‹ Pierre Gringore et les comédines italiensChapitre 3 sur 11 · Voy. Brunet, Manuel, II · texte numérisé non relu

Voy. Brunet, Manuel, II

3. Parmi les livres avec la marque des trois sots que mentionne M. Brunet, relevons seulement les suivants : Les folles Entreprises (Paris, Pierre le Dru, 1505), les Fantaisies^ dî Mère Sotte (Paris, veufve Jehan Trepperel, 1525) et les Menus Propos de Mère Sotte (Paris, Philippe le Noir, 1525).

jouée sur le théâtre de Rouen, car elle contient deux allusions à cette ville, et Ton y relève des mots normands, tels que : thorieau, jergault, ouayson, jouen, choquart, dringue, etc. Aussi bien Gringore était-il Normand et trouve-t-on dans ses premiers ouvrages un certain nombre de provincialismes.

15 12. — Gringore fait représenter aux Halles, le mardi gras (10 février), le Jeu du Prince des Sot^, composé d'une sottie, d'une moralité et d'une farce. — Les trois pièces, dont il existe deux éditions anciennes, ont été reproduites par Caron vers 1800. et par MM. d'Héiùcault et de Montaiglon [Œuvres de Gringore, I, 197-286). La sottie a été réimprimée, en outre, par Fournier [Théâtre franc, avant la Renaissance, 293-307), et la farce par Barraud [Recueil de Pièces rares et facétieuses, I, 11, 1-24).

15 14. — Jehan Marchand et Gringore reçoivent de la ville de Paris une somme de cent quinze livres pour un mystère joué lors de l'entrée de la reine Marie d'Angleterre.

Sauvai, III, 593-394.

1515. — Nous attribuons à Gringore la Sotye nouvelle des Croniqueurs , qui nous a été conservée par un manuscrit de la Bibliothèque nationale (Franc., n° 17527, f. 54 v°-6i v"), et que M. G. GuifTrey a publiée à la suite de sa Chronique du roy Françoys, premier de ce nom (Paris, 1869, in-8), 429-444. — Lespersonna-

Oii rencontre cependant le bois de Mère Sotte sur le titre d'une édition du Monologue des Soti joyeulx de la nouvelle Bande (Montaiglon et Rothschild, Recueil, III, 11), pièce qui est signéede la devise: Espérant mieulx, et qui, par conséquent, ce paraît pas être l'œuvre de Gringore. Cette édition sort des presses de Guillaume Nyverd, le plus incorret de nos anciens imprimeurs, et celui-ci n'aura peut-être employé le bois des trois sots, qu'en raison du sujet et en fraude des droits de notre auteur. Le fils de Nyverd, Guillaume II, s'est rendu coupable d'une supercherie analogue, quand il a réimprimé,[sous le règne de Charles IX, \e Blason des Hérétiques de GnngoTe, auquel il a donné le titre de Cronique des Luteriens, et dont il a fait disparaître l'acrostiche final. (Voy. Œuvres de Gringore, I, 291-294,)

La devise Raison par tout, qui surmonte le bois des trois sots, était bien la devise personnelle de Gringore; elle se retrouve isolément à la fin de plusieurs de ses ouvrages, par exemple, à la fin des Heures de Nostrc Dame.

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ges qui figurent dans cette pièce sont : « La Mère » et cinq « Sotz » ; or nous savons, par le Jeu du Prince des Sot!^^ et par les ouvrages dont nous venons de rappeler les titres, que la € Mère », c'est-à-dire la « Me're sotte », n'était autre que Gringore. Des allusions pre'cises nous permettent de dater la Sotye nouvelle du mois de mai 1 5 1 5 .

1517. — La ville de Paris confie encore une fois à Gringore et à Marchand le soin de repre'senter le mystère donné devant le Châtelet le jour de l'entre'e de la reine Claude de France, et leur alloue, de ce chef, une indemnité de cen.t livres parisis.

Sauvai, III, 597.

1 527. — Gringore compose, à la requête des maîtres et gouverneurs de la confrérie de Saint-Louis, établie dans la chapelle Sainte-Biaise à Paris, un mystère en neuf parties, intitulé : La Vie de Monseigneur Saint Loys (Biblioth. nat. Ms franc., n° 2784; Œuvres de Gringore, II). — Cette pièce n'est pas datée, mais il est aisé d'en fixer la date à l'aide des allusions aux événements contemporains qu'on y relève, notamment dans le rôle de l'Empereur. Le second « livre », sinon le mystère tout entier, a dû être écrit au moment où les troupes du connétable de Bourbon venaient d'entrer dans Rome. (Voy. notamment les v. 2057 ^^ suiv.i Or, la représentation ayant dû avoir lieu le 25 août, jour de la fête de saint Louis, on ne se trompera guère en datant, au moins la seconde journée, du 25 août 1527 *.

On le voit : à partir de 15 17, Gringore renonce presque au théâtre. Ce n'est plus lui que la ville de Paris charge des représentations données les jours de fête, et pourtant il est à l'apogée de son talent, ainsi que l'atteste le Mistére de Saint L'^ys. Il fait

I. Les bibliographes attribuent d'ordinaire à Gringore une moralité intitulée : Le Nouveau Monde avec l'Estrif du Pourveu et de l'Ellectif. qui fut jouée à Paris le dimanche 11 juin 1508 (Brunet, IV, 115), et la Sottise a huict personnaiffcs, c'est assavoir : le Monde, Abu;, Sot dissolu, etc., qui doit être de l'année 1514 (Brunet, II, 1749). Ces deux pièces sont l'œuvre d'André de la Vigne, comme nous le démontrerons dans le Répertoire bibliographique et critique de l'ancien Théâtre français, auquel nous travaillons depuis longtemps.

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encore paraître un livre dont le titre rappelle sa carrière dramatique : les Menus Propos de Mère Sotte (i 520) , puis , par reconnaissance pour le duc de Lorraine qui l'avait cre'é son héraut d'armes sous le nom de Vaudemont, il se livre à la poe'sie religieuse. Il traduit en vers les Heures de Nostre Dame , et les fait paraître avec une dédicace à Renée de Bourbon, femme de son protecteur (1525). C'est sur ce livre que nous nous proposons d'attirer l'attention de nos lecteurs.

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