AUX PRISES AVEC DESCARTES — UN REGARD SUR LA PHILOSOPHIE DE GASSENDI
Et m maître René qu'on oublie aujourd'hui, Grand fou, persécuté par de plus tous que lui!
(Voltaire. Les Système*.)
Gassendi avait rencontré un adversaire plus digue de lui. Par l'intermédiaire du Père Jlersenno, leur ami commun, il adressai! à Dêscartes les Cmquièmm objections.
Avanl de faire imprimer ses Méditations, Dêscartes eu avait fait circuler quelques copies en France et en Hollande afin de provoquer des objections don I il pût profiter pour sa rédaction définitive. Ces objections, telles qu'elles lui furent adressées par les philosophes et les théologiens les plus renommés de son temps, ont été publiées avec les réponses de Descartes, à la suite de la première édition des Méditatiom.
Celles de Gassendi, qui suivent de près celles de Efobbes et semblent parfois s'en être inspirées 1 , sont développées avec beaucoup d'arl et de forer.
Descaries et Gassendi ne se connaissaient encore que par des témoignages d'estime et de liante considération qu'ils avaient échanges, ainsi qu'il convenait entre deux savants qui poursuivaient par des voies diverses la solution des mêmes problèmes. Pour combattre la scolastique et les commentaires d'Arislole, pour défendre la liberté de la philosophie contre la tyrannie de l'École, pour l'affranchir de tout servage par une sorte de romantisme philosophique qui éclate deux Merles avanl l'autre, nos deux philosophes marchent d'accord; mais pour l'essentiel de la physique et de la métaphysique leur désaccord est irréductible.
ce Gassendi, dit le Père Daniel, de la Compagnie de Jésus, dans son Voyage du monde de Deseartes, Gassendi était un
I. Obligé de fuir l'Angleterre, ensanglantée par tes guerres civiles, Ilobbes vivait îi Paris dans l'intimité de Mersenne et de (kssendi.
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homme qui nvaii autant d'esprit que M. Desçartes, une bien plus grande étendue de science et beaucoup moins d'entêtement. Jl parait rire un peu pyrrhonien en métaphysique, ee qui, à mon avis, ne sied pas mal à un philosophe.
S'il m'est permis de préférer l'humble sens commun, qui esl aussi le bon sens, quoiqu'il soit susceptible de varier 1 , à cette puissance d'invention qu'on appelle b* génie, j'oserai mettre Gassendi au-dessus du grand Desçartes, au premier rang des philosophes de son temps 3 . Je ne saurais me soustraire aux enchantements du rêve cartésien, ni refuser mon humble hommage à l'éblouissante imagination de Desçartes, à ses hypothèses hardies sur les premiers et sur les derniers problèmes de l'être, a l'audace de son vol a travers rinconnaissable, à sa conception d'un univers auquel, brassant le chaos, il impose ses lois el dont il est le véritable créateur; mais la philosophie doîl être autre chose qu'un roman sans amour 5 .
1. « Si donc il est admis — et comme une vérité de sens commun — que le sens commun est susceptible de varier, qu'il reflète dans ses variations le mouvement général des idées, alors la rupture de la philosophie et du sens commun, à laquelle semblait nous condamner la tentative de l'éclectisme, ne sera pas définitive.
Mais, pour qu'il y ait accord entre eux, la première condition sera que le sens commun se reconnaisse naturellement incapable de guider la raison philosophique ; c'est d'elle au contraire qu'il attendra son orientation. j> Léon Brunschvicg, L'Idéalisme Contemporain.
2, « Gassendi Fui, de son temps, le plus savant parmi les philosophes, et le plus habile philosophe parmi les sa\ants, » i Fennemann. Histoire de la philosophie, traduction de Cousin.)
