I» PIERRE GRINGORE
cultes sur lesquelles il n'avait pas compté. Le Parlement évoqua l'affaire ; il se de'fiait des traités religieux écrits en langue vulgaire, et manda Guillaume Duchesne, docteur de la faculté de théologie, pour lui demander son avis. Celui-ci déclara, d'une manière générale, que la faculté n'approuvait pas les traductions que l'on faisait de la Bible et d'autres livres sacrés, « parce que les livres de la Sainte Ecriture n'avaient été approuvés qu'en latin et non en hébreu, en grec, ou autre langage ». Le Parlement ordonna, en conséquence, par un arrêt de règlement du 28 août 1527, que les Heures de Nostre Dame ne seraient pas réimprimées et, adoptant les conclusions de la faculté de théologie, fit défense aux imprimeurs de publier aucun livre de l'Écriture en français, sans une permission spéciale accordée par lui '.
La défense du Parlement ne fut cependant pas définitive. On doit croire que Gringore eut assez de crédit pour provoquer un nouvel examen de son livre et que cet examen ne lui fut pas défavorable. En effet, le 15 novembre 1527, François !«■■ lui accorda un nouveau privilège, d'une durée de quatre ans, à partir du 10 octobre 1528, date où devait expirer le privilège de 1525. Les lettres royales sont ainsi conçues : « Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France, etc. Receue avons l'humble supplication de nostre cher et bien amé Pierre Gringore, dict Vaudemont, herault d'armes de nostre trescher et tresamé cousin le Duc de Lorraine, contenant qu'il a applicqué son temps et lon-
gue l'on voit au bas de la planche, était celui de Geofroy Tory, et il a voulu attribuer au célèbre artiste, non-seulement cette composition, mais les autres bois qui ornent les Heures de Gringore. M. Ambroise Firmin Didot {Catalogue de sa bibliothèque, I, n» 5^99) objecte avec raison que les figures en question sont pour la plupart très-sommairement traitées, et n'ont rien du faire si correct, de la touche si délicate du maître lorrain. — Nagler {Die Monogrammisten, III, 101-103), parle longuement du monogramme GS, qu'il attribue à un graveur italien, mais il est bien difficile d'admettre que nos personnages grotesques soient l'œuvre d'un Italien.
I. Voy. Taillandier, Résumé historique de l'introduction de l'imprimerie à Paris, dans les Mém. de la Soc. royale des antiquaires de France, nouv, scr., III (1837), 400 (p. 55 du tirage à part).