‹ Pierre Gassendi, prévôt de l’Église de DigneChapitre 18 sur 55 · HH · texte numérisé non relu

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Arrivante lui-même, noire prévôt termine su Notice en ees termes : « Pierre Ga&send. C'est le même qui, depuis ta veille de la Noël de Tannée 1634, a été mis en possession de cette charge qu'il occupe encore aujourd'hui, avec l'aide de Dieu, pendant qu'il met au jour cet opuscule, l\ Paris, au mois d'avril 1654 ».

La traduction française de la Notice k laquelle, par nos remerciements, nous payons ici no(re dette, a été publiée dans YArmùaire de$ Ba$se$-Âlpe$, par extraits successifs en 1845, 1844, 1845 el 1846.

GASSENDI ENSEIGNE I A PHILOSOPHIE A CHAPELLE ET A DERNIER MOLIÈRE FUT-IL AUSSI L'ÉLÈVE DE GASSENDI?

François Luillier, dont Gassendi était l'hôte et en compagnie de qui il avait fait le voyage de Hollande, était un homme singulier. M.Fortunat Strowski nous a donné de cet ami de Gassendi un portrait pittoresque : « C'était, dit-il, un personnage des anciens temps, qui vivait d'une manière surannée. Il avait. tout ce qu'il faut pour intéresser un auteur comique; ridicule et original à souhait, grognon, aimant à contredire, il s'en allait par les rues, vêtu à, la mode du siècle passé, avec tics bottes quand on ne portait plus que des petits souliers, le nez en Pair comme un inspecteur des enseignes «mi comme un astrologue.*.. Il était difficile à vivre: il exigeait la plus grande exactitude; le moindre retard au déjeuner le mettait en colère; il avait une manière de grossièreté cynique. Suivant les préceptes de l'hygiène (d'alors), il se graissait la figure avec du suif pour la nuit, mais il mettait une sorte de malin plaisir h se graisser avant le dîner et à paraître ainsi a table, il était né en Ki8">.... Jeune, il avait beaucoup voyagé; il avait traversé le feu des passions (il tim vantait tout au moins); il avait été converti par la philosophie à la sagesse: il avait absorbé tout ce que devait lire alors un bon huma-

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niste; il était plein d'anecdotes, de faits, comme un homme du xvi p siècle 1 ».

Français Luillier avait un (ils nature] à qui il donna le meilleur témoignage de sonaffeetion en le légitimant en 1042, vingt ans après sa naissance. C'était Claude-Emmanuel Luillier, dit Chapelle, du nom de la Chapelle-Saint-Denis, son heu de naissance. Sons ce pseudonyme qu'il conserva après sa légitimation, il habitait l'hôtel de son père qui Confia son bâtard à Gassendi pour recevoir de cet illustre ami l'enseignement fie la philosophie.

Deux camarades de Chapelle, que celui-ci avait connus au Collège de Clermont, plus fard lycée Loiiis-lc-Grand%àPnri>, <hez les Jésuites, el qui étaient restés ses amis, François Dernier et Jean-Baptiste Poqueliii, reçurent avec lui les levons de Gassendi « qui, dit GrimaresT', ayant remarqué dans Molière toute la docilité el toute la pénétration nécessaire pour prendre les connaissances de la philosophie, se fil un plaisir de la lui enseigner, en même temps qu'à MM. Chapelle el Dernier », Vu quatrième disciple, Cyrano de Bergerac, sans y être invité, se serait glissé parmi eux.

Est-il vrai, comme l'onl. raconté, après et peut-être d'après Grimaresl, presque Ions ses biographes, que Molière ait été Télève de Gassendi?

Dans son beau livre sur la Jeunesse de Molière, M. G. Miehaul, professeur à la Sorbonne, le conteste formellement. Ce fureteur passionné de critique el d'histoire, de documents el d'inédits, énumère complaisamrnenl lès arguments pour et contre la thèse qu'il soutient. Il faut lire tout le chapitre qu'il consacre h l'éducation de Molière.

« Que Molière ail été l'élève de Gassendi, écrit M. Miehaul,

1. Foutu.nat Strowsii, professeur es Soplxwme. Le Correspondant du %> mus llHI, page 1155.

2. Le petit séminaire d'études, fonde en 1560 par Guillaume du Prat, éyêque de Clermont, s'installe en 1565 rue Saint-Jacques avec tes Pères Jésuites et prend le nom de collège de Clermont qu'il échange en 177:2 contre celui de collège Louisle-linmd. — Voir : Histoire fin Lycée Louis-U-Grand, par M. htmtmt Ferrier.

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