LES PRÉCÉDENS, UN OFFICIER
l'officier.
Bravant nos refus rigoureux,
D'un jeune enfant suivie une femme eplorée
Du palais à l'instant vient de franchir l'entrée.
DON PÈDRE
Une femme ! un enfant ; ciel ! courons...
ALPII03NSE.
Demeurez.
inès. (Souffrez
C'est mon fils, c'est ma mère. Ah! qu'ils entrent.
Que je puisse en mourant les presser sur mon âme.
Vos désirs avant peu s'accompliront, Madame ; Mais dans ce tribunal nul ne doit pénétrer. (L'officier sort. )
DOIS PEDRE.
Mon père , de douleurs je vous vois soupirer ! Ah| par pitié pour vous sauvez votre famille; Dans l'épouse d'un fils épargnez votre fille.
ALPHONSE
Sur son destin la loi règne seule à présent!
DON PÈDRE
La loi! toujours la loi quand on verse du sang! Mais vous qui dans ma femme égorgez votre reine. De l'hymen qui nous joint briserez-vous la chaîne? Non, non, de cet hymen éternisant les droits, M on bras pour la placer sur le trône des rois L'exhumerait du sein de la terre étonnée. Inès vivante ou non, tu seras couronnée! Oui le sceptre à la main, de la nuit des tombeaux lues, tu sortirais pour juger tes bourreaux. Ne m'épargnez donc pas ; de ma juste vengeance, Barbares , détruisez l'implacable espérance. Juges! parmi lesquels les bourreaux sont assis, Dans le sang d'un époux, d'une mère, d'un fils , D'un sanglant avenir étouffez les alarmes; (larmes. Dans vos cœurs point d'effroi, dan svosyeux pointde Courage; égorgez-nous avec le fer des lois; Et qu'un même tombeau nous dévore tous trois...
ALPHONSE
Don Pèdre!...
Ah ! pardonnez au transport qui l'égaré. Et toi, loin de troubler l'instant qui nous sépare, Opposant au malheur un courage pieux , Par un autre serment consacre nos adieux. Pour me créer des droits à la reconnaissance, Conserve à notre amour une douce influence ;
De ton père et an peuple assure le bonheur; Promets-moi que mon filsm'épargnant un vengeur, Ne connaîtra jamais ceux qui m'ont condamnée; Promets-moi de former un auguste hy menée. T y compte, il le faut...
Faisant un pas vers le roi.
Roi, je ne vous dois plus rien ; Je vous rends votre fils en mourant pour le mien.
S' adressant aux juges.
Tribunal, point de pleurs; terrible est la sentence; Mais le repos d'un juge est dans sa conscience. Si quelqu'un m'opprima, chrétienne, je l'absous; Ei je vais dans le ciel intercéder pour vous.
DON PÈDRE
O supplice î
ALPHONSE
O des lois pouvoir inexorable!
Monarque, il me faut plaindre, et punir la coupable. Toutefois jusqu'au jour différez d'accomplir Le ministère affreux qui vous reste à remplir. Et vous, Madame, avant le terme irrévocable, Où l'erreur trop souvent devient irréparable, Puisse un prompt désaveu changer par votre voix Et les devoirs du trône et la rigueur des loix. ,
DON PÈDRE
Mon père! voudrait-on m'arracher d'auprès d'elle î
Demeurez... Parlez-lui... La sentence mortelle, Grâce à d'autres aveux , restera sans pouvoir. Obtenez-les... Sortons.
DON PÈDRE
Que vois-je? O désespoir!
nous nous abandonnez...
Arrives de la Ville de Bruxelles Archief van de Stad Brussel 4
Alphonse, dune voix altérée.
Laissez -moi... Ma paupière De ces flambeaux à peine entrevoit la lumière. Comme s'ils présageaient l'heure de mon trépas, Leur feu pâlit ; la terre a tremble sous mes pas.
DON PÈDRE
Mon père !
ALPHONSE
Laissez-moi. Tout mon cœur se déchire.
\ plus d'émotions je ne saurais suffire. Sortons...
( // sort précipitamment ; les juges le suivent. )