INÈS, ALPHONSE, DON PÈDRE
ALPHONSE
Ainsi vous me trompiez! 6 forfaits, 6 douleur!
INÈS
Sire, coupable ou non, je fais couler vos pleurs ; Vengez vous.
DON PEDRE.
Arrêtez, sire, je vous le jure, Monopolise étrangère à cette longue injure , Loin de l'autoriser partageait votre erreur. Ah! d'une loi sans frein modérant la fureur, Tendez à la faiblesse une main protectrice; La clémence des rois estencor leur justice.
Vaine excuse! tantôt, vous-même, dans ces lieux, Libre de rn avouer cet hymen odieux, Q'avez-vous fait?
INÈS
TJn fils à la bonté d'un père Pouvait seul dévoiler cet important mystère.
ALPHONSE
Fidèle au sacrifice entre nous résolu, \ ont deviez fuir le prince.
( 52 ) INES.
Hélas î je l'ai voulu.
Renonçant pour jamais au lien qui m'engage, A former d'autres noeuds j'excitais son courage. Mon coeur à fuir don Pèdre osait s'accoutumer ; j'allais souffrir pour lui, c'était encor l'aimer. Don Pédre m'opposant les droits de la nature , Des devoirs les plus saints m'a tracé la peinture. Du malheur de mon fîlsmon malheur s'est accru; J'hésitais, je pleurais quand vous avez paru. , Vous connaissez le reste; et le sort qui m'accable Me rend tout à la fois innocente et coupable.
Alphonse. (mien,
Aux rigueurs d'un pouvoir plus puissant que le De soustraire vos jours il n'est qu'un seul moyen: Déclarez au milieu du tribunal suprême, Qu'un hymen illégal abjuré par vous-même, Fruit d'une longue erreur, devient nul à vos yeux,
INÈS
Et mon fils !
Honoré, chéri, sous d'autres cieux, Au titre paternel s'il ne doit plus prétendre, Il verra mes bienfaits sur ses jours se répandre. Ainsi tout est sauvé : les lois s'apaiseront; Dedcux peuples rivaux les vœux s'accompliront, L'exil vous préparait une gloire immortelle ; Par un effort nouveau consacrant votre zèle, Rendez-moi sous les yeux des juges attendris L'héritier de mon trône et le cœur de mon fils.
Je ferai mon devoir.
ALPHONSE
J'y compte,
(Il son.)