A SA MAITRESSE
Ma Dame ne donne pas Des baisers, mais des appas Qui seuls nourrissent mon âme, Les biens dont les dieux sont fous, Du nectar, du sucre doux.
De la cannelle et du bâme (2),
Du thym, du lis, de la rose Entre ses lèvres éclose.
Fleurante en toutes saisons.
Et du miel qu'en Hymette La dérobe-fleur avette (3) Remplit ses douces maisons.
0 dieux ! que j'ai de plaisir Quand je sens mon col saisir De ses bras en mainte sorte !
Sur moi se laissant courber.
D'yeux clos je la vois tomber Sur mon sein à demi morte...
(1) Bl. II, VII ; t. II, p. 145.
(2) Baume.
(3) Abeille.
ODES DIVERSES DK 1530 — = 51
D'un baiser migiiard et long
Me ressuce Fânie adonc (1), Puis en soufflant la repousse, La ressuce encore un coup, La ressouffle tout à coup Avec son haleine douce.
Tout ainsi les colonibelles, Trémoussant un peu des ailes, Havenient (2) se vont baisant, Après que l'oiseuse (3) glace A {putté (4) la froide place Au printemps doux et })laisant.
Hélas ! mais temj)ére un peu Les biens dont je suis repeu (5), Tempère un peu ina liesse :
Tu me ferais immortel.
Hé! je ne veux être tel Si tu n"es aussi déesse.