A UNE FILLE
Ma petite nymphe Macée, Plus blanche quïvoire taillé, Plus blanche que neige amassée, Plus blanche que le lait caillé.
Ton beau teint ressemble les lis Aveccjue les roses cueillis.
Découvre-moi ton beau chef-d'œuvre, Tes cheveux où le ciel donneur Des grâces richement décœuvre (7) Tous ses biens pour leur faire honneur. Décœuvre ton beau ù'ont aussi, Heureux objet de mon souci.
(1) Alors.
(2) Avidement.
(3) Lente, immobile.
(4) Abandonné.
(5) Repu.
(6) BI., II, VIII ; t. II, p. 147.
(7) Découvre.
(Joniiue une Diane tu marches ;
Ton front est beau, tes yeux sont beaux,
Qui flambent sons deux noires arches
Comme deux célestes flambeaux,
D'où le brandon fut allumé
Qui tout le cœur m'a consumé.
Ce fut ton œil, douce mignonne,
Qui d'un fol regard écarté
Les miens encore emprisonne,
Peu soucieux de liberté.
Tous deux au retour du printemps
Et sur l'Avril de nos beaux ans...
Las ! j)uisque ta l)eauté j)remière Ne me daigne faire meiTi, Kt me privant de ta lumière Prend son plaisir de mon souci, Au moins regarde sur nu)n front Les maux que tes beaux yeux me foiit.
A LA FONTAINE BELLERIE (1)
0 fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source
Fuyantes le satyreau
Qui les pourchasse à la course
Jusqu'au bord de ton ruisseau,
Tu es la nymphe éternelle De uia terre paternelle.
Pour ce, en ce pré verdelet.
Vois ton poète qui t'orne D"un petit chevreau de lait, A qui l'une et l'autre corne Sortent du front nouvelet.
(Ij Ul., il, IX ; t. il, p. 148.
= ODES DIVFIiSES l)K d350 - 53
l/rti' je dots (iii je leposo Siii' ton herbe, où je compose, ('aclié sous tes saules vers.
Je ne sais quoi qui ta gloire Enverra par F uni vers, (/onimandant à la mémoire Que tu vives j)ai' mes vers.
l/ardeur de la canicule Ton vert rivage ne brûle, Tellement qu'en toutes parts Ton ombre est épaisse et drue Aux pasteurs venant des parcs, Aux bœufs las de la charrue, Et au bestial (1) épars.
lô ! tu seras sans cesse Des fontaines la princesse, Moi célébrant le conduit Du rocher percé, qui darde.
Avec un enroué bruit, L'eau de ta source jazarde, Qui trépillantc (2) se suit.