‹ Pierre de Ronsard; textes choisis et commentésChapitre 25 sur 86 · DE LA ROCHE DE POSE · texte numérisé non relu

DE LA ROCHE DE POSE

N'être trop réjoui de chose qui arrive,

Ni trop dépit aussi, Rend l'homme heureux, et fait encor qu'il vive

Sans peur ni souci.

Comme le temps vont les choses mondaines,

Suivant son mouvement ; Il est soudain et les saisons soudaines

Se changent promptement.

Dessus le Nil jadis fut la science.

Puis en Grèce elle alla. Rome depuis en eut l'expérience,

Paris maintenant l'a.

Villes et forts et royaumes périssent

Par le temps tout exprès, Pour donner place aux nouveaux qui fleurissent.

Qui l'emourront après.

(1) Pique.

(2) Piqûre.

(3) Beaucoup.

(4) Bl., m, XIX ; t. 11, p. 225.

ODKS DIVEKSES l)K 1590 — 61

Xaiiiirie étaient dessus la sèche arène (1)

Les poissons à l'envei^s, Puis tout soudain l'orgueilleux cours de Sènc

Les a de flots couverts.

La mer ne flotte où elle soûlait (2) êtn».

Et aux lieux vides d'eaux (Miracle étrange !) on la voit soudain naître

Hôpital de bateaux.

Telles lois fît dame Nature guide,

Lorsque par sur le dos Pyrrhe sema dedans le monde vuide

De sa mère les os (3),

A celle fin ((ue nul hoiuuu' n'espère

S'oser dire immortel, Voyant le temps (jui est son pro|)re père,

X'avoir rien moins de tel.

Arme-toi donc de la philosophie

Contre tant d'accidents.

Et, courageux, d'elle te fortifie

L'estomac au dedans.

N'ayant effroi de chose qui survienne

Au-devant de tes yeux, Soit que le ciel les abîmes devienne,

Et l'abîme les ci eux.

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