5, « II est ;i peu près de voire crvliquc sur les éléments rie votre physique, comme de celle du célèbre M. (iassendi sur ses Méditations Métaphysiques, et si cet auteur (Desçartes} a pu acquérir la réputation de fort ingénieux dans ces deux desseins-là, vous lui avés l'un et l'autre fait bien perdre celle de fort solide, tout son tait après vos communes réflexions et discussions ne pouvant plus se produire que pour des imaginations riantes et pour un roman philosophique assés bien inventé et assés bien entendu. » — Lettre de Chapelain a Carre! de Sainte- Garde, auteur des Lettres contre ta philosophie de Desçartes. — En sens contraire, M. Henri Bergson qui, sans même accorder à Gassendi une mention honorable, a écrit : a Descaries, Pascal, Malebranche, tels sont les trois grands représentants de la philosophie française au xvu* siècle. » 11. Bergson. Compte rendu de VExpasiUùn de San-Franrisco. — À la Sorbonne, il y a un amphithéâtre Descaries, il y a un beau portrait de Descartes près de celui de Richelieu; mais parmi ces murs lourds de tant de passés, aucune mention ne rappelle Gassendi.
Quant à Chapelain, il a varié dans son jugement sur Descartes. Le 29 dé-
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Au passif du philosophe «les Alpes, du moins, nous ne trouvons ni les tourbillons de matière subtile, transformant le chaos, ni la chimère des idées innées, ni les invraisemblances du doute méthodique, ni l'âme inétendue, sans forme, sans solidité, emprisonnée. sous la boîte eranienne dans cet appendice du cervelet, dans ce petit corps do substance grise qu'on appelle la glande pinéale, nirautomatismé des animaux, ni celte idée des vérités mathématiques cl même du bien et du mal, qui ne seraient telles que par des décrets arbitraires et révocables de la Puissance Divine 1 . Si Gassendi défend le système d'Épû'iire, avec les réserves que lui commande sa foi, il le présente non comme une vérité dogmatique, mais comme l'hypothèse la plus vraisemblable. Rien ne lui paraît plus clair que l'existence du corps et du monde extérieur; il avoue l'ignorance de l'homme sur les premiers principes, ce qui est peui-éire méritoire pour un philosophe.
L'incertitude est inhérente à la nature des recherches de
la métaphysique; les siècles s'écofflent, chaque génération
voit éclorede nouvelles théories pour expliquer l'inexplicable;
elles brillent un instant, varillenl et s'éteignent au souffle
d'un nouvel inventeur de systèmes. Confiant en sa méthode,
Descartes croit apporter la vérité dans les plis de sa toge;
Gassendi, plus modeste, continue à la chercher, cl c'est l'aveu
de son incertitude qui fait sa sagesse et si supériorité.
« Beaucoup savoir, avait dit Montaigne, apporte occasion de
plus douter »; Gassendi savait beaucoup plus que Descaries.
cembre 1657, il écrit y Balzac : <( J'oubliais à vous dire de M. Bescartes qu'il psf • 'Slimc par tous nos docteurs le plus éloquent Philosophe «les derniers temps; que n'y ayant que Cieéroru parmi les anciens, qu'ils lut égalent, il se trouve d'autant plus grand quetuy que Cicéron ne faisait que prester des paroles aux pensées riautruy, au Keu que cestuv cy rêves! ses propres pensées qui sont sublimes et nouvelles la plus part, û
1. Descartes écrit au P. Mersenne : « Les vérités métaphysiques lesquelles vous nommez éternelles ont été établies de Dieu, et en dépendenl entièrement, aussi bien que tmU le reste des créatures. C'est en effet parler de Dieu comme d'un Jupiter ou d'un Saturne et l'assujélir au Styx et aux destinées que de dire que ees vérités sont indépendantes de lui. Ne craignez point, je vous prie, d'assurer et de publier partout que c'est Dieu qui à établi ces lois en la nature, aiiîsi qu'un roi établit les lois en sou royaume, d Édition V. Cousin, tome VI. page 109.
