INÈS, FERDINAND, CONSTANCE
INÈS
Pourquoi ce trouble ?
CONSTANCE
Inès !
INÈS
Eh bien! qu'annoncez-vous, Ma mère ?
CONSTANCE
D'heureux jours vont luire enfin pour nous, Si j'en crois ce qu'au loin tout un peuple proclame : Nous pouvons a la joie abandonner notre âme.
INÈS
Expliquez-vous.
CONSTANCE
Déjà les Africains ont fui.
Bon Pèdre , de l'Etat ce formidable appui, A reparu vainqueur dans Lisbonne étonnée.
lises.
Ciel!
CONSTANCE
Deux mois ont produit la gloire d'une année S Et du glaive ennemi nos soldats préservés, Sontrendus triomphans aux mur s qu'ils ont sauvés. Tout sourit à nos vœux ; le messager fidèle Qui m'a de tant d'exploits confirmé la nouvelle, Annonce ton époux ; et ses mains aujourd'hui Vont essuyer les pleurs que tu verses pour lui.
INÈS
Ah î je l'éprouve , après de si longues alarmes , Ainsi que le chagrin le plaisir a des larmes î Nous allons donc presser sur nos cœurs attendris Le meilleur des époux , des pères et des fils î Que mes tourmens déjà sont loin dansma pensée! Hélas! naguère encore inquiète, oppressée, (heurs, Craignant pour mon époux le plus grand des mal- Faible, je succombais au poids de mes douleurs. Chaque jour que suivait unjour plus triste encore, D'un prompt et noir déclin menaçait mon aurore. Et vous pâles, muets, environnant mon lit, (dit; Les bras tendus vers moi, vous pleuriez, m'a-t-on Vous pleuriez. Ceuxque j'aime et dont je suis aimée, Rappelèrent en moi ma force ranimée.
Obscurcis tant de fois par des chagrins amers, A des rayons plus doux mes yeux se sont r'ouverts; Et nous pressant tous deux sur mon âme ravie, Prête à mourir , j'ai vu combien j'aime la vie !
constance.
Que ne devons-nous pas à la bonté des cieux!
Archives He la V^ise de Bruxelles*
V' "S si
Mais il faut accomplir un soin tendre et pieux; Pour aller au-devant de l'époux qui t'adore, Tes pas, ma chère Inès, sont trop faibles encore : Reste sous ce feuillage; et toi viens, mon enfant, Saluer le retour d'un père triomphant.