‹ Pierre d'Ailly et la découverte de l'AmériqueChapitre 18 sur 21 · Vignaud, Histoire critique, t. n, p · texte numérisé non relu

Vignaud, Histoire critique, t. n, p

et a ainsi méconnu la véritable grandeur de son œuvre, ne peut, ni en dénaturer le caractère, ni arrêter la critique, et il faut maintenir, contre Colomb lui-même, qu'il a découvert l'Amérique PARCE QU'IL L'AVAIT CHERCHÉE *. »

Dans une lettre particulière que M. Vignaud nous a fait l'honneur de nous adresser, il ajoute : « Je ne suis ni un iconoclaste ni un contempteur de ce grand homme; je prétends seulement le remettre à sa véritable place qui, pour être différente de celle qu'on lui assigne, n'est pas moins considérable.

« On ne diminue pas plus Colomb en disant qu'il allait à la recherche de terres qu'il croyait exister à l'ouest, qu'en prétendant qu'il voulait aller aux Indes parce qu'il croyait à tort que l'espace maritime à franchir n'était pas considérable. Dans l'un comme dans l'autre cas, il avait des indications, les unes modernes, relevées en partie par lui-même, les autres venant des auteurs anciens. Mais il y a cette différence capitale entre ces deux catégories de raisons, que les premières étaient fondées sur des réalités, ainsi que l'expérience l'a montré, tandis que les secondes étaient erronées. On veut qu'il ait suivi les dernières et on voit là une idée de génie. Ce n'aurait été qu'une idée chimérique et Colomb a montré plus d'esprit critique en jugeant que les indications de la première catégorie étaient plus justifiées et qu'il devait y avoir, comme l'a dit excellemment Léon XIII, de vastes étendues de terres que personne n'avait encore explorées au delà des limites du monde connu. Colomb a trouvé ce qu'il a cherché, ce qu'il a deviné qui devait exister d'après des indices que personne avant lui n'avait jugés assez sûrs pour oser entre prendre de les vérifier. Cela vaut mieux que d'avoir trouvé ce qu'il ne cherchait pas en poursuivant une idée fausse, dont l'erreur était démontrée depuis Ptolémée. Remarquez que cette manière de voir ne change en rien le caractère religieux de l'entreprise de Colomb 2. »

Les recherches de M. Henry Vignaud, ses hypothèses si ingénieuses et si bien enchaînées n'ôtent donc rien à Colomb, ni de ses sentiments religieux, ni de ses vertus naturelles 3. Sa

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