‹ Pierre Gassendi, prévôt de l’Église de DigneChapitre 8 sur 55 · I. Archives (Us Bastei-Alpes · texte numérisé non relu

I. Archives (Us Bastei-Alpes

Pans, etqu, dcom maître des Comptes àla place el au décès de son père, acheta lus tard «ne place de conseiller au Parlement de Metz. - Chapelain, qui fut son ami, écrit L'Huilier, Gassendi écrit Luiliier

•-. Tljôsc .«ouicnue devant le jury de l'Ecole des Chartes, le 50 janvier 1910. Oigne. Imprimerie Ghaspoul.u

Ces possessions avaiepl été fort étendues; mais l'importance en avait été diminuée par suite d'aliénations successives cl par la mauvaise gestion des anciens prévois. Gassendi, dans sa Notice sur l'Église de Digne, parle notamment du prévôt Mareellin Guiramand dont la gestion fui désastreuse : «*Marcellii] Guiramand, dit-il, démembra et mil en quatre pièces un fort Jieau grand pré appartenant à la prévoslé au quartier de La Peyrière, en les donnant à nouveau bail, en retirant ou confessant avoir retiré pour droit d'entrée, outre quelque chétif basiiment et jardin, la somme 63 florins de l'un, de 100 florins de l'autre, 165 du troisième et 1*25 du dernier, faisant en tout la somme de 455 florins, el cela sous prétexte de 1rs employer au payement de certains maçons qui avaient fait des réparations à la maison de la prévôté, comme si pour réparer il fallait aliéner le Tonds et non pas taseher de l'épargner 1 »,

Un grave préjudice causé à la mense prévôlale, au moment où Gassendi en prenait possession, résultait d'une action frauduleuse commise par son prédécesseur Àusset. Celui-ci, prévoyant sa dépossession prochaine par la perle de son procès devant le Parlement d'Àix, avait vendu aux Consuls de Digne des titres justificatifs des droits de la prévoté sur des immeubles convoités par la ville, après quoi tes titres avaient été brûlés. De là une action judiciaire poursuivie par Gassendi, Jusqu'au jour < i\ de copies de ces titres lui ayant été restituées, le nouveau prévôt, suivant son dire, « fut tellement et si diversement pressé de ne point pousser plus avant le procès du crime, (pie l'affaire en est demeurée indécise et en l'état où elle se trouvait alors »•

Gassendi entama ou soutint divers débats pour la défense du bénéfice de la prévoté, moins dans un intérêt personnel qu'au profit de l'église de Digne. Les Archives des Basses- Alpes possèdent à ce sujet d'intéressantes procédures. On y trouve aussi lui inventaire des documents relatif- à la prévoté écrit de la main de Gassendi et classés avec une clarté qui a

1. Marcellin Guiramand fui mis en possession de sa prévôté le 20 septembre 1 482, après avoir été Précenteur depuis le 15 mai 1480.

onds Gassendi

permis de dire qu'à ses nombreuses qualités, il joignait celle d'excellent archiviste.

A rencontre de ses prédécesseurs, Gassendi réussit à accroître son bénéfice par de multiples acquisitions : c'est une petite maison avec jardin, joignant celui de la prévoté; c'est une terre « tout contre et au-dessus de la vigne de la prévoté » ; c'est une terre «sise au-dessous du chemin de Saint-Martin. »

Gassendi avait réussi à doter ainsi son bénéfice d'un domaine dont la partie principale était d'un seul tenant près de la maison prévôtale.

En outre de son domaine, le prévôt jouissail autrefois de droite, revenus et casuel que Gassendi énuntere dmis sa Notifia ; « droits de lods et menus services pécuniaires; perdrix et poules eensuelles; chasse aux lapins; charges de Foin; la ilnne du blé et celle du vin du terroir du Bourg; ligues et raisins sur les vignes des Hantas, etc., etc. ».

A l'arrivée du grand prévôt, la plupart des mentis services étaient tombés en désuétude; seuls survivaient les droits seigneuriaux, les dîmes et quelques pensions provenant de fondations pieuses.

Le prévôt était seigneur du Bourg de Digne, c'est-à-dire d'une seconde ville construite autour de la vieille église Notre- Dame. Sur ce même territoire, il exerçail les droits de haute, moyenne et basse justice. M lui était loisible, m cette qualité, de prononcer en matière pénale par voie de disposition générale et réglementaire, et aussi par des sortes de décrète-lois, appelées préconimîions ou criéesà cause de la forme en laquelle ils étaient rendus.

En voici un curieux exemple, à une date assez proche de l'arrivée de notre prévôt :

« Parauctorité et commandement de Uévéreud MessireBlaise Brunet, docteur en sainte théologie, prétest en l'église cathédrale de Nostre Dame du Bourg de la ville et cité de Dôme, soigneur temporel dudict Bourg* et son terroir, et Monseigneur le Juge dudict Bourg et à la requête du procureur d'office dudict Bourg icy présents, sont laites inhibitions et défiances à

) Pinne-les-Rains - Fonds Gassendi

toutes personnes de quelque qualité et conditions que soyent, ne jurer, ne blasfémerle saint nom de Dieu el la vierge et mère Marie, saintz et saintes du Paradis dans ledit Bourg et son terroya $ott$ peine d'avoir la Imigue percée et de trente litres d'esmende pour chacun et pour chaque fois, a pli cable audicl procureur d'office. »

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