‹ Pierre d'AubussonChapitre 6 sur 63 · Le 26 août · texte numérisé non relu

Le 26 août

Btctre o’Hubusson,

des défilés fort difficiles, ayant été tué, il n’y avait pas de sûreté à passer outre.

Cependant l’affaire de Metz s’était arrangée par une composition utile pour les assiégeants, et honorable pour les assiégés: les ambassadeurs des princes allemands, que l’expédition du Dauphin avait alarmés, vinrent demander la confirmation des anciennes alliances de la France et de l’Allemagne. On leur accorda ce qu’ils demandèrent; et comme il y a des temps où l’esprit de paix domine, on prolongea les trêves pour cinq ans entre la France et l’Angleterre. La cour, dans une situation si tranquille, ne pensa plus qu’à se divertir; et le mariage de Marguerite, fille du roi de Sicile, avec Henry roi d’Angleterre, donna lieu à de grandes réjouissances, qui firent presque oublier les troubles passés. Jamais cour ne fut plus belle, ni plus nombreuse que celle de Nancy : sans parler de plusieurs princes et de plusieurs princesses qui y étaient, il y avait deux rois et trois reines. Le comte de Suffolck, qui vint quérir la nouvelle reine d’Angleterre, avait avec lui la fleur de la noblessé anglaise. On fit durant plusieurs jours des tournois fort magnifiques, où le roi de France et le roi de Sicile coururent ensemble; ce ne furent de tous côtés que parties de plaisir.

Aubusson s’ennuya bientôt de ce qui occupait agréablement les autres: Outre qu’il aimait naturellement la guerre, il avait des principes de piété, qui ne s’accordaient pas avec cette vie molle. D’ailleurs, les victoires que Jean Huniade et Georges Castriot (^) venaient de remporter sur Amurat, lui inspirèrent un nouveau zèle pour la religion ; et les cruautés que les Turcs exercèrent sur les chrétiens à la bataille de Varna (2), réveillèrent en lui la haine qu’il avait conçue dès son enfance contre les ennemis de JéSUS-Christ.

Il ne put apprendre, sans une extrême douleur, le bruit qui courut alors que Wladislas, roi de Pologne, et le cardinal Césarini, légat du pape, avaient été écorchés vifs par ces barbares (3). Mais il apprit avec joie que les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem avaient eu divers avantages sur les Sarrasins, et que le Soudan d’Égypte avait levé depuis peu le siège de Rhodes. Dans ces divers sentiments, il prit la résolution

Page 1