‹ Pierre d'Ailly et la découverte de l'AmériqueChapitre 8 sur 21 · Ci-dessus, p. 11, note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 11, note

5. Raccolta, Roma, 1894, parte I, vol. n, p. 192 et 370; parte V, vol. i, p. 84, 38, 95, 105.

bre de volumes qu'il annota de ses mains sur les marges et que les soins de son fils nous ont conservés *. »

Mais à quoi bon citer ces autorités anciennes et modernes? Colomb lui-même avoue qu'il s'est nourri des textes de Y Imago mundi.

Dans un rapport curieux adressé d'Espanola aux rois Ferdinand et Isabelle en 1498, il cite presque tout entier ce chapitre vin dont nous avons exposé plus haut les idées principales 2. L'amiral paraît s'estimer très heureux d'avoir prouvé par ses découvertes la vérité des théories du grand évêque de Cambrai sur la sphéricité de la terre, et sur la proximité de l'Espagne occidentale et de l'Inde orientale. C'est encore sur l'autorité de Pierre d'Ailly que Colomb accepte la valeur de 56 milles 2/3 attribuée par Alfragani au degré3 : une valeur très basse conve-" nant singulièrement au navigateur génois qui avait tout intérêt à rapetisser à ses propres yeux et à ceux des autres la circonférence de la terre. Il est curieux de remarquer, à ce propos, que, quand d'Ailly, donnant évidemment à une lieue la valeur de deux milles, en arrivait au résultat que totus circuitus terrse continet decem millia et ducentasleucas, Christophe Colomb, épouvanté par l'énormité de ce chiffre, s'empresse de substituer pour son compte la lieue marine correspondante à quatre milles (romains) et triomphalement annote : Unus gradus respondat milliariis 56 2/3 et circuitus terrse est leuche 5 100 : hsec est Veritas 4.

1. Ces ouvrages sont YHistoria rerum ubique geslarum de Pie II (1477), V Imago mundi de Pierre d'Ailly, un résumé latin du livre fameux de Marco Polo (i486), la traduction italienne de YHistoria de Pline, la traduction en castillan des Vies de Plutarque et la Géographie de Ptolémée, édition de Rome, 1478. C'est aux trois premiers de ces ouvrages, imprimés de 1477 à 1487, que Colomb fut le plus redevable. Le Plutarque ne contient aucune note importante. Le Ptolémée ne porte que sa signature. (De Lollis, Qui a découvert l'Amérique, dans la Revue des Revues, 15 janvier 1898, p. 155-156.)

2. Cette lettre se trouve dans Fernand Colomb, c. iv, fol. 8 v°; Las Casas, liv. I, c. m, vol. i, p. 47; Navarrete, vol. n, p. 242-276, d'après le Livre des prophéties, où ce rapport est également transcrit; c'est le texte original. De Lollis, Scritti, vol. n, p. 26-40, texte du Livre des prophéties. Humboldt, Examen critique, vol. i, p. 16-18, et Fournier, Histoire de la vie de Colomb, p. 19- 20, l'ont traduite presque entièrement. Cf. Vignaud, Histoire critique, t. i, p. 102 et 487.

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