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Entre Descartes ei Gassendi, les philosophes et les théologiens de la Compagnie dé Jésus n'hésitent pas; c'es! la philosophie de Descartes, leur ancien élève au collège de La Flèche, qu'ils dénoncent à Home, où elle est mise à l'index donec èorrigcretuf; c'est à colle de Gassendi que vont leurs préférences. Le 1\ Tournemine, le P. Bourdin, le P. Daniel, le P. Dutertre, le P. Harduin, le P. Valois, le P. Regnault, le P. Rapin, le P. Btiffier son I Raccord avec Huet, évêque d'Àvrânches, <jui a été tout à tour leur protège, leur protecteur, leur pensionnaire, pour mettre Gassendi au-dessus de Descartes 1 .
Le P. Bourdin, auteur des septièmes objections, qui enseignai! les mathématiques au collège de Glermont, parle de l'auteur des Méditations avec si peu de mesure que Descar4es, perdant tout son sang-froid, traite ce H.-P. de vil bouffon, d'infâme détracteur et porte plainte à son Supérieur, le P. Dinet, provincial de France, confesseur de Louis X11I.
Perdu dan- -,-s hautes spéculations métaphysiques, Descaries, considérant que la philosophie date du Discours de la Méthode*, prétend être « un esprit tellement détaché des choses corporelles qu'il ne sait même pas s'il y a jamais ru aucuns hommes qvani lui, cl, partant, ne s'émeut pas beaucoup de leur autorité ».
Le scepticisme de Gassendi ne s'égare pas jusque-là. Notre philosophe n'a pas besoin d'un enthymême o ( u syllogisme tronqué pour se prouver à lui-même sa propre existence, liien ne lui paraît plus clair que l'existence de son corps et du monde extérieur; c'est l'évidence, evidens quod videtur\ il ne peut croire que Descartes parle sérieusement quand il mot en doute les choses les plus manifestes pour conclure à la certitude des plus douteuse.
1. Voir Bouillier, Histoire de ta philosophie cartésienne. — Lire nu dossier de Grenoble : Sotoria pro Rétro Gassendo, kujtis aetatis principe par le P. Bertot, de la Compagnie «le Jésus.
2, Rien n'a été lait avant lui, tout est à refaire, c'est ce qu'affirme Descaries dans les premières pges du Discours de la Méthode, et cependant PartnénnJe avait dît avant lui : y/^6 ettc dva: v.%\ voeïv.
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onds Gassendi
Quant à la vie des savants qui Tout précédé dans les spéculations philosophiques, elle est l'objet de ses patientes recherches et sauvent de son culte. Il a longtemps médité sur la vie el sur l;i doctrine crEpicure, le philosophe décrié dont le nom seul élait une injure; il a réuni et compilé tous les textes épars dans les auteurs de l'antiquité; il a lu et relu le dixième livre de Diogène Laorce, avant d'écrire ses trois
ouvrages ' :
1° De vita et moribus Epicurii, libri VIL Lyon 1647; 2° De uîta, moribus et placitn Epicurii, Lyon 1649; 3° Syntagma phitosophiae EpicuriL Lyon 1019.
H a prévu les injustes attaques auxquelles l'exposera l'apologie d'Epicure el de sa doctrine, mais il écrit : « De tous les philosophes, ce lut celui dont la vie a été la plus irrépmchahlr, la plus chaste, la plus sévère; dont L'esprit a élé le plus clair cl le jugement le plus solide. Je ne puis souffrir <|ue la multitude accable un innocent le me flatte de convaincre mes lecteurs qu'Épicure a élé très source! très chaste, el que de toutes les sectes de*- philosophes, \i\ sienne a été la plus respectable. Pour ce qui concerne ses dogmes, je ne nie pas qu'il en avance de contraires à noire religion; il n'est pas de philosophe qui soit exempt de ce reproche- »
Des longtemps il a adopte les atomes qui ne peuvent être coupés que par le tranchant de l'imagination, et le vide sans lequel il n'y a pas de mouvement"; il prend soin toutefois d'adapter au christianisme la doctrine d'Ëpicure, en y ajou-
1. Parmi ceux qui avant lui ont fait l'éloge d'Épicure, Gassendi cite André d'Arnaud, lieutenant de ta Sénéchaussée de Forcaîquier.
