ALPHONSE, PACCHÉCO, DON DIÈGUE
DON DIÈGUE
Sire, devais-je craindre une pareille offense? Faudra-t-il que le roi dont je sers la puissance, Et qu'un jeune imprudent ne craint pas d'outrager, Ait son ambassadeur et sa gloire à venger?
PACCHÉCO.
Sire, n'hésitez pas, qu'un exemple sévère Soumette un fils rebelle aux volontés d'un père; Résister à vos vœux n'est-ce pas vous trahir? Par un premier sujet faites-vous obéir.
ALPHONSE
Ministre , ambassadeur, armons-nous de prudence.
D'an jeune homme irrité la fière indépendance Réduite au désespoir , n'écouterait plus rien. Ce caractère ardent , formé d'après le mien , Cessant de me chérir, cesserait de me craindre. Il faut gagner les cœurs et non pas le s contraindre.
pacchéco.
D'un refus si funeste au plus cher de nos vœux Sachez donc le motif, don Pèdre est amoureux. Malgré sa gloire , il cède aux erreurs de son âge; L'honneur fait un héros, le temps seul fait un sage. En un mot, si j'en crois les fidèles rapports, Que du prince à mesy eux confirment les tra nsports, Hommes, nous dépendons du pouvoir d'une femme Qui règne sur l'infant, dispose de son âme , Et dont le départ seul permettrait d'espérer Qu'au chemin du devoir votre fils pût rentrer.
Quel est son nom?
pacchéco.
Inès.
Alphonse.
Son titre, sa famille ?
PACCHÉCO.
D'Alphonse de Castro c'était Tunique fille ; Au fond d'une retraite et non loin de ces murs , Elle a jusqu'à présent compté des jours obscurs.
ALPHONSE
Alphonse de Castro!... si j'en crois ma mémoire, Il me suivait jadis dans les champs de la gloire. Interrogeons sa fille ; et l'amenant vers moi , Vous-même portez lui les ordres de son roi.
PACCHÉCO.
Si le prince irrité, par un nouveau blasphème S'opposait...
ALPHONSE
De ces murs qu'il parte à l'instant même; Qu'il joigne ses drapeaux, et me fasse oublier Des torts que son hymen pourra seul expier. Don Diègue , de mon fils pardonnez l'imprudence, J'ose compter encor sur son obéissance ; Cependant, si don Pédre indocile à ma voix , Par des refus constans repousse votre choix, Vous-même jugerez ce qui vous reste à faire; Je désire la paix , mais sans craindre la guerre.