‹ Pierre de Ronsard; textes choisis et commentésChapitre 74 sur 86 · RONSARD SOUS HENRI III · texte numérisé non relu

RONSARD SOUS HENRI III

La luurt de Charles IX, sui\ eiiue Je oU Jiiai 1574, l'ut une catastro])lie pour notre poète. C'en était fait de sa haute position à la cour. Pour conquérh" le nouveau roi qui revenait de Pologne ])rendi'e possession de son trône, il lui adi'essa sur son chemin de retour des épîtres pleines d'éloquentes flatteries. Mais Henri III avait déjà son ])oète, le jeune Desportes, qui l'avait suivi à Varsovie. La place était occupée.

Riche et malade, il est probable ({ue Ronsard prit assez aisément son parti de cette disgrâce. Dans les premiers mois de 1575 il se retira dans ses chers prieurés où U devait passer désormais la plus grande partie de son temps. De là, pai" habitude de poète courtisan, il continua d'envoyer au roi de grandes pièces pom])euses, de collaborer quelquefois à des fêtes, et, comme tous les poètes du temps, il chanta les mignons, les Maugh'on, les Quélus. ceux qu'il fallait louer pour fake sa cour au monarque. N'en concluons pas chez Ronsard un désir immodéré de reconquérir les faveurs d'autrefois. Sans doute, la tentation a pu parfois le visiter, mais n'oublions pas que les usages rendaient alors toutes naturelles des démarches qui nous scandalisent aujourd'hui.

Au reste, pour parler aux rois, Ronsard n'avait pas oublié

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le beau langage appris sous le règne de Charles IX. Déjà, dans le premier salut du courtisan à son maître, de mâles conseils étaient mêlés aux flatteries d'usage, et les pièces qui suivirent celle-là ne sont pas relevées de moins sages avis.

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