*J, On sait le désaccord de Gassendi et de Descartes sur celte question. ï,es lettres inédites récemment données à la Bibliothèque Nationale \r.\r M. Dudley BuYton contiennent à ce sujet une curieuse appréciation de Descartes. Biaise Pascal venail de faire paraître ses expériences nouvelles touchant ie ride.
Descaries écrej le S décembre II) 47 : « Il me semble que ce jeune homme, qui a l'ait ce livret, a le vide un peu trop en sa tète, et qu'il se hâte beaucoup. Je voudrais que le volume qu'il promet fût déjà au jour alin qu'on pùl voir ses raisons, qui seront, si je ne me trompe, aussi peu solides que ce qu'il a entrepris de prouver. »
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tant Ja création, la Providence, l'âme spirituelle et immortelle, et de l'expurger de toul ce qui peut être contraire aux enseignements de l'Église; car l'admiration qu'il a pour Epicure n'exclut pas l'esprit de critique 1 : s'il tient à honneur de philosopher en toute indépendance, il veut avant tout rester un prêtre fidèle à ses devoirs et à sa foi : ancilla ratio ad fidem dirigii (saint-Augustin),
C'est pourquoi avanl de répondre aux difficultés proposées parpeseartes ci de s'engager dans un débat contre le spiritualisme cartésien, il affirme d'abord sa croyance en Dieu et en l'immortalité de l'âme : « Je n'ai de la difficulté, écrit-il à l'auteur des Méditations, «put comprendre la force et l'énergie du raisonnement «pie vous employez pour la preuve de ces vérités métaphysiques, et des autres questions que vous insérez dans cet ouvrage ».
Mais, après avoir pris ses garanties par celte profession de foi, il critique avec autant d'esprit que de courtoisie le système de son contradicteur qui' a le tort de s'en offenser,
Contre les idées innées il reprend la vieille maxime de l'Ecole sensualisle, admise par Àristote comme par Épieure et par Zenon : Nihil mt in intéilectu qmd non priùs faent in $enwi* Toutes nos idées viennent des sens; toutes représentent des choses matérielles. L'entendement s'empare de ces notions, de ces idées simples, les assemble, les développe, les compose et les élève à la hauteur dés idées générales, a la conception des substances incorporelles et à la connaissance de Dieu.
Vous dites que vous êtes une ehoSe qui |MMise, écrit, ou à peu près, Gassendi à Descartes. Nul ne pourrait le nier; mais il ne s'agil pas de prouver l'existence de l'esprit, il s'agit de savoir quelle est la nature de celte chose qui pense, quelle est si substance et si elle n'est pas corporelle? Comment l'âme peutelle être inétendue, tout en étant unie à un corps étendu? Qu'on suppose rame répandue, de la tête aux pieds, dans le
1. « Cet Epicure était un grand homme ponr son temps; il vît ce qui' Descartes ;< até, ce que Gassendi ;• afôrnié, ce (fur Newton a démontré, qu'il n'y a point <ti 4 mouvement sans le vide, » — Voltaire, Dict. philosophique.
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corps tout entier, ou localisée dans une partie quelconque du corps, l'union du corps et de lïune suppose toujours une extension de l'âme et un contact difficiles à concilier avec l'idée d'une substance immatérielle. Pourquoi ce qui pense m nous ne serait-il pas une substance subtile, un souffle, un feu, mais cependant une chose matérielle, formée du plus pur de notre sau<> et répandue dans tout le corps? Pourquoi Dieu tout-puissant n'aurait-il pu donner à la matière la faculté de sentir et de penser? Pourquoi imaginer, pour expliquer la pensée, une substance dont la clarté ne saurail êtrecomparable à celle du corps?
