuite honteuse imprime à notre front, Pleurez le déshonneur de toute notre race Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'Horace.