DE SON ÉLECTION EN FAVEUR DE L'ABBÉ D'HUGUES
Tandis que Gassendi pleurait encore la perte de Peyresc, la philosophie n'ayant point de reftiède pour L'en consoler, il reçut la nouvelle que le comte d'ÀÏais, lieutenant général delà cavalerie de France, venait d'être nommé Gouverneur de la Provence, en remplacement du Maréchal de Vitry.
Louis-Emmanuel de Valois, comte d'AÏais, [dus tard duc d'Àngoulême, était le fils de Charles de Valois, duc d'Àngoulème, qui lui-même était fils naturel du roi Charles IX.
Le comte d'AÏais prit Gassendi en affection; il voulut l'avoir chez lui ; il lui écrivit de nombreuses lettres eu latin qui le plus souvent se terminent par ces mots : l'aie, decus Utterarum et omarnenlum.
Au mois de Juillet 1639, Gassendi, étant a Draguignan, écrit au comte d'Àlaîs que les prélats de la province d'Embrun le veulent nommer agent du Clergé pour les représenter à l'Assemblée du Clergé de France.
À la différence des Conciles et des Synodes appelés à se prononcer sur des matières de Coi ou de discipline ecclésiastique, les Assemblées du Clergé ne traitaient que des affaires temporelles de l'Église.
1. « Pythéas, le navigateur grec de Marseille, antérieur de 400 ans à Jésus- Christ, se dirigea au Nord à la recherche de la mystérieuse Thulé; il racontait tant de choses et si merveilleuses qui! passa en son temps pour menteur ei qu'un lui appliquait déjà le proverbe : A beau mentir qui vient de loin. » Sainte-Beuve, Les premiers lundis,
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Gassendi demande au comte d'Alais de s'employer à foire réussir celle candidature. Il le prie de se souvenir de la belle épître en vers que son aïeul Charles IX écrivit à Ronsard; il exprime ses regrets de ne pouvoir lui foire la même promesse que « ce grand roy » fit à ce poète, de le rendre immortel. Le comte d'Alais intervint. Le roi Louis XIII lui-même écrivit à lévè.pio de Senez : « Monsieur l'évêque de Senez, estant bien informé que le sieur Gassendy, doyen de l'église cathédrale de Digne, est un homme de grande doctrine et d'éminente vertu et suffisance, et sachant que cette année c'est à la Province d'Embrun à nommer l'agent du Clergé de mon royaume, j'ai bien voulu vous témoigner par celle lettre que j'auray plaisir que vous nommiez ledit Gassendi en celte charge pour les bonnes qualités qui sont en lui. Et la présente n'étant pour autre fin, je prie Dieu qu'il vous ait, Monsieur l'Evèque de Senez. en sa sainte garde.
Mauzon, le 6 Avril ](J5!H. »
Mais l'archevêque d'Embrun, Guillaume d'Hugues, avait un neveu, l'abbé d'Hugues, son grand-vicaire, qu'if voulait pousser aux honneurs, il n'épargna aucune démarche pour lui concilier les préférences de ses sufifragants 1 . Le mérite cependant l'emporta sur le népotisme; Gassendi partit pour Paris, puis pour Nanles, où l'Assemblée devait se réunir le -i.'t lévrier 1(641.
Le neveu de l'archevêque d'Embrun l'y avait précédé et s'agitait pour faire casser la décision du clergé de Provence. Las de ces intrigues, Gassendi transigea el, moyennant une indemnité, renonça à conserver le bénéfice de son élection. C'esl ce <pie La Poterie raconte en ces termes : « Voyant de puissantes intrigues pour celte charge, que le S r -Hugues lui disputait... d'autre eoslé, considérant qu'il se plaisait beau-
I . Dossier de Grenoble. Voir aussi les Mémoires de Charles ,le Montchaî, archevêque de Toulouse.
'2 Les évèchés de Digne, de Grasse, de Venee, de Glandéve, de Senez, faisaient parue de la provmcc d'Embrun. Ceux de Riez et de SisLeron dépendaient de k province d'Aix (Mmanaclt Royal de 1 789).
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coup plus à son estude particulière qu'à aller faire le singe à la Gour, il lui quitta sa prétention après s'être aecommodé avec lui 1 ».
Nous avons connu un vicomte d'Hugues, député de Sisleron, à la fin du siècle dernier. Nous croyons qu'il appartenait à la famille de l'ancien archevêque d'Embrun.