Malgré la forme hypothétique donnée au développement de ces idées, qu'il présente comme de simples objections au système de Descartes, les tendances matérialistes de Gassendi apparaissent ici plus nettement que dans aucun antre 1 de ses ouvrages-
Descaries riposte; Gassendi réplique. La polémique entre les deux philosophes s'aigrit dans cette discussion, les Jmtan* Étoepar lesquelles Gassendi avait répondu à Descartes, avaient été reçues avec favêurparle public. C'était un coup vigoureux porté à la doctrine cartésienne; Descaries dissimulait son embarras sous un apparent dédain auquel ses amis eux-mêmes ne se trompaient pas. La crise du logement pour Laine a toujours été la pire des difficultés qu'aient rencontrée les raisonneurs quand ils n'ont voulu ni renoncer à la doctrine de la substance immatérielle, ni reconnaître qu'il y a là un mystère impénétrable à la raison.
Une autre difficulté séparait profondément nos deux philosophes, la <|ueslion des hétes-machines, la merveilleuse invention du génie cartésien, que Descartes avait développée dans la dernière partie du ùimoun de Ut Méthode et qui était devenue pour ses disciples un dogme dont la certitude s'imposait à Légale de celle de l'existence de Dieu. Selon Descartes les animaux n'ont ni intelligence, ni sentiment. Ce sont de simples automates fcréés et moulés par le grand mécanicien de la nature; leurs mouvements sont subordonnés aux lois de la
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mécanique, comme ceux «les machines moins perfectionnées qui sortent de là main des hommes : « Sur la foi de Deseartes, dit Bouillier, on était devenu à Port-Royal sans pitié pour les animaux; on ne s'y faisait plus scrupule de disséquer des bêtes vivantes. Qu'étaienl leurs cris et leurs convulsions, d'après le système du maître, sinon le bruil el L'effet de rouages el de ressorts qui se brisent? » Fonlefielle raconte qu'entrant avec lui à l'oratoire St-Honorë; Malebranche frappa brutalement une chienne pleine dont les caresses l'importunaient, el comme Fontenelle témoignait de la pitié : « Nesavez-vous pas, dit froidement Malebranche, ijue cela ne sent point? »
Gassendi considérait comme un défi au sens commun le système de l'automatisme. Mais comme il ne veut cependant pas abaisser l'homme au niveau de la brute en prêtant à celleci uneàme semblable à celle de l'homme, il résout la difficulté par l'hypothèse de deux âmes chez l'homme, une àme supérieure, spirituelle, immortelle, rhem, à laquelle il attribue les opérations de la pensée, et une àme inférieure, anima, vouée à la dissolution el à la mort, qui préside aux autres phénomènes de la vie chez l'homme comme chez les animaux; cette dernière étant une sorte de lien pour joindre l'âme raisonnable avec h i corps.
Cette hypothèse, d'origine platonicienne, n'était pas nouvelle dans l'Eglise : « Ceux qui l'ont adoptée, a dit Origène, ne pensent pas que ces mois de l'apôtre : La chair a des déàrs contraires à ceux de l'esprit^ doivent s'entendre de la chair proprement dite, mais de cette âme qui est réellement Pâme de la chair; car, disent-ils, nous en avons deux, l'une bonne et céleste, l'autre inférieure et terrestre 1 ».
11 n'est pas possible d'affirmer [dus énergiquement la spiritualité de l'aine supérieure que dans ce texte de Gassendi : dkîmus mentem mhstantiam esse imorpoream, quae a Deo creatur 2 .
1. Descaries admet aussi la nécessité duo intermédiaire pour mettre en rapport ces deux subornées opposées, L'âme et le corps. Il aUribue cette fonction aux esprits animaux, plus sublib que le corps, sans être d'essence spirituelle.