‹ Pierre de Portugal, tragédie en cinq actesChapitre 9 sur 42 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

INÈS, FERDINAND ; ils so*nt assis sur un banc de gazon et suivent des yeux une carte de géographie.

FERDINAND

Qu'ils sont beauxîes exploits que tu viens de conter! Quel plaisir j'éprouvais à te bien écouter! L'histoire qu'avec toi j'étudiais naguère N'est rien près du récit que tu viens de me faire.

Mon enfant, c'est ainsi qu'au pied de leurs drapeaux De simples villageois deviennent des héros ; C'est ainsi que parés des palmes de la gloire, Tout soldat s'ennoblit le jour d'une victoire.

FERDINAND. {vlY 1

Ceux qu'au champ de l'honneur nous avons vus cou- Pour sauver leur pays s'exposent à mourir.

INÈS

Juste ciel!

FERDINAND

Qu'ai- je dit? Je conçois Les alarmes;

( ig)

Mon père est loin de nous et tu verses des larmes,

INES.

Contre les étrangers ton père nous défend. Regarde ce tableau : c'est ici, mon enfant, Que peut être vainqueur d'une ligue ennemie, Ton père en ce moment combat pour la patrie.

FERDINAND

D'être son fils combien je suis fier aujourd'hui!

INES.

C'est peu de l'admirer , deviens digne de lui. Cher enfant, si j'en crois ma fierté maternelle, Ton père jusqu'au bout sera ton seul modèle, Comme lui citoyen au sortir du berceau, On t'aura vu, mon fils, jusqu'au bord du tombeau, De ta noble patrie ami fidèle et tendre , Enfant pour la chérir, homme pour la défendre»

Page 1